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saint Thomas, mais la volonté de l'homme doit être préparée par la grâce de Dieu, et par là élevée à l'ordre surnaturel.” Ces paroles du plus
grand théologien de l'Église vont droit au point
de la question. Dieu ne pourrait pas me condamner pour mon incrédulité, si elle ne dépendait pas de ma volonté. L'homme à le pouvoir formidable d'être le maître de sa propre volonté : il possède la volonté’ de vouloir.
N'avez-vous jamais remarqué l'heureux état d'âme du croyant? Vous voyez comme il est heureux dans ses sentiments et ses actes; les tristesses et la mort elle-même ne peuvent troubler en lui la paix intérieure.
Vous dites que vous youdriez bien croire comme lui, mais que vous n€ le pouvez pas ?
Vous n'êtes pas sincère. Quand vous voulez atteindre une fin, vous tâchez d'employer les moyens, efficaces de l'obtenir. Vous voulez croire, avoir la foi: pourquoi ne faites-vous pas les efforts pour y arriver ?
La foi est un don précieux de Dieu; il vous le présente, il est désireux de vous l’accorder, à condition que vous le lui demandiez humblement. Jetez donc bas le masque de l'hypocrisie! Pourquoi
invoquer la science et jouer au savant? De la science vraie, si vous en aviez, elle vous ferait constater votre profonde ignorance en matière religieuse. Faites l’homme devant les hommes ; mais soyez enfant devant Dieu. Agenouillez-vous humblement en sa présence, et demandez-lui d'incliner vers la vérité votre cœur égaré. Il ne méprisera pas votre prière; il va faire jaillir les vagues divines de sa lumière dans votre Âme soumise; il va vous aplanir les voies, et vous sentirez combien le Dieu qui sauve est bon.
La croyance au mystère est en accord avec la raison. ‘Ce qu’il y a en nous, dit Leibnitz, de contraire aux mystères, ce n’est pas la raison, ni la lumière naturelle, ni les déductions que nous faisons des vérités communes; c'est notre corruption, nos erreurs, nos préjugés, nos ténèbres. ”?
L'incrédulité est la progéniture naturelle de
l’orgueil qui cominence dans un amour-propre ridicule, et finit dans le désespoir.
Donc, si vous ne pouvez pas croire, blâmez-en
votre volonté perverse; domptez votre orgueil et votre vanité; jetez-vous dans les bras du doux Sauveur, dites-lui avec l’homme de l'Évangile: Je crois, Seigneur, aidez mon incrédulité!
A propos des droits égaux de la femme
Lequel est le plus parfait, le sexe masculin ou je sexe féminin ? Voilà une question qu'on a souvent posée.
l y a naturellement, physiquement plutôt, une différence essentielle entre l'homme et la femme. L'un et l’autre sont l'œuvre parfaite de
Dieu, mais avec des fonctions et des devoirs
spéciaux:
En face du premier et suprême devoir, qui est
de connaître, d'aimer, de servir Dieu et d'obtenir par à le bonheur éternel, l'homme et la femme sont égaux.
En matière de religion, ils sont encore dans une égalité parfaite. Leurs obligations sont les mêmes, ainsi que les moyens d'atteindre leur sublime destinée, qui est la possession de Dieu. Voilà une égalité inconnue € dehors du christianisme.
. Au Japon, il est encore défendu aux femmes
de prier ; on les trouve indignes de ce privilège. Tout au plus leur permet-on de soupirer et de gémir pendant que les hommes prient.
