OBJECTIONS ET RÉPONSES
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Peut-on épouser une personne divorcée ?
— Les mariages mixtes
Peu a lui-même établi sur des bases solides les fondements de la société, quand il institua et bénit le mariage. Avant le Christ, le mariage était un saint état, qui liait devant Dieu. Le divin Sauveur l'éleva à la dignité de sacrement; il rendit l’union entre l’homme et la femme irrévocable et indissoluble.
Nulle raison, quelle qu’elle soit, ne peut justifier, et aucun pouvoir, civil ou ecclésiastique, ne peut autoriser la rupture d’un mariage validement contracté entre chrétiens. C'est pourquoi
l'Église catholique, gardienne attitrée de la doc-
trine du Christ, a toujours et partout proclamé l’indissolubilité des liens sacrés du mariage. Elle n’a jamais permis et ne permettra jamais un divorce proprement dit. Elle affirme même n’en avoir pas le droit. A--order un divorce dans le sens moderne du me st, pense-t-elle, agir en opposition directe avec la loi de Dieu. ‘L'homme
ne peut séparer ce que Dieu a uni.” Les divorces, tels qu’autorisés par nos cours civiles, sont une pvre plaisanterie et n’ont absolument aucune vaieur ; ils n’annulent en rien la loi du mariage. Un homme qui a divorcé ne peut contracter un second mariage, durant la vie de son épouse ; pas plus qu’une femme ne peut, son mari vivant, épouser un autre homme. L'Église catholique, il est vrai, a déclaré certains mariages invalides ; mais ceux-là seulement qui étaient nuls et sans valeur dès leur origine. Ce n’est pas là permettre un divorce ou briser les liens du mariage ; c’est une simple déclaration officielle que telle union, par suite de raisons invalidantes, n’a jamais constitué un vrai mariage.
L'Église permet parfois, pour de graves motifs, la séparation de corps et de biens ; mais le
lien du mariage n’en existe pas moins réellement ; et aucune des parties ne peut contracter une nouvelle alliance pendant la vie de son conjoint. Il n’est pas de crime, si grave qu’il soit, de l’homme ou de la femme chrétienne, qui puisse rompre ou donner le droit de rompre le lien conjugal.
Notre divin Sauveur ne fait pas d'exception.
La prévaricatioi de la femme qui viole la foi
jurée n’est pas plus un motif de divorce que l’infidélité du mari. Cette interprétation des paroles de Notre-Seigneur est, dans l’Église, conforme au témoignage de toute l'antiquité chrétienne.
Avec une persévérance inlassable, l'Église catholique a soutenu le principe de l’indissolubilité matrimoniale. En maintenant sur ce point la loi de l'Évangile, elle a prévenu et prévient encore des misères inoufïes, des crimes sans nombre. Elle a affermi les fondements de la société, gardé la sainteté du foyer, protégé l'innocence des enfants, sauvegardé la faiblesse des femmes contre la perversité du cœur humain.
Le divorce est contraire aux lois de Dieu. Il marque le déclin de la civilisation chrétienne partout où il est toléré. Il n’était pas connu aux âges de foi et de chevalerie. Écoutons Léon XIII: Le divorce, dit-il, c’est la cause féconde des révocations du contrat de mariage, la diminution de l'affection mutuelle; c’est un pernicieux stimulant à l’infidélité, un obstacle aux soins et à l’éducation des enfants; c’est la rupture de la société domestique; c’est une semence de discorde dans les familles; c’est l’abaissement, l’avilissement de la femme; c’est le fruit de la corruption morale
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des nations. Si l’on ne passait si facilement pardessus les empêchements qui protègent le mariage et en sauvegardent la sainteté, si toutes les règles
de l'Église étaient scrupuleusement observées, rien
n’empêcherait le mariage d’être ce que le Christ voulait qu'il fût: une union sacrée destinée à procurer la sainteté et le bonheur de l’homme 2t de la femme. Toutefois il arrive, même après que toutes les précautions ont été prises, certains cas de mariages malheureux dans lesquels la permanence du lien conjugal semble insupportable. C'est alors que la victime d’une pareille union doit savoir s’incliner devant la loi générale du souverain Maître ‘‘qui fait bien toutes choses”. Que sont les maux particuliers du petit nombre en regard du mal général désastreux causé par le divorce auquel on a, ne fût-ce qu’une fois, ouvert la porte ? Si la digue était jamais rompue, les flots se précipiteraient et nulle puissance ne serait capable d'arrêter ce torrent d'iniquités. Le foyer domestique serait pientôt déserté, la famille serait ruinée, la société retournerait vite à cette même barbarie dont le Christ a brisé le joug par sa rédemption.
