‹ Croire, c'est vivre [microforme]Chapitre 4 sur 15 · H NE VER - AA TR RNA · texte numérisé non relu

H NE VER - AA TR RNA

FRERE ZTT

Croire c’est Vivre

Il existe un être suprême : Dieu

Nous savons, avec une certitude absolue, qu'il y a un Dieu personnel, maître suprême de l’uni- “ers, Cause première, être infiniment parfait.

Ce Dieu nous a fourni à tous des moyens sûrs de connaître son existence. Les forces de la raison, l'accord universel du genre humain, la voix de la conscience, telles sont les grandes sou es où nous puisons la vérité fondamentale de l’existence d’un être supérieur, qui est Dieu.

Partout, nous voyons des effets produits par des causes, et des causes produisant des effets. Tout ce qui existe est l'effet d’une cause; cette cause elle-même est l'effet d’une autre cause; et ji en est ainsi tant qu’on n'arrive pas à la Care première; —à moins de supposer une série jm ‘nie de causes secondes, ce qui est absurde.

Comme rien n'existe dans l'effet qui ne soit contenu dans la cause,—car autrement il se trouverait un effet sans cause, — Dieu, cause première, doit donc contenir toutes les perfections de tous les êtres créés.

La nature proclame son existence. Le monde visible n'existe que par Celui qui lui a donné l'être: sa vie et son mouvement procèdent de Celui qui est la vie; l’ordre qui y règne procède de Celui qui est l’ordre, et indique jusqu’à l'évidence le plan de Celui qui l’a conçu.

Rien de fortuit dans la nature. Rien ne s'y meut à l’aveugle. Un être intelligent y a marqué son dessein. Les lois qui régissent le monde ont été conçues par une intelligence. Les imperfections que notre regard y rencontre ne prouvent que l'insuffisance de la science humaine.

Toutes les nations, dans tous les temps, ont cru en une divinité supérieure. Pas un peuple, pas une tribu sauvage, qui n’ait eu son culte pour

l'Être suprême.

La voix de la conscience, qui se fait entendre dans toute poitrine humaine, nous prouve encore l'existence de Dieu. La voix de ma conscience est sa propre voix, la voix du Maître suprême qui

approuve ou condamne chacune de mes pensées, de mes paroles, de mes actions. Cette voix me parle avec autorité, soit qu’elle me guide et m'’avertisse, soit qu'elle me juge et me condamne. Souvent elle ne tient aucun compte de mes désirs et même elle les combat. Elle me dit que je ne puis pécher impunément, et que si je pèche, j’offense quelqu'un, à qui je dois respect et obéissance. Elie est au dedans de moi, et elle me convainc de la pensée d’un juge extérieur devant lequel je devrai comparaître.

Oui, il y a un Dieu au-dessus et autour de nous : ‘‘en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être.”’1 Nous dépendons absolument de lui Pour chacune de nos respirations, pour chacun de nos mouvements. Nous devons par conséquent une entière soumission à sa loi. Sa volonté doit être la règle de notre vie. Notre principal devoir sur terre doit être de le louer et de le glorifier ; notre unique effort, de devenir semblables à lui.

Comment se fait-il que nous rencontrions quelquefois des hommes qui ont de la difficulté à croire en Dieu, alors que les arguments qui

1 Actes, XVII, 28.

prouvent son existence sont si clairs, si convaincants pour un esprit sincère ?

C'est que la dépravation du cœur a intérêt à repousser cette croyance: ‘L'insensé a dit dans son cœur: Il n’y a pas de Dieu.”’1 On prend facilement ses désirs pour la réalité: le mauvais désir est père du doute.

Le petit nombre de ceux qui refusent ou prétendent refuser de croire en Dieu forment une classe étrange, qui semble fuir la lumière de la vérité, préférant cheminer à tâtons dans les ténèbres du péché. Ils détestent l’idée d’une Providence qui gouverne tout, d’un regard

qui voit tout, qui les surveille et qui scrute le fond de leur cœur. La pensée de Dieu est très gênante pour ceux qui suivent le penchant de

leurs inclinations perverses et méprisent les commandements du Créateur. Menez une vie pure et honnête, et votre croyance en Dieu ne sera jamais ébranlée. L’impie Rousseau lui-même admettait cette vérité pratique lorsqu'il écrivait: ‘Mon fils, tenez votre âme en état de désirer toujours qu’il y ait un Dieu, et vous n’en douterez jamais.”

5 Ps, XIE, À.

Qu'est-ce que la religion ?

C'est la question brûlante du jour et de tous les temps. D'autres questions peuvent absorber l'attention du monde, mais pour un temps seulement; cette question importante entre toutes se dresse continuellement devant nous, «le quelque côté que nous nous tournions. Il est donc de la première importance d’avoir une idée exacte de ce qu'est la religion. Worcester l'appelle la reconnaissance de nos devoirs envers Dieu notre Créateur, unie à un sentiment de vénération et d’amour, et conséquemment de devoir et d’obéissance envers lui.

La religion est un lien moral qui nous unit à Dieu. Si nous la considérons comme une science, elle nous enseigne ce qu'est Dieu, et ce qu'il a fait Pour nous, ce que nous sommes, ce qu'est la vie, quel est son commencement et son terme, et quel usage nous devons en faire.

Le rôle de la religion est de nous enseigner les vérités que nous devons croire, les préceptes que

nous devons observer, et de nous donner les moyens de garder la loi divine.

La religion comprend l’ensemble des devoirs de l’homme envers Dieu. Elle est un état de service et de soumission que Notre-Seigneur appelle un joug. Elle renferme essentiellement l'idée d’obligationet de dépendance vis-à-vis d’un supérieur: elle lie la conscience et la rend responsable de toute transgression. En tant que vertu, la religion se manifeste par des actes religieux: nous adorons Dieu, et par là nous le reconnaissons comme l'Être suprême auquel nous devons allégeance; nous le

remercions de tous ses bienfaits temporels et spiri-

tuels, car tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes vient de lui; nous implorons ses bénédictions; et,en le reconnaissant comme la source de tout bien, nous confessons notre propre néant.

C'es: la religion qui me force d'admettre que je ne suis qu’un pécheur incapable de satisfaire entièrement pour moi-même. A la vre du Saint des saints, mon âme se remplit de confusion et s’humilie profondément. La conséquence naturelle de cet état d'âme est la manifestation extérieure de ma culpabilité et de ma dépendance, par des actes de pénitence et d’expiation.