La religion du Christ a établi l'égalité entre l’homme et la femme : “Il n’y a plus d'homme ni de femme ; car vous n'êtes tous qu’une chose dans le Christ Jésus.” 1
Bien que la femme ne puisse remplir les fonctions sacerdotales, elle a les snêmes moyens que l’homme de se sanctifier. Elle peut parvenir au sommet de la perfection et aux plus grands honneurs religieux, en prenant place au rang des
saints que l'Église vénère sur les autels. Ainsi nous voyons que des femmes se sont sanctifiées
dans tous les âges, dans tous les pays, dans tous les états de vie. Ce sont tantôt des saintes du caractère le plus noble et le plus tendre; telles, sainte Domitille, sainte Priscille, sainte Agathe, sainte Lucie, sainte Agnès, sainte Cécile ; tantôt des souveraines, telles que l'impératrice sainte Cunégonde, la reine sainte Marguerite; tantôt enfin, des femmes d’une condition très humble, telles que sainte Christine, sainte Blandine, sainte Zite, et d’autres encore.
1 Gal. III, 28.
Chez les nations païennes vous rencontrerez des types de femmes remarquables, mais jamais vous ne trouverez de saintes. La vie d’une de nos religieuses qui, uniquement par amour de Dieu, se dévoue dans nos hôpitaux et no8 asiles ange véritable de miséricorde, de lumière et de paix—vaut réellement plus que toutes les prouesses des femmes mondaines, anciennes et modernes.
La femme, toutefois, doit obéissance à l’homme, selon la volonté de Dieu, exprimée par ces mots: ‘Vous serez SOUS la puissance de l'homme, et l'homme vous dominera.” !
L'homme possède une suprématie de maître,
parce que, dit saint Paul, ‘il est le chef de la
femme ”. ?
On fait grand bruit, de nos jours, à propos des droits et des revendications de la femme. C’est que beaucoup de chrétiens ont malheureusement perdu la notion vraie des desseins de Dieu.
La femme n’est qu’une esclave ou une Servante, s’écrie-t-on, il faut l'affranchir, il faut la relever de cette humiliante condition! Car elle
1 Gen. III, 16. 2 Éphés., V, 28.
est un être libre, égal à l’homme en toute chose. Que la grande œuvre de notre époque soit donc d'élever la femme au rang qu’elle mérite et de la placer au niveau de l’homme !
Vaiïnes déclamations, prétentions vaniteuses
de l'ignorance! L'Église, dont les principes ne
varient jamais, a marqué dès le commencement le rang de la femme. L'homme est maître et chef; il a la préséance, c’est lui qui raisonne, juge, commande. La force de ses membres, ses larges épaules, le rendent apte au travail. Ses mains peuvent cultiver la terre, ses pieds peuvent escalader les montagnes et traverser les vallées pour y trouver le pain de la vie. Dieu a livré la terre à son travail et lui a dit d'y régner en maître.
La femme est d’une constitution plus frêle, plus délicate. La nature l’a destinée à garder la demeure de l’homme. Son cerveau est plus petit, c'est plutôt avec son cœur qu'avec sa tête qu’elle raisonne. Son cœur est un foyer d'amour ; de là des joies, des tristesses indicibles. Aimer est sa vie ; elle aime ou elle haït sans limite. Il n'y a pas de mesure dans ce qui jaillit de son cœur. Elle a tous les raffinements du goût et de la dé-
licatesse. Elle porte plus haut que notre monde matériel ses aspirations et ses espérances.
Le jeune homme vertueux se représente la femme sous des traits mystiques et divins. Il ne s'approche d'elle qu'avec des égards pleins de res-
pect et une religieuse déférence.
Le Créateur a donné à la femme comme l’instinct de l'obéissance, à l’homme. C’est dans cette soumission affectueuse qu’elle s'élève au sommet de sa dignité féminine. Elle y trouve son repos et sa première récompense. Avec sa confiance, elle accorde aussi son respect à son mari qui, de son côté, tempère son commandement par l'affection. Dieu a tracé la destinée de la femme quand il a dit: {1 n'est pas bon pour l’homme d’être seul, faisons-lui une compagne semblable à lui.’1 Tout en conservant son autorité de maître et de guide, ce n’est donc pas une servante ou une esclave que l'homme possède; c'est une compagne. C'est un aide, oui; mais aussi son amie la plus intime, plus intime qu’un père, plus intime qu’une mère, et que tout autre en ce monde.
La femme a une mission qui lui est propre.
Son travail doit être un travail de femme.