“Qui pourra jamais exprimer, dit Tertullien,
le bonheur d’un mariage que l'Église approuve,
que le saint sacrifice confirme, que la bénédiction nuptiale marque de son sceau, que les anges proclament et que le Père céleste ratifie !”
Qui pourra jamais exprimer le malheur d’un mariage que l'Église déteste et condamne, que le saint sacrifice de la messe ne confirme pas, que le prêtre ne bénit pas, qui se présente avec toutes ses difformités morales et ses dangers!
Tel est le mariage mixte, c'est-à-dire la malheureuse union d'une personne catholique avec une autre qui ne l'est pas!
Le mariage n'est pas une question de caprice, de sentiment, ou d'affection naturelle. C’est un des événements les plus importants dans la vie d’un homme et d’une femme : il doit être bien jugé à la lumière de la raison et de la religion. Oublier le sens religieux du mariage, c’est exposer les parties contractantes au hasard d’une vie de misère.
Les mariages mixtes sont contraires à la loi naturelle, à ia loi divine, à la loi ecclésiastique.
À la loi naturelle, parce que les enfants nés d’un tel mariage sont dans un danger extrême de se perdre en perdant la foi catholique.
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À la loi divine, puisque l'Ancien comme le Nouveau Testament les défendent. Ce sont eux qui, en causant la corruption universelle du monde, forcèrent Dieu à envoyer le déluge. Il n'était pas permis aux Israélites de prendre leurs femmes parmi les Gentils: ‘lu ne te marieras pas à elles, est-il dit dans le chapitre septième du Deutéronome, tu ne donneras pas tes filles à leurs fils, tu n’accepteras vas leurs filles pour tes fils, parce qu’elles les détourneraient de mon service.”
Même de nos jours, les Juifs considèrent ccmme détestable le mariage d’un Juif avec une chrétienne.
Les mariages mixtes sont contraires aux lois de l'Église. Un des papes les plus savants qui se soient assis sur le trône de Pierre, Benoît XIV,
déplore ‘‘qu'il y ait dans l'Église des catholiques
qui, honteusement guidés par un amour aveugle, ne détestent pas de tout leur cœur et ne fuient pas avec frayeur ces unions nuptiales que notre mère la sainte Église a, de tout temps, condamnées et interdites”. Il exhorte tous les ministres de l’Église ‘à empêcher tant qu'ils le peuvent, les fidèles de contracter ces mariages qui sont la ruine des âmes”.
L'Église, cn pareil cas, accorde parfois une dispense. Mais elle ne le fait qu'en détou. :nt sa face, et nour sauver la partie contracta. Le catholique du malheur plus grand de l’'excommunication et du sacrilège. Jamais elle n’y donne son approbation. La dispense n'est que le choix entre deux maux. Et combien de fois on ne demande cette dispense qu'après avoir fait tous les préparatifs pour le mariage.
Pas un évêque ne peut accorder cette dispense en vertu de son seul pouvoir. Ce n'est que comme délégué du Vicaire de Jésus-Christ qu’il peut permettre à un catholique de contracter une alliance
que l'Église appelle ‘illicite, pernicieuse, honteuse
et funeste”. Avant d'accorder cette dispense, elle exige comme garantie, pour préserver de la perversion la partie catholique, non seulement que celle-ci essaie par tous ses efforts de retirer son conjoint de l'erreur; mais elle exige aussi que les enfants de l’un et l’autre sexe qui naîtront de cette union, soient élevés dans la seule rel'gion catholique.