Gravez bien avant dans votre esprit que la religion est un devoir que vous êtes tenu d'accomplir et auquel vous ne pouvez Pas vous dérober avec impunité, Vous dépendez de votre Créateur, vous êtes soumis à sa volonté. Il met des restrictions à votre liberté Personnelle, La religion, qui est sa loi, doit être la règle de votre être moral tout entier. Vos pensées, vos paroles, vos actions, tout est sous le contrôle de la religion. Oui, vous devez rendre compte même de vos pensées au Dieu qui voit tout, Voilà Pourquoi Notre-Seigneur dit que ‘quiconque regardera une femme avec un mauvais désir, a déjà commis l'adultère dans son cœur”. 1

La religion m'assigne ma place dans l'univers, et elle me donne la clef de ma vie,

Sans religion, ma vie ne serait qu'un long et triste hiver, sans étoile au-dessus de ma tête pour éclairer ma route dans la nuit; sans fleur épanouie le long de mon chemin, sans rayon de soleil pour dissiper la glaciale mélancolie d’un cœur angoissé,

Grâce à la religion, ia vie s’ennoblit, elle acquiert une valeur qui l'emporte sur le monde en-

1 Math., V, 28.

tier. Je suis placé entre la terre et le ciel: je participe à la terre par mon corps, objet vil et périssable; je participe au ciel par mon âme immortelle, qu'aucune chaîne ne peut empêcher de

prendre son essor vers Dieu, source de vie et de

bonheur. Il m'a fait pour que je sois heureux dans le temps et dans l'éternité.

C’est la religion qui me donne le moyen d’acquérir le bonheur.

Ce que la religion n'est pas

Nous vivons dans un âge où chacun doit tenir ses yeux bien ouverts, s’il ne veut pas être trompé et dupé, s’il veut se défendre contre les fraudes et tout guet-apens. Soyez sur vos gardes, sinon vous serez une victime facile Pour les imposteurs, les faussaires et les hâbleurs de tout genre. Servez-vous de la raison que Dieu vous a donnée et regardez-y deux fois avant de rien admettre ou de rien accepter. Remontez aux définitions, exami. nez-les.

Afin de définir plus clairement ce qu'est la religion, je vais vous dire ce qu’elle n’est pas.

La religion n'est PaS une simple question de sensibilité ou de sentimentalité, bonne tout au plus pour les femmes et les enfants; elle n’est ni une émotion Passagère du cœur, ni une vague aspiration pour ce qui existe au delà des astres, ni enfin un dégoût général pour les choses de ce monde. La religion n’a Pas et ne peut pas avoir son origine dans la sensibilité, car la sensibilité

n’est pas raisonnée, elle se détermine instinctivement; tandis que la religion exerce son influence dans la partie raisonnable de l’homme, bien qu’elle épure en même temps et qu’elle sanctifie la sensibilité. Voici comment la religion s'empare de l’homme: l'intelligence reconnaît l’existence d’un Dieu et d'un Père qui nous garde et nous conserve; puis la volonté se soumet à son autorité, et s'efforce de le servir.

Seul l’homme, doué d’une intelligence et d’une volonté libre, peut avoir de la religion, car la religion doit être en même temps l’acte d’une nature raisonnable et d’une volonté libre. Elle est le plus ennoblissant des devoirs, car elle soumet l'esprit et le cœur au Créateur de toutes choses. Iln'y a là rien de sentimental; c’est la solution même du problème de notre existence. Par la religion

nous donnons à Dieu ce qui lui appartient, ce que

nous lui devons.

La religion dit plus qu’une conduite irréprochable. Vous pouvez passer pour un honnête homme: vous pouvez être fidèle, bon, généreux ; vous pouvez mener une vie pacifique, admirable, sans tache: tout cela n’est pas la religion. Votre bonté naturelle s’évanouira comme le parfum

d’une fleur printanière ; elle passera comme Je calme réconfortant d’une nuit d'été tranquille,

De plus, si vous menez une vie honnête, si vous vous abstenez des liqueurs enivrantes à cause de votre position sociale ou de vos habitudes d’économie ; si, pour des raisons semblables, vous évitez d’autres excès, vous ne VOUS rapprochez pas de Dieu par ce moyen; bien plus, si vous accomplissez ces actions afin d’être vu et loué des autres, vous n'êtes pas un homme religieux, mais un hypocrite.

La question que la religion vous pose est celleci: dans quel état se trouve votre âme immortelle par rapport à Dieu ?

Aux yeux des hommes et de l'opinion publique, VOuS pouvez être sans reproche; vous pouvez avoir de la conduite, de l'honneur, de la persévérance, de la sincérité; vous Pouvez êtr juste dans vos relations avec Je prochain, bon et loyal envers VOS amis et généreux Pour les pauvres. Mais Dieu est-il content de vous? Souvenez-vous que Dieu scrute les recoins les plus cachés du cœur ; il voit vos intentions et pèse vos motifs: il juge les pensées et les désirs pervers, les péchés d’orgueil, d'envie, d'ambition, péchés qui sont tous impénétrables au regard des hommes.

Il se peut que les hommes n’aperçoivent pas en vous des vices grossiers et répugnants; mais le pécheur délicat qui sait garder le décorum est peut-être plus loin de Dieu que celui qu’on a banni de la société. Si, dans votre suffisance, vous rendez grâce à Dieu de ce que vous n'êtes pas comme le reste des pécheurs, vous êtes un pharisien, il n’y a pas de religion chez vous. L'iiosmme vraiment religieux, quelque belle réputation de bonté et de sainteté que vous lui fassiez, sera toujours profondément convaincu qu'il n’est qu'un pauvre et misérable pécheur, qu’un être ignorant et coupable, qu’il a besoin de recourir à Dieu pour obtenir le pardon de ses péchés et la grâce nécessaire pour ne les plus commettre.

Dieu n’a pas besoin de vous, c'est vous qui avez besoin de Dieu.