1° Gen., II, 18.
Le grand malheur de notre époque, c'est qu’on la force parfois à s’adonner, dans les manufactures, dans les magasins, dans les bureaux, à des travaux qui violentent sa constitution physique et morale. Elle a une œuvre que l’homme ne peut pas accomplir; il faut qu’elle s’y livre tout entière! À quoi bon pour elle voltiger dans les classiques anciens, dans la philosophie, les sciences et la politique? Qu'elle se tienne plutôt au centre de ce cercle enchanteur que Dieu a tracé autour d’elle. Nous regardons avec pitié les viragos, tous les pauvres bas bleus qui, oubliant leur sexe et déchirant le voile de la modestie chrétienne, affrontent sans rougir les auditoires, se couvrent du bonnet et, revêtant la robe de professeur de collège, déclament dans les clubs politiques ou dans les cercles, se font les avocates bruyantes des droits féminins, — des droits à rebours qu’il suffirait de faire triompher, pour ruiner à jamais la dignité de la femme.
Nous respectons, au contraire, et nous honorons la jeune fille humble et modeste, la femme douce et tendre, la mère fidèle et aimante.
Nous sentons que la vie serait plus sombre, plus désolée, sans la femme forte que Dieu a
donnée à l'homme pour l'aider et le consoler.
+ Tous les charmes de la nature, le chant des oiseaux, la beauté et le parfum des fleurs, ne pourraient pas remplacer le sourire innocent et le joyeux éclat de rire de la jeune fille au cœur pur, ou la rayonnante gaîté de l'épouse dévouée. Rien ne vaudra jamais la patience infatigable, la douceur caressante de la mère chrétienne. La religion
de Jésus a répandu sur elle un charme mystérieux,
que ne produiront jamais l’art ni la nature.
Jetez la femme dans la vie publique; au lieu de ses fonctions, faites-lui remplir celles de l’homme, vous la dépouillez de ses charmes et de toutes ses qualités essentielles. Sa sphère d’action, c’est le © foyer domestique. Là, elle jouit de tous ses droits et de tous ses privilèges: un homme de cœur ne les lui contestera jamais. Là, elle est réellement grande et noble; elle est la reine; elle gouverne tout l'empire que lui donnent sa patience, son courage, sa sensibilité exquise et sa puissance profonde d'aimer. Que sa maison soit un palais ou une pauvre cabane, elle sait en faire la demeure attachante du bonheur. Elle y répand la paix, une tranquillité heureuse, que l’or ne peut acheter, que l’homme ne saurait conquérir.
1 One. ON PES SOS à Pt
Otez-lui la religion, la femme devient un monstre! Le malheur et la misère la suivent ; elle est pour l’homme un danger et un cruel fardeau.
Grâce au christianisme, elle est l'égale de l'homme devant Dieu. Elle lui forme le cœur; elle dirige ses premiers pas, console ses derniers jours.
Qu'elle rende donc grâce au Rédempteur, puisque lui seul a proclamé, entre l’homme et la femme, les droits d’une véritable égalité!
PE Gr
Savez-vous ce qui se passe dans les couvents ?
Il existe, dans l'esprit de ceux qui ne sont pas catholiques, de mortels préjugés contre les ordres religieux, des soupçons malveillants contre les institutions monastiques. En maints endroits de notre pays, on regarde les couvents comme des refuges de tristesse, où des femmes, trompées dans
leurs amours, illusionnées par le fanatisme religieux, vont cacher leur désespoir. Ces recluses ne sont plus, aux yeux des ignorants, que des hypocrites, des paresseuses ou des idiotes; ou bien ce sont des exaltées qui se tourmentent jusqu’à se faire mourir, par des pénitences et de folles austérités.
N'est-ce pas manquer à la simple charité naturelle que de calomnier ainsi des femmes héroïques, qui parlent notre langue, qui sont du même sang, de la même race que nous, qui chérissent la même patrie américaine ?