En dépit de ces conditions signées et acceptées sous serment, il n'en est pas moins vrai que des générations entières sont perdues par les mariages
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mixtes. Plus d'un protestant de bonne foi refuse de signer ces conditions; et on ne neut s'empêcher de respecter ce refus. Un plus grand nombre les acceptent, sans aucune intention de s'engager par là à les observer. Dieu seul, dès lors, peut dire les difficultés et les peines qui suivent le mariage. C'est donc un devoir, pour nous tous, d'avertir nos compatriotes de religion pro-
testante de ne point se jeter dans le malheur, en épousant des catholiques.
—Mais, dit-on, j'ai promis de l’é, ouser !
—Brisez votre promesse: on n'est pas tenu de garder la promesse de mal faire.
—N'est-il pas vrai que beaucoup de conversions sont dues aux mariages mixtes ?
—Quelques-unes, c'est vrai; mais combien peu comparées aux apostasies dues à la même cause. Dans la majorité des cas, les enfants sont perdus pour la foi.
D'ailleurs, puisque vous êtes catholiques, le fait
seul que l’Église condamne les mariages mixtes
ne suffit-il pas à vous les .aire éviter ?
L'Education chrétienne
Le tout premier principe en matière d'éducation, pour un chrétien, se trouve dans cette parole du Sauveur: “Cherchez avant tout le royaume de Dieu et sa justice: tout le reste vous sera donné par surcroît.” L'homme n'est pas créé pour cette vie seulement, comme la brute qui périt tout entière; cette vie ne lui sert que de moyen Pour atteindre sa fin; et sa fin, c'est la possession de Dieu. L'éducation, qui doit aider l’homme à parvenir à sa destinée immortelle, doit être essentiellement religieuse. La religion doit guider toutes nos actions; elledoit pénétrer notre vie quotidienne, devenir le mobile de toutes nos pensées et aspirations. Une vie sans religion, c'est un insupportable fardeau, une horreur, une effroyable malédiction.
C'est à nos temps modernes qu'était réservé l'essai d'un système d'éducation sans culture religieuse. Un siècle entier s’est essayé à paganiser
notre pays au moyen des écoles de l'État, d'où la religion est bannie.
Ces écoles sont aussi antiaméricaines qu’elles sont antichrétiennes.
Les premières écoles établies par les Puritains dans la Nouvelle-Angleterre furent fondées dans un but religieux. C'étaient des écoles paroissiales, conformes à l'esprit du gouvernement américain et de la constitution des États-Unis. C’est sur la vertu, en effet, et sur la religion que la constitution appuie la prospérité du pays et la paix publique. L'éducation religieuse est nécessaire pour former de bons citoyens; un véritable Américain la devrait désirer, ne fût-ce que pour le bien de sa patrie.
L'Église catholique désapprouve le système moderne de notre éducation d'État. Pourquoi ? Craint-elle l'éducation? Non, l'Église catholique
s’est toujours montrée l’amie, la protectrice de la vraie science et de l'éducation. Dans la plus sombre période de l’histoire, elle sauva l'Europe d’une complète ignorance et de la barbarie : elle couvrit le monde d'écoles et d'universités; ses monastères devinrent les derniers refuges de l’art et de la science. Qui a fondé Oxford et Cambridge, Wurtzbourg et Heidelberg, Prague et Vienne, Louvain et Salamanque, ces sièges du
savoir, dont ie souvenir vivra tant qu’il restera un savant sur la terre ? C'est l’Église catholique qui inspira le génie et développa les talents des Augustin, des Thomas d'Aquin, des Dante Alighieri, des Fra Angelico, des Raphaël et des Michel-Ange, des Murillo, des Palestrina, des Joseph Haydn, et de tant d’autres. Qui donc l’accusera d’être hostile à l'éducation ?
Seule l’Église catholique possède les vrais prin-
cipes d'une éducation solide ; seule elle garde la clef de tous les problèmes pédagogiques, parce que ses fondements ont été posés sur le roc inébraulable de la vérité, par le grand éducateur de l'humanité.
Instruire, ce n’est pas rendre l’homme meilleur et plus heureux. L'instruction peut le rendre pire, plus malheureux.
Mais, objectera-t-on, l'ignorance est la mère du vice!
Cette maxime n’est pas partout et toujours vraie; pas plus que l’adage: l'ignorance est un bonheur.