La religior n’exige pas que vous passiez votre vie agenouillé dans une église, que vous preniez un air renfrogné, sévère, que vous vous absteniez des

joies légitimes du monde; mais elle exige que vous accomplissiez parfaitement vos devoirs de chaque jour, non pas avec l'intention prédominante de faire de l'argent ou de plaire à vos supérieurs, mais en vous proposant, comme but final, d’ho-

norer et de glorifier Dieu. Quel que soit le poste où Dieu vous ait placé, quelles que soient les circonstances où Vous vous trouviez, accomplissez votre tâche de bon cœur et en conformité avec la sainte volonté de Dieu. C'est là toute la religion.

Sans croyance religieuse personne ne peut aller au ciel

La religion est la loi suprême à laquelle tous sont tenus de conformer leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Elle émane de Dieu, législateur suprême, qui a le droit d'imposer des lois à l'esprit comme à la conscience humaine. Celui qui refuse de lui soumettre sa raison et sa volonté, se met en révolte contre l'autorité divine et signe son arrêt de mort ; il creuse son propre enfer.

Pourquoi, dira-t-on, damner éternellement l'homme sans religion, s’il est honnête ?

L'homme sansreligion ne peut pas être honnête: c'est un malhonnête homme. Celui qui refuse de croire, viole la loide Dieu tout autant que le voleur, l'ivrogne, le blasphémateur, l’adultère; or ‘‘ceuxlà ne possèderont pas le royaume de Dieu.” L’in-

croyant ne peut pas s’en prendre à Dieu; ce n’est

pas Dieu qui le damne, il se damne lui-même.

Même à l’époque du paganisme, on considérait l'ixréligion et l’athéisme comme des crimes atroces

contre la divinité: ceux qui s’en rendaient coupables étaient punis de mort.

La négation ou le mépris de la religion est le crime le plus détestable qui se puisse commettre. Il ne se commet pas par ignorance ou par faiblesse, mais il s’attaque directement à l’autorité de Dieu, qu’il s'efforce d’anéantir.

“Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu.””1

Nous ne pouvons pas être les amis de Dieu si nous 1’avons pas la foi surnaturelle, c’est-à-dire si nous ne croyons pas fermement tout ce que Dieu nous a révélé.

Notre divin Sauveur en fait la condition absolue de notre salut : ‘Celui qui ne croit pas sera condamné.”2

Maïs que dire de ceux qui doutent de l'existence de Dieu ou qui ne peuvent pas y croire ?

Saint Paul nous dit que les uns et les autres sont inexcusables, car ils nient une vérité évidente par elle-même: ‘Ils ont connu ce qui peut se dé-

couvrir de Dieu, Dieu même le leur ayant fait connaître. Car ce qu’il y a d'invisible en Dieu est devenu visible depuis la création du imonde, par la

Connaissance que ses créatures nous en donnent:

1 Hébr., XI, 6. 2 Marc, XVI, 16.

sa puissance éternelle et sa divinité éclatent dans ses œuvres; en sorte qu'ils sont inexcusables.”1 Cependant s’il se rencontrait des infidèles de bonne foi, vivant selon le dictatnen de leur conscience, ils finiraient par arriver à croire. Saint Thomas d'Aquin explique cette proposition de la manière suivante : ‘Supposons un homme élevé dans le désert ou au milieu des bêces sauvages, et observant cependant la loi naturelle qui lui ordonne de faire le bien et de fuir le mal. Nous pouvons affirmer avec certitude que Dieu lui révêlerait intérieurement les vi.ités qu’il faut croire,

ou bien qu’il lui enverrait quelqu'un pour les lui

enseigner, comme il envoya autrefois sairt Pierre au centurion Corneille.”

“Celui qui ne croit pas sera condamné.” Il faut donc croire pour arriver au ciel. Pour obtenir l'éternel bonheur qui nous attend, il faut pratiquer la religion de Jésus-Christ. Sans la religion nul ne sera sauvé.

1 Rom., I, 19, 20.

L'Église catholique est l'œuvre de Dieu ;

toutes les autres “églises” sont l'œuvre des hommes

Le Christ a fondé et institué une Église, C'est un fait historique reconnu Par tous, catholiques et non-catholiques, Tous admettent également que le Christ n’a établi qu'une Église: car chaque fois qu’il parle de son Église, il s'exprime au singulier: ‘Écoutez l'Église,” ditil; et non Jes églises ; “Sur cette pierre je bâtirai mon Église ; ” et non mes églises, I] compare son Église à une bergerie, qui n’a qu’un pasteur, à un royaume, qui n’a qu’un souverain, qu'une forme de Souvernement, qu’un code de lois. L'Église du Christ est l’asseblée des fidèles, qui, ayant été baptisés, professent la même foi, participent aux mêmes sacrements, offrent à Dieu le même sacrifice, et sont Bouvernés par leurs pasteurs légitimes sous un même chef visible,

Or il y a sur la terre bien des sociétés diffé. rentes qui toutes ont la prétention d’être la véri-

table Église de Jésus-Christ. Une seule pourtant peut être l'Église du Christ, et c'est celle qu’il a établie en l'an 33. Toute église qui n’a pas 1873 ans d'existence, n’est pas l'Église que le Christ, Fils de Dieu, a établie avant de quitter le monde pour aller à son Père.

Une seule église, l’histoire en fait preuve, a existé pendant cette période de temps : c'est l'Église catholique. Lile seule est l'œuvre de Dieu; toutes les autres églises datent d'hier, et elles sont de pures inventions humaines. Jamais il n’y eut d'église protestante ou luthérienne avant Martin Luther, c’est-à-dire avant le seizième siècle; jamais d'église épiscopalienne ou anglicane avant Henri VIII ; jamais d'église presbytérienne avant Jean Knox; jamais d'église méthodiste avant Jean Wesley; jamais de quakers avant George Fox; jamais d'anabaptistes avant Nicolas Stork; jamais d'église ‘chrétienne” avant Alexander Campbell.

Ces hommes n'avaient pas plus le droit de fonder une église que vous et moi. Une religion doit avoir Dieu pour auteur. Seule l'Église catholique a un fondateur divin. Le Christ a pro-

mis solennellement que son Église durerait jus-

qu’à la fin des temps. Et en effet l'Église a duré jusqu’à ce jour en dépit de toutes les persécutions et de tous les obstacles imaginables. Les faux prophètes sont apparus et sont disparus avec leurs églises; car toute œuvre humaine est vouée à la destruction. L'Église catholique n'est pas une institution humaine. N’allez pas fonder votre foi sur l'opinion d'un homme. Sondez bien le terrain sur lequel vous vous engagez. Attachez-vous à l’Église qui seule peut vous sauver.