Grâce à Dieu cependant, nos religieuses ont
parfois trouvé, même parmi ceux qui ne professent pas notre foi, des admirateurs et des panégyristes. Nous entendons, de temps en temps, leur éloge hautement proclamé Par ceux qui ont été les témoins de leurs exploits héroïques sur les champs de bataille et dans les hôpitaux, qui ont vu leur figure rayouner d'un sourire consolateur, tandis qu’elles se dépensaient au service des pauvres et des malades, ou dans les écoles des petits enfants.
Tous ceux qui ont étudié la vie et les règlements de nos couvents, et en ont bien saisi l'esprit, ont vite découvert que l’amour unique du Sauveur est le ressort caché du dévouement qui s’y déploie, et la source inépuisable du bonheur qui y règne. Et les cœurs nobles et droits n'ont pu s'empêcher de louer Dieu pour tout le bien qui se fait dans ces maisons bénies.
Qu'est-ce donc qu’une religieuse, ou, comme nous disons souvent, une sœur ?
Consultez un dictionnaire, et vous y verrez qu’une sœur est une femme consacrée à la vie religieuse, par les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, dans un ordre ou une congréga-
tion approuvée par l'Église. Elle est de celles que Dieu a appelées à une plus haute perfection, à une
union plus intime avec lui ; de celles que le divin * Époux a invitées, par ces mots du Psalmiste : tt Écoute, ma fille, et vois; prête l'oreille à ma parole : oublie ta patrie et la maison de ton père; et le Roi sera épris de ta beauté, car il est le Seigneur ton Dieu.” 1
Elle a entendu cet appel plein d'amour, et
pour y être fidèle, elle a quitté son père, sa mère,
sa maison, tout ce qui donne quelque charme à la vie; et, renonçant même à son nom, elle est morte au monde, pour ne vivre plus que pour Celui qu’elle aime.
Quoique séparée ainsi du monde et enfermée dans son cloître, la sœur devient le membre le plus utile de la patrie. Aucune classe de femmes ne contribue autant au bien, à la prospérité et à la stabilité de son pays. Si les religieuses ne faisaient pas autre chose que prier, elles n’en formeraient pas moins l’une des institutions les plus bienfaisantes de l'humanité: la prière n’est-elle pas la puissance qui agit sur le cœur de Dieu et en fait jaillir le bonheur? Mais elles font plus que prier: leur présence et leur exemple sont une protection pour la jeune fille innocente, en même
1 Ps., XLIV, 11-12.
temps qu’elles sont un reproche constant pour celles qui mènent une vie coupable et sensuelle : leurs paroles donnent du cœur aux découragés ; leurs sourires sont une bénédiction pour le pauvre et le souffrant.
C'est Mgr Spalding qui a dit: Une femme sans père ni mère, sans frères ni sœurs, qui n'aime que le Christ et ceux qu'il a aimés, les
pauvres et les malades, est sur terre la plus céleste image de la charité et de la tendre miséricorde de Dieu.”
Ces vierges consacrées sont aussi épouses et mères, mais dans un ordre plus élevé, dans l’ordre spirituel. Elles sont épouses de l’Esprit-Saint ; elles deviennent mères des orphelins, des ignorants, des infortunés. Elles sont le levier le plus puissant de la société, parce qu’elles élèvent constamment le niveau moral des peuples, adoucissent les cœurs, guérissent les blessures, et versent la paix et la lumière le long du sentier sombre de la vie.
C’est À nos religieuses, à leurs travaux infatigables, dans l’école où la chambre des malades, qu'est dû, en grande partie, le développement étonnant de l'Église, aux États-Unis, dans l'Ouest
et jusque dans l'Alaska Les pères du concile de Baltimore ont rendu à Dieu des actions de grâces, pour le nombre et la variété de nos ordres religieux et de nos congrégations. Après avoir exprimé leur sincère gratitude envers les religieuses, pour l’œuvre sainte et efficace qu'elles accomplissent parmi nous, ils ajoutent: ‘Qui de nous, qu'il soit catholique ou non, peut s’empê-
cher d'admirer la patience inépuisable de nos
sœurs dans les hôpitaux, leur tendresse pour tous, leur insigne modestie ? Qui pourrait assigner à de telles vertus une autre cause que l’assistance spéciale de l'Esprit-Saint, et ne pas s'écrier : tt Le doigt de Dieu est Ia!”