Il est des connaissances qui engendrent des maladies dans l'âme; tandis que les connaissances de nos devoirs envers Dieu, le prochain et
nous-mêmes nous rendent bons et sages. Notre pédagogie moderne se dresse comme un brillant palais aux riches colonnes, décoré d'inscriptions sculptées, de vitraux peints, de parquets de marqueterie; il y manque un toit et des fondations. Elle s'appuie sur les sables mouvants de la philosophie moderne; il n’y a pour la couronner ni éducation, ni moralité; elle laisse impuissant à braver les orages de l’adversité et l’ardeur de la tentation. Le programme de la formation physique et intellectuelle, —depuis les jouets et les haltères du jardin de l'enfance, jusqu’à l’athlétisme brutal et à la philosophie creuse de l’académie et du collège, —ne vise qu'à une éducation dépourvue de tout élément moral, et qui ne prépare l'enfant qu’à la vie animale et purement naturelle.
La culture morale est absolument nécessaire dans une éducation vraie. Or, la puissance de moraliser appartient à la religion. Elle seule sait contraindre l'enfant, en le plaçant sous l'œil d’un législateur et d’un juge suprême, à qui il est responsable de chacune de ses pensées, de ses paroles et de ses actions. Vous pouvez dire à l'enfant
qu'il lui faut être bon, ne pas mentir, ni blasphé-
mer, ni voler, ni se quereller, ete. Votre ‘‘il faut ” n’a aucune force pour redresser ses inclinations coupables. Savoir qu'une chose convient ou ne convient pas, ‘ela n'est pas un motif suffisant pour entraîner a volonté. Il faut une autorité pour la réprimer, pour imposer des lois au cœur humain, pour le punir quand il les a violées. Il n’y a pas d'obligation sans loi.
Nos écoles publiques sont un fiasco complet en matière d'éducation. On y perd son temps et son argent. Voici ce qu’en pensent quatre de nos éducateurs de renom. M. Morrison, professeur de Californie, écrit : “C’est un système d'éducation qui ne donne point d'éducation. ” Le général Brinkerhoff dit, de son côté: “Ce qu’il y a tout d’abord d’absolument nécessaire, c'est de transformer de fond en comble notre système d'éducation, de manière à lui donner comme but principal, au lieu de la simple culture intellectuelle, la formation des mœurs, des vertus du citoyen, et l'aptitude à gagner honnêtement la vie.” Le docteur Strong soutient ‘‘qu’une morale sans religion a juste autant de vie qu’un squelette.” Enfin le docteur Seely ajoute qu’il y a un défaut radical dans le système scolaire américain : ‘Ce
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qui manque, c'est la base et la vie de l'éducation : la religion. ”?
ttLes sciences naturelles, dit Wagner, ne peuvent servir de fondement à la véritable culture intellectuelle, ni satisfaire les aspirations supérieures de l'âme. Ceux qui y consacrent leur soin principal se rétrécissent le cœur et l'esprit, et se plongent bientôt dans un matérialisme grossier ; ils n’adorent plus que le veau d’or. Ce fétichisme,si prédominant de nos jours, et dans la science et dans la vie pratique, découle de la déification de la matière, de la recherche acharnée de la fortune et du confort. ”
Le but de notre éducation publique =st la prospérité matérielle des masses : avoir des jouissances toujours plus, des souffrances toujours moins. La mesure du bonheur, croit-on, est celle de nos jouissances. Aussi il est facile de constater partout une négligence marquée des beauxarts, des études philosophiques, classiques, historiques. Les jeunes gens courent aux profits immédiats et personnels. Ils se disent : Combien cette étude va-t-elle me payer? Une fiévreuse course à l'or rend le vrai savoir inutile.
Pourtant la prospérité matérielle d’elle-même
ne mène pas à la vertu et au bonheur. ‘La richesse est à la vertu ce que le bagage est à l’armée”, disait Bacon.
Ceux qui doivent résoudre le grand problème de notre éducation nationale ont à en répondre devant Dieu et devant leurs concitoyens. Ils sont tenus de nous donner, avec le présent système, une génération morale et craignant Dieu, des hommes et des femmes à qui puisse être confiée en toute sécurité la garde du foyer domestique et du bien public.