Hors de l'Église catholique point de salut

C'est faire un grand acte de charité que de proclamer cette règle rigoureuse établie par Jésus- Christ et ses Apôtres. Ceux qui recherchent sincèrement la vérité l’entendront avec joie et reconnaissance: ils cesseront de lutter contre les flots tumultueux du doute et de l'incrédulité, et ils entreront volontiers dans le vaiss.au de l'Église, qui les conduira sans danger aux rivages de l'éternité.

Jésus-Christ a fondé son Église pour tous les hommes; sa volon*4 expresse est que tous en fassent partie et arrivent ainsi au sal:t éternel. Pour cette fin il lui a donné sa propre doctrine, sa divine autorité, sa grâce comme moyen de sanctification et l'assistance du Saint-Esprit, qui doit conserver à son enseignement son caractère infaillible et immuable. Chacun est obligé de devenir membre de l’Église catholique sous peine de damnation éternelle. Mé-

priser l'Église, c'est mépriser Jésus-Christ: se séparer de l'Église, c'est se séparer de Jésus- Christ. Et nous savons par ailleurs que sans Jésus-Christ personne ne peut être sauvé: ‘‘Personne ne vient au Père céleste que par moi,”1 ‘Car aucun autre nom sous le ciel n'a été donné

aux hommes par lequel nous devions être sauvés.”? Et Jésus-Christ nous dit: “Si quelqu'un n'écoute pas l'Église, qu'il soit à votre égard comme un païen et un publicain.”# L'Église catholique est la seule Église dans laquelle on se sauve. ‘Quiconque est séparé de l'Église catholique,

nous dit saint Augustin, peut fort bien s’imaginer avoir une vie tout à fait recommandable ; cependant par le fait même qu'il se trouve en même temps séparé de l'unité du Christ, il es: séparé de la vie; la colère de Dieu habite en lui.”

Or, tous ceux-là sont membres de l'Église catholique, qui, après avoir été baptisés, ne se sont pas séparés d'elle, ou n’ont pas été rejetés de son sein. Ceux qui, sans qu’il y ait de leur faute, sont hérétiques, c’est-à-dire professent une doctrine condamnée par l'Église, mais qui cherchent la vé-

1 Jean, XIV, 6. 2 Actes, IV, 12. 8 Math,., XVIII, 17.

rité et s'efforcent de faire la volonté de Dieu, appartiennent à l’âme de l'Église, quoiqu'ils soient séparés de son corps. Mais ceux qui refusent d’embrasser la vérité, soit par indifférence, soit par tout autre motif coupable, en d’autres termes, ceux qui savent que l'Église catholique est la seule véritable Église de Dieu, et qui, pour des considérations humaines, s'en tiennent éloignés, ceux-là se séparent de Jésus-Christ et manquent leur salut éternel. Pour suivre Jésus, il nous faut être prêts à tout sacrifier, amis, famille, biens temporels, rêves d'avenir.

ttCelui qui aime son père ou sa mère plus que moi, n'est pas digne de moi”! Si Dieu vous appelle à son Église, vous devez lui obéir. Ce n’est pas assez d’être catholique de cœur; vous devez professer publiquement votre religion: ‘Si quelqu'un rougit de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira aussi de lui lorsqu'il viendra dans sa gloire.”?

Nous n'avons pas le droit, dans tel ou tel cas particulier, de dire que celui-ci ou celui-là est hors

de l’Église par sa propre fante, et, par conséquent,

il n’y a pas d'espoir de sa'ut pour lui.

1 Math., X, 37. 2 Luc, IX, 26.

Di:u seul connaît le degré de culpabilité de chacur, lui qui ‘sonde les reins et les cœurs ”?, et qui ‘‘juge les sccrets des hommes”.

Tous les protestants seront-ils réprouvés ?

À Dieu ne plaise, qu'aucun véritable catholique imagine ou profère jamais un pareil jugement. Non, nous savons tous par expérience que plusieurs de nos frères séparés sont baptisés et vivent dans une ignorance invincible de la véritable Église, qu’ils croient fermement en Jésus- Christ et attendent le salut dans l'invocation de son saint nom. Si, sans qu’il y ait de leur faute,

ils demeurent en dehors du corps de l’Église, ils

seront certainement sauvés, mais ce sera par le moyen de l’Église catholique, à l’âme de laquelle ils appartiennent ; car hors de l'Église catholique il n’y a pas de salut.

Est-ce que toutes les religions se valent ?

Voilà une question insensée. Autant vaudrait demander si un Dieu en vaut un autre. Il n’y a qu’un Dieu; il n’y a qu’une religion. ‘Vous n'êtes tous qu'un même corps en Jésus-Christ, vous n’avez tous reçu qu’un même esprit... Il n’y a qu’un Seigneur, qu’une foi, qu’un baptême. Il n’y

a qu’un Dieu, père de tous.” 1 Prétendre que toutes

les religions sont également bonnes, c’est tout simplement nier la religion. La vérité et le mensonge ne peuvent pas être placés sur le même pied: ce qui est vrai ne peut pas être faux en même temps. La vérité est une, indivisible, immuable. Deux et deux feront toujours quatre; le blanc sera toujours blanc et le noir toujours noir. La vérité est intolérante ; elle rejette tout compromis avec le mensonge, comme la lumière avec les ténèbres.

Si j'ai le bonheur de posséder la vérité, je dois m'y attacher, et fuir l’erreur, Si je crois sincère-

1 Éphés., IV, 4-6.

ment, et je dois le croire, que la religion catholique est la véritable, je suis forcé d'admettre que toutes les autres religions sont fausses, et je suis obligé de m’attacher à mon Église sous peine de perdre le ciel. Les autres religions enseignent quelques doctrines vraies ; soit, mais elles n’en demeurent pas moins fausses, et je n’ai jamais le droit de donner mon approbation à un mensonge, Nous n’ignorons pas jusqu’à quel point les différentes sectes se contredisent les unes les autres; ce que l’une admet, l’autre Je rejette. Ce n'est pas le propre de la vérité d’être en contradiction avec elle-même. I] 2’y a qu’un Évangile: “Si quelqu'un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu de nous, qu’il soit anathème ! 1” Les dogmes religieux n’admettent pas d’affirmations contradictoires ou de nouveaux crédo, et ceux-ci ne changent pas de signification, pour se conformer aux besoins de l'époque. “Car Jésus-Christ était hier, il est aujourd’hui, et il sera le même dans tous les siècles.” 2 N’acceptezjamais du cuivre pour del’or, du plomb Pour de l’argent. Ne vous contentez pas d’une vulgaire contrefaçon ; exigez le pur métal sonnant.