Le vie des sœurs dans leurs couvents est une vie où alternent le travail et la prière. Les différents exercices de la journée sont partagés de manière qu'aucun moment ne soit perdu et que toute action soit sanctifiée et accomplie à la plus grande gloire de Dieu.
Et puis, quelle vie heureuse!
Il n’est pas de famille où les enfants goûtent autant de bonheur que n’en goftent les religieuses dans ieurs maisons bénies. Une visite dans un couvent, ou une conversation avec quelqu'un qui
en a connu les douceurs, suffit À dissiper tous les préjugés, à remplir d’admiration pour ces héroïnes du dévouement.
Quand vous rencontrez une sœur, saluez avec
respect ; prouvez que votre intelligence peut cou prendre et votre cœur admirer ce type de la fen: chrétienne !
Souvenez-vous qu'elle est une dame de race et de sang supérieurs, précieuse À la patrie et chère à Dieu!
Pourquoi les prêtres ne se marient-ils pas ?
Ceux qui connaissent bien la nature du sacerdoce chrétien voient la nécessité pratique de la continence des prêtres. La seule pensée du prêtre marié a quelque chose qui répugne au sens Catholique. Selon l'énergique expression de Brownson, ‘‘le mariage des ecclésiastiques serait une sorte de bigamie, car le prêtre est déjà uni à
l'Église, sa vraie épouse et notre mère spirituelle.”
Nous ne prétendons pas affirmer l'absolue nécessité du célibat ecclésiastique.
Mais de même que le pouvoir temporel est pratiquement nécessaire au pape pour l'exercice libre et entier de sa mission spirituelle, ainsi on peut dire que seul le prêtre célibataire jouit de la liberté complète de se sacrifier, de se dépenser dans son sublime ministère, de grouper les hommes sous l’étendard de Jésus-Christ, de les enseigner, de les sanctifier, et de les amener ainsi à chercher la seule chose nécessaire : le salut et la félicité éternelle.
Être prêtre, c'est tenir la place de Jésus-Christ, être guidé par son Esprit, et vivre uniquement pour lui.
Les prêtres ne se marient Pas, parce que c'est, je ne dis pas un commandement, mais la volonté connue de Notre-Seigneur et’ l'enseignement des Apôtres qu'ils soient célibataires, consacrés sans réserve au service de Dieu. Les Apôtres, premiers prêtres de Jésus-Christ, abandonnèrent leurs demeures ; et ceux qui étaient mariés avant d’être appelés à l’apostolat, laissèrent leurs épouses Pour suivre Jésus et l'aimer sans partage. Le divin Maître, satisfait d'un tel renoncement, leur promit en récompense des trônes choisis près du sien. Il fit en même temps une semblable promesse À tous ceux qui suivraient leur exemple.
Saint Paul, fidèle interprète de la doctrine de Notre-Seigneur, proclame la supériorité du célibat sur la vie conjugale : “Pour ceux, dit-il, qui ne sont pas dans les liens du mariage, je leur dé-
clare qu’il leur est bon de demeurer dans cet état comme j'y demeure moi-même.” 1 I] voudrait
que tous ceux qui sont appelés de Dieu fussent, comme lui, célibataires. Pourquoi ? Pour qu'ils
1 I Cor., VIII, 8.
fussent libres de s'appliquer au service de Jésus- Christ sans le souci de plaire à une épouse, et d'élever une famille. C'est un fait incontestable que le célibat ecclésiastique a toujours existé, en Orient comme en Occident, depuis le temps des Apôtres. S'il n'y avait pas, Sur CE point, d’ordonnances écrites pour les prêtres, c’est qu’on jugeait une telle loi inutile. Ceux qui abandon-
naïent tout pour suivre l'exemple de Notre-Seigneur
n'avaient pas l’idée de se marier.