Or, voici que pour cette grande œuvre ils se sont mis en tête que la religion, fondement de toute moralité, doit être proscrite et mise hors la loi, aux heures fécondes où l’on élève l’enfance, pendant les plus douces et les plus belles années de la vie.
Le fonctionnement extérieur de nos écoles pu-
bliques est parfait, la méthode d'enseignement, admirable ; mais où est l'âme de l'éducation ? Les résultats obtenus sont non seulement douteux, mais positivement funestes à la République. Les pernicieux effets du système percent chaque jour. Des millions de dollars se dépensent chaque année ; des politiciens, affamés et égoiïstes déma-
gogues, en réclament à grands cris toujours davantage, pour les offrir au Moloch qui enfle l’esprit et dévore le cœur de tant d’innocentes victimes. Quand verrons-nous la fin de ce régime funeste ?
Sans poser au prophète, nous affirmons que la chute est prochaine, que la lamentable catastrophe se précipite, qu'elle va éclater. Le bon sens et l’esprit encore chrétien de notre peuple
américain ont pu rendre moins sensibles les effets
désastreux d’un système d'éducation sans cœur et sans Dieu. l’aucuns peuvent ne pas voir l'approche des désastres. Mais la sentence est écrite sur le mur: et des milliers de Daniels sont venus qui l’ont interprétée en termes identiques. Les foules ne veulent que manger, boire et jouir. Ainsi en était-il quand les eaux du déluge couvrirent la terre; q'iand les Assyriens se précipitèrent pendant la nuit sur Babylone ; quand les Goths et les Vandales balayèrent ce qui avait été le paisible empire d’Auguste ; quand la guillotine se dressa comme un spectre homicide dans la nuit, au cœur même de ce qui était alors le centre de la civilisation raffinée.
Ainsi en est-il souvent encore, quand Dieu parle par la formidable voix des tempêtes, des tremblements de terre, des cyclones, des inon- : dations et de toutes ces catastrophes qui châtient les familles et les peuples.
La perte du temps
Le temps, c’est de l’or, selon le dicton populaire. Un sage emploi du temps et un soin scrupuleux de profiter de tous les loisirs ont vite fait, d’un homme économe, le possesseur d’une belle fortune. Mais l'argent ne dure pas plus que le temps; et il n’a en lui-même aucune valeur pour l'éternité. Au contraire, il est souvent un grand obstacle. Il serait plus chrétien de dire: le temps, c’est Dieu. C'est là, en un seul mot, sa valeur.
Le temps nous impose une effroyable responsabilité, puisqu'il peut être employé pour le bien ou pour le mal. Sa perte est irréparable; nous pouvons pleurer sur le temps perdu, nous ne serons jamais capables de le faire revenir.
‘Aucune perte n’est plus dommageable, dit saint Bonaventure, que la perte du temps.” Tuer le temps, cc.nme on dit, est une folie; c’est même un péché.
Toute l'éternité dépend du moment présent. Le
passé est fini pour toujours, l’avenir est incertain;
seul le présent est à moi, et je dois l'employer pour l'éternité. Quelle vérité accablante! ‘Si le Seigneur vous parle aujourd'hui, ne fermez pas votre cœur à sa voix”. ! Aujourd’hui, dit l'Esprit- Saint, et non pas demain, car demain peut bien ne pas luire sur votre tête. Ah! que ne donnerait pas un damné pour un moment de repentir? Des millions d'années des souffrances les plus cruelles seront le prix d’une minute mal emplo:'ée.