! Gal, 1,9. 2 Hébr, XII, 8.

Le protestantisme est aussi différent du catho:

licisme que la nuit l’est du jour.

Il n’est pas vrai de dire que tout chemin mène à Rome; seul le chemin indiqué par Jésus-Christ

peut nous y conduire.

La Bible peut-elle nous sauver ?

Le Fils de Dieu me dit que si je ne crois pas je périrai. Même il me commande, sous peine de damnation éternelle, de croire fermement et sans hésiter tout ce qu’il a enseigné, Comme il est un Dieu juste, il se doit à lui-même de me fournir les moyens de connaître ce qu'il a enseigné; il ne peut pas me condamner pour n’avoir pas obéi à un précepte que je ne connaissais pas. Or quel moyen Dieu nous a-t-il donné de connaître l’objet de notre foi? Nos amis les protestants nous montrent fièrement la Bible : là se trouve, disent-ils, l'unique source qui n’a pas été corrompue. C’est un livre ouvert, clair et intelligible pour tous, et chacun a non seulement le droit, mais le devoir de l'interpréter à sa guise.

Nous, catholiques, nous prétendons que Dieu nous a donné l'Église, et non la seule Bible, pour nous enseigner la religion, pour nous indiquer les vérités révélées. Il faut que le moyen de connaître la religion soit à la portée de tous, et adapté aux

forces ou à la faiblesse de chaque fidèle. Dieu veut que tous se sauvent, même les plus grossiers, les plus ignorants et les plus abandonnés. Tous ont droit au salut éternel et, par conséquent, aux moyens de l'obtenir. Ces moyens doivent être infaillibles, afin vue l’homme soit amené infailliblement, sans crainte d'erreur, à la connaissance de la vérité.

Si Jésus-Christ avait résolu de faire connaître sa religion à tous les hommes au moyen d’un livre,

ne pourrait-on pas présumer ou bien qu'il aurait

lui-même écrit ce livre, ou au moins qu’il l’aurait mis entre les mains de ses disciples? Or il ne l’a ni écrit, ni confié à ses disciples; mais il a donné à ses Apôtres la mission de prêcher. Voici ce qu'il leur dit: ‘Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc, et instruisez tous les peuples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit; leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai prescrites. Et voici que je suis toujours avec vous jusqu’à la consommation des siècles.”1

Dans les desseins de Dieu, le monde devait être converti par la prédication de la parole sainte,

3 Nath., XX VIII, 18-20,

non par la lecture de la Bible. Si Jésus-Christ avait dit: Écrivez des bibles, répandez-les, que chacun les lise et soit son propre interprète; alors il n’y aurait pas d'Église, mais une véritable Babel. Il a envoyé ses Apôtres, après les avoir investis de son autorité et leur avoir conféré la mission d'enseigner. Voilà pourquoi l'Église catholique

existait déjà et exerçait ses droits divins avant que la Bible ne fût terminée, avant que le premier mot du Nouveau Testament ne fût écrit. L'Église a été fondée et propagée dans le monde entier sans la Bible, Jusqu'au troisième siècle, les fidèles ignoraient ce qu'était la Bible, et ne pouvaient distinguer les livres inspirés des apocryphes. Comment pouvaient-ils prendre la Bible pour leur unique guide? Et cependant ils connaissaient leur religion et se sauvaient.

Au quatrième siècle, le pape réunit en concile les évêques du monde entier et détermina définitivement quels sont les livres canoniques qui constituent ce que nous appelons la Bible.

Il n’y aurait pas eu de Bible sans l'Église catholique.

Mais, même alors, le monde demeura pratiquement sans la Bible jusqu’à ce qu’un catholique

découvrit l'imprimerie au quinzième siècle, Ava 1t cette époque il était très difficile de se procurer une bible. L'écriture était une opération lente et dispendieuse ; elle se faisait à la plume sur du parchemin, et une bible valait une petite fortune. Comment un Dieu miséricordieux aurait-il pu m'obliger de prendre la Bible pour guide, et me condamner si je n'avais pas les moyens d'en acheter une ?

Supposons maintenant que chacun ait sa bible: tous savent-ils lire? Allons-nous réprouver les illettrés? Ajoutez à cela que la Bible a été écrite en hébreu et en grec: tous ceux qui savent lire peuvent-ils lire l’hébreu et le grec ? Qui va leur donner une traduction fidèle ? et supposé qu'ils en aient une, qui va leur indiquer le sens exact de chaque expression ? Voulez-vous voir les effets de l'interprétation privée, ouvrez l’histoire du seizième siècle.

À peine Luther avait-il proclamé sa doctrine au sujet du libre examen et de l'interprétation privée de la Bible, que ses sectateurs se divisèrent en une multitude d'opinions religieuses différentes de celles de leur ‘“apôtre”; de sorte que le (tréformateur” pouvait s'écrier ayec amertume

dans sa lettre aux chrétiens d'Anvers: Celuici rejette le Baptême, celui-là l'Eucharistie : un autre édifie un monde nouveau entre le présent et celui qui surgira après le jugement dernier ; il en est qui nient la divinité de Jésus-Christ : l’un dit ceci, l’autre cela: en un mot il y a autant de sectes que de têtes. Chacun s’imagine être inspiré du Saint-Esprit et veut être prophète.”

Le cardinal Hosius comptait déjà au seizième siècle 270 sectes différentes issues du principe du libre examen.

L’historien Janssen rapporte quelques inter- Prétations plus ou moins pratiques de l’Écriture qui avaient cours parmi les disciples de Luther, vers l’an 1524. À Saint-Gall, un certain nombre de protestants furent éclairés soudain sur la si. guification du précepte divin : ‘Allez, enseignez toutes les nations et prêchez-leur l'Évangile”, et voici qu’ils s'assemblent sur la place publique, et d’un mutuel accord s’élancent hors des portes de la ville vers les quatre coins de l'univers.