Ce n'est pas le pape Grégoire VII qui introduisit le célibat ecclésiastique. Avant lui, plus de deux cents conciles et synodes en avaient affirmé l'obligation. Il ne fit que mettre en vigueur l’ancienne loi, avec cette énergie qui le caractérisait. On ne saurait trouver un seul exemple de l'Église encourageant le mariage d’un de ses ministres. Cependant elle honore et révère le mariage ; le prêtre est jui-même le gardien de la sainteté de ce sacrement. Mais elle veut que le prêtre aime Jésus-Christ au-dessus de tout. C’est cet amour de Jésus-Christ qui inspire au prêtre de passer Sa vie dans la chasteté et la continence ; et le Maître lui en donne la grâce.
Ceux qui prétendent qu'il est impossible à
l’homme de mener une vie pure et chaste, mesu-
rent les autres sur leur propre cœur, et leur pré-
tent gratuitement la lâcheté dont ils sont euxmêmes les victimes. Pareille accusation ne mérite pas qu’on s’y arrête. L'homme est-il donc forcé d’obéir à un instinct bestial, et sa volonté ne s’élève-t-elle pas au-dessus du niveau des sens ?
Les païens eux-mêmes honoraient la chasteté et en croyaient la pratique possible à l’homme continent. Dans presque toutes les sphères de la vie, nous voyons des hommes renoncer aux liens et aux attraits du mariage pour se consacrer tout entiers à la poursuite d’une grande et noble entreprise. Les plus grands théologiens, les plus grands philosophes, les peintres les plus fameux étaient célibataires. Ils n’avaient pour ainsi dire pas le temps de se marier. Ils vivaient dans une atmosphère plus pure que celle du commun des mortels. Ils avaient un idéal plus haut que ‘la divine beauté de la femme”. Des penseurs comme Leibnitz et Bohmer considéraient le célibat comme l'état le plus favorable à un homme qui se consacre à l'étude approfondie de la philosophie et de l’histoire.
Personne n’est forcé de recevoir les ordres sa-
crés et de faire le vœu de chasteté. L’ Église n'impose à aucun homme le célibat. Mais personne ne peut lui contester le plein droit de prescrire à celui qui veut se consacrer à Dieu dans le sacerdoce les conditions auxquelles il trouvera l’accomplissement de ses désirs. On ne contraint personne à se faire prêtre, non plus qu’à embrasser le célibat. L'Église recommande même à ses can-
didats au sacerdoce de ne pas agir avec précipi-
tation; elle les éprouve sévèrement, leur impose des études pénibles et une longue formation. Puis quand le premier pas est fait, elle a, pour protéger ses ministres sacrés, les prescriptions de ses statuts, l'enceinte de ses lois canoniques.
Malgré toutes ces précautions et sauvegardes, ur orêtre peut — et le fait se rencontre parfois — n'avoir pas une idée assez haute de sa sublime vocation; il peut souiller le vêtement de la sainteté sacerdotale. Parmi les douze Apôtres de Notre-Seigneur, il y eut un traître plus préoccupé de l'argent que de ses hautes fonctions. Cela ne nous empêche pas de nier que le mariage soit le meilleur où l'unique moyen de dompter la concupiscence de la chair. Qui oserait soutenir que les violations des serments sacrés du mariage sont
moins fréquentes chez les ministres mariés, que ne le sont, chez les prêtres, les infractions au vœu de chasteté? Il y a d’autres moyens beaucoup plus efficaces que le mariage pour assujettir les mauvais penchants de la nature humaine: ce sont la prière, les sacrements, la mortification et la fuite des occasions dangereuses. L'homme qui se donne à Dieu dans le sacerdoce et qui consacre toute sa vie aux œuvres de la religion, à la charité et à l'éducation, doit être libre de toute préoccupation de famille et de tout souci domestique. ‘Celui qui est marié s'occupe des choses du monde et des moyens de plaire à sa femme; il est partagé.”’1 Celui qui embrasse l’état sacerdotal n’en prend pas les obligations pour y faire de l'argent. Affirmer, comme certains beaux parleurs, que le prêtre spécule avec sa profession sacerdotale comme tout autre homme de profession”, c'est frapper dans le vide. Celui qui voudrait être prêtre pour faire fortune ou pour mener une vie facile serait un insensé. La vie du prêtre est une vie dure, remplie de soucis et de privations. Il n’est
pas payé de ses peines, et il ne reçoit pas l'équi-
1] Cor., VII, 33,
valent d'un salaire proportionné à ses talents et à son travail. Son éducation, ses fatigues d'esprit et de corps réclameraient des honoraires plus élevés que ceux de tout avocat, médecin ou chirurgien ; il ne reçoit, en général, que ce qui suffit à sa subsistance.