Que de gens gaspillent un temps considérable, par exemple, en des lectures frivoles. Pour eux le journal du matin semble aussi nécessaire que le déjeuner. La meilleure heure du jour est passée à chercher des nouvelles. Des descriptions sans fin d'accidents, de divorces, d’enlèvements, de scandales domestiques, sont dévorées avec avidité. Est-ce qu’on en sait beaucoup plus long après la lecture de nos journaux sans fin? L'intelligence y a-t-elle acquis de nouvelles connaissances ? L'esprit et le cœur ne peuvent qu'être accablés par une telle quantité d'aliments disparates. Tous désirent chaque matin se mettre au courant de tous les faits divers. Deux minutes suffiraient pour cela, et l’on y passe des heures, Après les
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journaux quotidiens et hebdomadaires, un nombre incalculable de revues, de romans et feuilletons, nous prennent encore beaucoup d'un temps si précieux. De bons livres, voilà ce que nous devrions lire, et lire doucement; les bons livres sont nos meilleurs et nor plus utiles amis. Tous ces romans, au contraire, qui inondent le marché, sont désastreux; ils donnent une idée fausse de la vie et rendent les hommes malheureux. Leur idéal, c'est l'émancipation de l'enfant soustrait de bonne heure à l'autorité paternelle; c’est la richesse obtenue par un coup de fortune, ou bien des aventures extravagantes, des voyages fabuleux aux pays inconnus, des affaires d'amour sans vraisemblance et souvent sans pudeur.
De nos jours la lecture est une vraie calamité nationale. Nos bibliothèques publiques ne servent plus aux études sérieuses et à la culture de l’esprit, si ce n’est par exception. En général les jeunes gens y perdent leur temps à lire des romans.
La lecture est une espèce de folie qui s’est emparée du peuple”, remarque M. Gilman, président de l’université John-Hopkins. ‘C’est une habitude dangereuse, comme celle des stimulants. Les
éditeurs offrent sans cesse de nouvelles produc-
tions et les critiques excitent nos appétits. Sans doute, il est très agréable d’être de son époque, bien coté et au courant des dernières productions littéraires; mais pour tous il y a danger à trop lire.”
Avant de prendre un livre, faites-vous les questions suivantes: Y a-t-il profit pour moi À
lire ce livre? En deviendrai-je meilleur et plus
sage? Aurais-je lieu de me féliciter, si la mort me prenait dans la lecture de ce volume? Si vous pouvez honnêtement répondre un franc oui à ces questions, alors lisez-le ; autre:nent, mettez-le de côté; ou mieux encore peut-être, jetez-le au feu. Il n'est permis à personne, pas plus à vous qu'aux autres, de perdre son temps.
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D... nous veut en paradis — Nous ressusciterons
C'est la volonté expresse de Dieu que tous les hommes soient sauvés et possèdent son royaume. Ce n’est pas un souhait, un simple désir de la
part de Dieu, mais une volonté expresse d'ac-
complir ce dessein et de nous donner les moyens de le remplir.
Saint Paul nous dit clairement que tous les hommes sans une seule exception sont appelés à posséder le ciel et que tous nous avons les moyens d'obtenir cette fin. ‘Je vous conjure donc avant tout de faire des supplications, des: prières, des vœux et des actions de grâces pour tous les hommes. Cela est bon et agréable à Dieu notre Sauveur qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’ils viennent à la connaissance de la vérité! Car il n’y a qu'un Dieu, qu'un médiateur entre le Tont-Puissant et les hommes : Jésus- Christ fait homme”’1 Dieu est le créateur de
1 ZI Tim, U, 1-6.
tous les hommes, il est de même Sauveur de tous. Le Christ est mort pour tous sans exception.
Chaque individu reçoit la grâce suffisante pour parvenir À la connaissance de la vérité et se convertir au Seigneur,
‘Dieu ne désire pas notre perte, mais notre retour à lui par la pénitence.” Par les mérites de Jésus, tous les hommes sont purifiés du péché et deviennent dignes du ciel. ‘Il s'est constitué victime de propitiation pour nos Ipéchés, et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.” 1
L'homme se perd par sa faute et contre le volonté de son Créateur. Le Tout-Puissant lui a fait don de la liberté; dès lors il ne peut le forcer à aller au ciel. Il doit le laisser dans le
plein exercice de son libre arbitre. Tous ceux qui
suivent la voix de la conscience et profitent des mérites de notre divin Sauveur doivent espérer le ciel comm: leur future et éternelle demeure. Notre- Seigneur nous dit explicitement qu’il nous attend dans le ciel: ‘Je m'en vais vous préparer une place. Après que je m'en serai allé et que je vous aurai préparé une demeure, je reviendrai et vous
1 Jean, II, 2.
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