À Appenzell, douze mille Personnes se réunissent Pour obéir au texte: ‘Ne Vous préoccupez pas de ce que vous mangerez”, et s’abstiennent de toute nourriture jusqu’à ce que la faim les con-

traigne à se disperser. On en vit grimper sur les toits des maisons et prêcher du haut de ces chaires aériennes, parce que Jésus-Christ avait dit: ‘Ce que vous entendrez, prêchez-le sur les toits.” D'autres enfin jetèrent leur bible au feu pour mieux interpréter cette parole: ‘La lettre tue ; mais l'esprit vivifie.”

Donc ce n’est pas et ce ne peut pas être la Bible que Dieu a chargée de nous enseigner sa religion.

Mais que faire si vous ne connaissez pas encore l'Église à qui Jésus-Christ a confié la mission de nous conduire au port du salut? Alors me servant des paroles que Notre-Seigneur adressait aux Juifs, je vous donnerai, mes chers amis, ce conseil: ‘Lisez avec soin les Écritures, puisque vous y trouvez le moyen d’avoir la vie éternelle; ce sont elles en effet qui rendent témoi-

gnage de moi.”1 Étudiez la Bible; ne vous con-

tentez pas d’y jeter un regard distrait, mais lisezla dans un esprit de prière, de respect et d’humilité; faites-en l'objet de vos méditations, ayant toujours un désir sincère de trouver Jésus-Christ et sa sainte Épouse. La Bible ne vous donnera pas la révélation entière et définitive de la vraie

1 Jean, V, 39.

religion; mais elle Peut vous rendre un service dont vous vous réjouirez éternellement ; elle peut remplir à votre égard le rôle de saint André à l'égard de saint Pierre, son frère, et elle peut Vous amener plus près de Jésus. Elle vous parlera du royaume qu'il a fondé sur la terre et de la nécessité d’appartenir à l'Église qu'il a édifiée au prix de son propre sang.

Accordez cette grâce, à divin amant des Âmes,

à ceux qui lisent et cherchent avec cette bonne foi !

La Bible est-elle la parole de Dieu ou celle de l'homme ?

La Bible est un document écrit, qui contient la parole du Dieu tout-puissant. Elle reste pour nous la parole de Dieu quand elle est bien interprétée. Mal interprétée, elle devient la parole de l'homme; et, ajoute saint Jérôme, ‘‘ce qui est encore pire, la parole du démon”. Le démon peut, pour les besoins de sa cause, citer des textes de

l'Écriture sainte: c’est d’ailleurs ce qu'il fit lors-

qu'il tenta le Fils de Dieu. La Bible a d'autant plus besoin d'être expliquée, qu'elle est remplie de difficultés et d'obscurités qui arrêtent à chaque pas, non seulement les illettrés, mais aussi les esprits les plus instruits et les mieux doués. Saint Pierre nous dit des épitres de saint Paul, qu’elles contiennent ‘certaines choses difficiles à entendre, dont certains hommes ignorants et légers faussent le sens et abusent pour leur propre ruine”. ! Saint Augustin confessait qu’il y avait pour lui

1 Pierre, 2e Ép., III, 16.

dans la Bible un nombre de choses inintelligibles, plus grand que le nombre de celles qu'il comprenait. Quel savant d'Amérique a la prétention de posséder la science biblique de saint Augustin ?

Mais qui donc va éclaircir les difficultés de la Bible et concilier entre elles les apparentes contradictions qu'elle nous offre? II faut que auelqu'un ait mission de nous donner la véritable interprétation,

Nous lisons dans les Actes des Apôtres que l'officier de la reine d'Éthiopie s'en retournait de Jérusalem, en lisant les prophéties d’Isaïe. L’apôtre saint Philippe, qu’il rencontra sur la route, lui ayant demandé s’il entendait ce qu'il lisait, il répondit : ‘ Comment Pourrais-je l'entendre, si

quelqu'un ne me l'explique ?”1 Il comprenait

bien que toute interprétation privée n’est qu'une Opinion personnelle et humaine. Personne au monde, fût-il le plus savant des hommes, ne peut me contraindre à accepter comme article de foi sa propre interprétation; car il n’est qu’un homme.

Mais vous me répondez: ‘Lisez en esprit de prière: le Saint-Esprit vous éclairera et vous donnera la véritable intelligence,”

1 Actes, VIII, 81,

D de

Comment pouvez-vous savoir si c’est l’Esprit- Saint qui vous éclaire, et non votre propre esprit qui vous illusionne ?

L'effet d’une théorie aussi insensée ne sera-t-il pas d'augmenter le nombre des égarés, en ouvrant la porteau fanatisme, aux illusions, aux déceptions de toute sorte, ou, pour le moins, aux simples conjectures? Déjà le libre examen n’a que trop torturé la Bible pour lui faire dire des absurdités et recouvrir de son bouclier l'erreur et le vice. Avant le seizième siècle, c'était un signe non équivoque de folie, de préférer son interprétation privée au jugement du corps unanime des évêques catholiques en communion avec le siège de Pierre.

Au lieu de nous soumettre, sans appel possible, à un livre muet, ou bien à la parole d’un sage ou d’un savant, qui ne peuvent donner qu’une interprétation personnelle, nous nous inclinons devant la vivante autorité de l’Église infaillible de Dieu et nous acceptons ses décisions comme définitives. De même que les Juifs recouraient au grand prêtre et à son conseil pour obtenir la solution des difficultés religieuses, ainsi nous allons à l'Église du Christ et nous lui demandons de nous expli-

quer le sens des Écritures,

Quand George Washington <t ses compagnons écrivirent la Constitution et le code de lois des États-Unis, ils n’eurent pas l'intention d’en fournir une copie à chaque citoyen en l'invitant à l'interpréter à sa guise. Pareil système aurait vite fait de détruire l’Union. En hommes sages,

ils établirent une cour Suprême et un juge en chef avec la mission d'interpréter le vrai sens de la constitution; et tous, depuis le président jusqu’au citoyen le plus humble et le plus ignorant, sont tenus d'accepter les décisions ou interprétations de la Cour Suprême. Ainsi Jésus-Christ à établi une cour et un juge Suprêmes avec mission de

nous faire connaître le vrai sens de la Bible, de

nous dire quelles sont les vérités révélées que

Dieu nous recommande de croire, si nous voulons

être sauvés. Tous deux sont infaillibles, le juge

et la cour, le Pape et l'Église,

La parole de Dieu écrite ou transmise par la tradition nous est interprétée par l'Église catholique: elle forme l’objet de notre foi.