La plupart des prêtres, en Amérique, sont pauvres. Plusieurs n'ont pas le sou. Un jeune homme se prépare à la prêtrise parce qu’il se sent appelé de Dieu, et qu’il désire lui consacrer toutes les puissances de son âme et de son corps. Comme prêtre, il devient le père des orphelins et des pauvres qui le considèrent comme leur ami le plus cher. Regardez autour de vous, et comptez combien d’orphelinats, d’hôpitaux, d'écoles, les prêtres catholiques ont établis et soutenus de leurs épargnes, depuis cinquante ans. Aucun père de famille n’a à souteuir des charges et à faire des sacrifices comparables à ceux du prêtre qui se dévoue au bien temporel et spirituel deson troupeau.
La pureté du prêtre et son détachement sont le secret de sa force et de son influence. Ceux qui refusent de l’aimer sont forcés de le respecter,
car ils voient en lui à la fois un ami du peuple et
un homme de Dieu.
La danse et les bals!
Voici deux questions qu’on fait bien souvent : La danse est-elle défendue ? J'ai été danser, est-ce un péché ?
On y ajoute parfois sous forme d’excuse ou d’objection : Tous les prêtres n’ont pas la même doctrine sur ce sujet; les uns défendent les bals sous peine de refus des sacrements, d’autres tolèrent ou permettent, d’autres font même danser dans des réunions de charité.
Ces divergences d’opinion chez les prêtres, notamment aux États-Unis, sont moins réelles qu'apparentes. C'est plutôt une menière diverse d’ap-
pliquer, dans certains cas, des principes qui sont les mêmes chez tous. Il n’esc pas un prêtre qui
puisse permettre ou encourager ce qui est mal en soi, ou simplement une occasion de mal. Or, les danses, les bals dans les salles publiques, sont pour le moins, et de l’aveu de tous, des occasions prochaines de péché. Il ne peut donc
1 Lettre pastorale de Mgr Stang, 7 janvier 1906.
y avoir sur ce point divergence d'opinion.
Qu'il y ait eu chez quelques-uns une sévérité ou une indulgence plus ou moins grande à l'égard de la danse, que les dans-urs aient été traités de façon différente par ce. iains prêtres, c'est ce que nous n'avons pas à r.hercher et ce qu’il importe moins de savoir. Laissons faire les autres et faisons bien.
Quelles sônt, en cette matière, les lois de l'Église et les directions de l'autorité supérieure, celles auxquelles les prêtres eux-mêmes doivent se conformer et que les fidéles doivent observer ?
Il est strictement défendu par les statuts diocésains de Fall-River de donner des bals ou d'y assister le dimanche ou le samedi, parce qu'ils sont une profanation, ou une cause de profanation du jour du Seigneur. Il faut à tout prix mettre fin aux scandales dont ils ont été la cause dans le passé. Que les curés donc, avec un zèle et une liberté tout apostoliques, dénoncent ces bals et prêchent contre toutes ces danses lascives, devenues si fréquentes de nos jours.
‘‘Bien que la danse, ainsi que le remarque saint François de Sales, soit une récréation indifférente de sa nature, elle induit facilement au mal
opinion.
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