Du grand cas que l'Église catholique fait de la Bible

La Bible est une partie de la révélation divine; elle a été écrite par des hommes inspirés, sous la la dictée de l’Esprit-Saint. L'autre partie de la révélation est appelée la parole de Dieu non écrite, ou simplement tradition. La Bible est l’une des deux grandes sources de vérités révélées d’où

l'Église tire les matériaux de l'édifice de sa foi dogmatique. Elle est un ensemble de vérités précieuses que je comparerais à des messages adres-

sés aux hommes par le Créateur.

Nous acceptons la Bible, du commencement à la fin, comme la parole sainte de Dieu. Le concile du Vatican, tenu en 1870, exprime ainsi avec concision la doctrine de l'Église: ‘La révélation surnaturelle, selon la croyance de l'Église universelle, est contenue dans les livres écrits, et dans les traditions non écrites parvenues jusqu’à nous par l'entremise des Apôtres, qui les ont reçues, soit de la bouche même de Jésus-Christ, soit de

dif

l’Esprit-Saint qui les instruisait. Et ces livres saints de l'Ancien et du Nouveau Testament doivent être admis comme sacrés et Canoniques dans toute leur intégrité et dans chacune de leurs parties. Si quelqu'un refuse d'admettre comme sacrés les livres de l’Écriture sainte, dans chacune de leurs parties, ou nie qu’ils soient inspirés de Dieu, qu’il soit anathème! ” les paroles du concile laissent-elles entendre que l’Église fait peu de cas de la Bible? Voici qu’elle déclare solennellement que, à moins d’en accepter chaque partie comme la parole de Dieu, un catholique ne peut être sauvé,

À toutes les époques et dans tous les pays, l'Église a montré pour la parole écrite de Dieu un amour et un respect égaux à ceux qu’elle a pour le Verbe incarné. Pendant des siècles elle a employé des milliers d'hommes Savants et pieux à traduire la Bible, à la transcrire en lettres d'or sur des parchemins précieux qu’elle a si bien reliés et couverts, que la dent meurtrière du temps n’a pu encore les entamer.

À peine l'imprimerie était - elle inventée que

l'Église la mettait à son service, surtout pour la diffusion des livres saints. Tandis qu’elle se

gardaïit, avec un œil vigilant, des traductions infidèles et des interprétations arbitraires et fausses, elle conservait avecun soin jaloux son précieux dépôt, le traitait avec amour, mettait toute son énergie à le garder intact, et en donnait son infaillible interprétation.

En prohibant le libre examen de la Bible, l’Église ne dépouille ses enfants d'aucun droit ni privilège. Elle ne fait que les protéger contre le danger; elle voit à ce qu’ils puissent la lire sans crainte d’erreur, à la lumière de l’Esprit-Saint, qui garde l’Église dans le chemin de la vérité. Un signe indicateur sur une route dangereuse ou un phare sur la mer sont une sauvegarde et non un obstacle à la liberté individuelle.

Seule l’Église catholique nous donne une garantie suffisante du sens de la Bible. Voici sur ce point l’éne:gique déclaration de saint Augustin : ‘Pour ma part, je n’ajouterais pas foi à l'Évangile, si je n’y étais poussé par l'autorité de l'Église catholique.”

Les protestants ont reçu leur bible, si tant est qu'ils en aient une, de l'Églis: catholique. Quiconque admet que la Bible est la parole de Dieu est forcé de recourir à l'Église catholique,

me née bib ont Ch de

“la colonne et le fondement de la vérité”, pour retrouver la preuve de l’origine divine des Écritures.

On ne défend pas aux catholiques de lire la Bible dans leur langue maternelle. Au contraire, on les encourage à la lire et à l’étudier. Les évéques catholiques des États-Unis, réunis en concile à Baltimore, crurent qu’il était à peine nécessaire de rappeler aux fidèles de leurs diocèses que le trésor le plus précieux de toute bibliothèque de famille devrait être le livre des Écritures, que Dieu nous a laissé Pour être la consolation et le

guide de notre vie, Ils exprimèrent l'espoir que

chaque famille catholique de leur pays eût en sa

Possession une traduction fidèle de la Bible. L'étude de l’Écriture sainte est considérée dans

n0S séminaires catholiques comme la partie la plus importante de la théologie. Vers la fin de son pontificat, le pape Léon XIII a encouragé fortement l'étude sérieuse de la Bible d’après les données scientifiques. Les plus grandes autorités bibliques, depuis les Apôtres jusqu’à nos jours, ont toujours été des enfants dévoués de l'Église, Chaque prêtre est tenu, sous peine de péché mortel, de consacrer au moins une heure à la lecture de

l'office divin, c’est-à-dire de l'Écriture sainte et des Pères, sans parler de sa méditation quotidienne, du saint sacrifice de la messe et de ses études privées, qui le mettent constamment en contact avec la Bible.

Mes amis protestants me diront peut-être : Il est vrai qu’à notre époque il y a peu à reprendre sous ce rapport. Grâce au protestantisme, la Bible est lue davantage par les catholiques. De-

puis que Martin Luther a fait l’heureuse décou-

verte de la Bible, au seizième siècle, les catholiques montrent plus d'empressement à la lire. Avant Luther, il ne leur était pas permis de le faire; c'était, pour la plupart des chrétiens, un livre scellé et inconnu.”

Voilà des affirmations tout à fait gratuites. Allons aux faits.

L'imprimerie fut inventée 80 ans avant la Réforme. Le premier livre imprimé fut une Bible. Dès l'année 1500, la Bible latine avait été imprimée au delà d’une centaine de fois. À cette époque, le latin était compris et parlé presque partout. Avant que Luther eñt commencé sa traduction, il en existait déjà quinze en haut allemand et cinq en bas allemand.

Selon l'opinion de Sir Thomas More, on lisait la Bible en anglais avant Wiclef.

Le révérend J.-H. Blunt, un protestant, auteur d’un ouvrage sérieux et érudit, l'Histoire de la Réforme et de l'Église d'Angleterre, avoue candidement qu’ ‘il y a beaucoup de sottises et d’injustices écrites à propos du peu de connaissance de la Bible dans les âges qui ont précédé la Réforme”. La vérité est que clercs et moines en lisaient chaque jour de longs passages et que, de la sorte, ils s’en enrichissaient la mémoire; aussi faisaient-ils dans leurs prédications un usage fréquent de l’Écriture Sainte, et ceux qui, de nos jours, s’adonnent à la lecture de la Bible, s'étonnent du nombre des citaticns et des références contenues dans les sermons du moyen âge. D'’innombrables copies de la Bible furent transcrites grâce au travail étonnant des moines: on publia dès lors plusieurs gloses ou commentaires dont on admire encore la sagesse et l’onction; tous les laïques qui savaient lire étaient généralement munis du livre

des Évangiles, ou des psaumes, ou de quelque autre partie de la Bible. De fait, on se donnait beaucoup de peine pour transcrire les saintes Écri-

tures ; on mettait ses mains, son esprit et son cœur

rare me

pour exécuter ce travail qu'aujourd'hui on confie à des ouvriers et à des machines. Le clergé étudiait la parole de Dieu et la faisait connaître au peuple; les quelques laïques instruits avaient toute facilité de lire la Bible, soit en latin, soit dans leur propre langue, et cela avant la Ré-

forme.

Pour nous, catholiques, nous chérissons la parole écrite de Dieu que nous considérons comme la source de la révélation divine. Nous ne traînons pas péniblement notre esprit à la découverte de la vérité, nous la possédons pleine et entière.

Avec l'immortel Dante nous pouvons dire:

Pour trésor, nous avons les deux Testaments, L'ancien et le nouveau; Pour guide, le Pasteur de l'Église:

C’est assez pour notre salut.

Beaucoup d'hommes instruits ne croient à aucune religion

Personne n’a jamais possédé la science universelle. Un homme peut être très instruit dans une branche particulière de la science, et être complètement ignorant dans une autre,

On peut être avocat émérite et n'avoir aucune Connaissance de la médecine ou de la chirurgie. Quelqu'un peut passer Pour un grand savant et ignorer le premier mot de la religion et des éléments du petit catéchisme. Je dirai même qu’à notre époque d'éducation superficielle, un grand nombre de prétendus savants ne possèdent qu'un mince bagage de science: ce qui est fort dangereux, car la science est une force dans le monde. “Il est vrai,” dit Bacon, “qu’une connaissance imparfaite de la philosophie peut faire décliner la raison humaine vers l’athéisme; mais une étude approfondie de cette science ne peut que conduire vers la religion.” La plupart de nos modernes incrédules ne sont ni de grands philosophes, ni

de grands savants: ce sont des gens de lettres ; ils savent écrire élégamment et parler correctement, voilà tout. La vraie philosophie, aussi bien que la vraie science, conduit à Dieu.

Voici ce qu'écrit à ce sujet l'historien Becker : ttUne culture superficielle de l'esprit et un simple vernis d'instruction, au détriment des études solides, voilà les dangers qui menacent l'éducation moderne, et qui sont d'autant plus à redouter que, de nos jours, le champ des connaissances humaines est plus vaste, et qu’on exige davantage des personnes instruites. Il arrive en effet qu'’er. essayant d'embrasser tous les sujets à la fois on n’apprend rien. Le résultat final auquel aboutit ce système d'éducation superficielle, est le mépris des études supérieures et d’un idéal plus élevé, souvent c’est l'immoralité grossière et effrénée.”? Le vrai savant n’est pas du tout arrogant ni plein de lui-même; il est humble et modeste. Il se rend compte de l'exiguïité des connaissances

humaines, et il n’a pas la prétention de croire

que la science est entrée dans le monde avec lui. Vous ne rencontrerez pas un seul vrai philosophe qui se soit appuyé exclusivement sur la raison et ait rejeté la foi. L'irréligion est une brèche faite

à l'intelligence. Rejeter la foi, c’est priver la raison de son auxiliaire le plus nécessaire,

L'histoire nous apprend que les plus grands génies du monde ont été des croyants, et que les esprits orgueilleux et superficiels ont fait lamentablement naufrage sur l'écueil de l’incrédulité.

Devant nos savants incrédules qui menacent d’anéantir l'indestructible Église du Christ, nous pouvons faire défiler toute une légion de géants de l'esprit, que le monde a admirés comme de fervents chrétiens et de véritables bienfaiteurs de l'humanité, Saint Thomas, le génie le plus pro-

fond et le plus universel du moyen âge, a amplement prouvé au monde des penseurs l’accord de la raison et de la foi.

Nous pouvons être fiers, sans doute, des merveilleux résultats auxquels est parvenue la science

naturelle moderne, mais nous ne devrions jamais oublier ce mot de Tyndall : ** De l'origine et de la fin du monde naturel, la science ne connaît rien.” Notre esprit est enveloppé de ténèbres, selon l’aveu même échappé à Jules Simon : ‘*Sj nous Pénétrons plus avant dans la science, nous rencontrons un abîme ; seuls les esprits faibles

s’imaginent être capables de tout expliquer et de tout comprendre.”

Méditez cette parole de l’Esprit-Saint : “Toute sagesse vient de Dieu Notre-Seigneur.” !

1 Becli., 1. 1.

“Celui-là était vraiment le Fils de Dieu”

Il y a mille neuf cents ans, vécut en Palestine un homme appelé Jésus, qui mena une vie sans tache, enseigna une doctrine merveilleuse et opéra une multitude de miracles ; mais À l'âge de trente-trois ans il fut cloué à une croix, parce qu'il affirmait sans hésiter qu'il était la seconde Personne de la très sainte Trinité, et que, sans subir aucun

changement dans sa nature divine, il avait pris une âme et un corps humains, et était devenu le Rédempteur du monde. 11 confirma cette déclaration sous serment devant uu tribunal compétent, On l'avait mis en demeure de répondre à la ques-

tion la plus importante qui fût jamais posée sur la terre. De sa réponse dépendaient la gloire de Dieu et le salut de l'humanité,

S'il n’est Fils de Dieu que par adoption, pure amitié ou effet de la grâce, comme tout fidèle Israélite d'alors, le christianisme n’est qu’une religion humaine, Personne n’est tenu de l’embrasser. Mais s’il est vraiment Dieu comme il l’a

Ter er

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