‹ Croire, c'est vivre [microforme]Chapitre 8 sur 15 · EME SRE MEURT D VE · texte numérisé non relu

EME SRE MEURT D VE

192 CROIRE C'EST VIVREÉE

amènerai avec moi, afin que 1à où je suis, vous y soyez aussi”! Que pouvait-il promettre de plus que cette maison de son Père céleste ? La maison paternelle n'est-elle pas, pour tout homme, la place où il se sent réellement chez lui, le plus doux endroit de la terre? Mais combien peu de temps habitons-nous ce doux chez soi! Les enfants grandissent et les nécessités de la vie les éloignent de ce toit chéri. Devenus vieux, le père et la mère disparaissent; le foyer autrefois heureux est déserté, vendu à des étrangers, et lorsque plus tard les enfants vont voir cette maison où s’écoulèrent leurs jeunes années, leur cœur est serré et la tristesse s'empare de leur âme. Ilya une demeure qui nous attend, vous et moi, demeure qui ne change pas, où les enfants de Dieu jouissent d’un bonheur et d’une paix sans fin. La beauté de cette habitation surpasse toute description : ttL'œil n’a point vu, l'oreille n’a point entendu et le cœur de l’homme n’a point conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment” Dans cette terre des bienheureux, les roses fleurissent sans épines et chaque désir du cœur est satisfait; plus de doute, plus de trou-

1 Jean, XIV, 2-8.

ble pour l'esprit. La plus grande joie des bienheureux consistera dans la vue de Dieu, dans la considération de sa beauté et dans la certitude d’être avec lui pour toujours.

Quand les chagrins et les tentations vous pressent, rappelez-vous cette demeure à venir, dont la douce possession compensera infiniment toutes les misères de la vie. ‘‘Je suis persuadé que les souffrances de la vie présente n’ont point

de proportion avec cette gloire qui sera un jour

manifestée en nous.” 1 Encore un peu et tout sera fini! Combattez vaillamment et la bataille sera gagnée, la couronne posée sur votre front. N'échangez pas le bonheur éternel pour la gloire et les jouissances trompeuses du monde. En avant! Toujours plus haut! La croix d’abord: bientôt après, le repos éternel.

Au moment même de la mort, l'âme paraît devant Dieu pour être jugée. Et ce jugement est sans appel; il décide du sort de l'âme pour toute l'éternité. Le corps, devenu froid, encombrant, est respectueusement déposé dans une fosse, pour

1 Rom., VIlIl, 18.

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être réduit en poussière, mêlé à la terre d’où il fut tiré. Mais il n’y est pas pour toujours. La terre, qui n’est après tout qu'un immense cimetière, doit rendre ses morts.

Après le bouleversement final, l’affreux silence de mort sera rompu; ce sera ‘l'heure où tous les morts entendront la voix du Fils de Dieu. Et ceux qui auront fait le bien, ressusciteront à la vraie vie, tandis que ceux. qui auront fait le mal, ressusciteront pour être jugés.” ! La trompette de l'ange du Seigneur se fera entendre par le monde entier pour annoncer le jour de la résurrection. Alors, comme nous l’apprend saint Paul, ten un moment, en un clin d'œil, au dernier son de la trompette, les morts se lèveront.”? Ils se lèveront dans chaque pays; ils se lèveront du lit des rivières et des profondeurs de l'océan, des mausolées de marbre et des humbles tombes, des champs de bataille et des caveaux des cathédrales; et tous se rendront en hâte au théâtre du jugement.

Quelle différence cependant parmi ceux qui reviennent à la vie! Les bons se lèveront avec un

corps glorieux, ne portant aucune trace de fai-

1 Jean, V, 28, 29, 2 I Cor., XV, 52.

blesse, d’infirmité ou de décrépitude; semblables au corps du Christ, brillants comme le soleil,

prompts comme la pensée, beaux au-dessus de toute expression. Les âmes des méchants, au contraire, seront forcées d'entrer dans leurs corps hideux et difformes, noirs comme la nuit, laids comme des démons, et terribles comme l'enfer.

Nous ressusciterons dans nos propres corps, non dans une substance différente de celle que nous avons eue durant notre vie. (C'est pourquoi le prophète de l'Ancien Testament dit: * Je sais que mon Rédempteur est vivant et que je ressusciterai au dernier jour. Je serai revêtu de nouveau de mon corps, et je verrai mon Dieu dans ma chair. Je le verrai; c'est bien lui que mes yeux contempleront.”’1

Comment est-il possible, demandent les infidèles, de rassembler les éléments épars et de ramasser les cendres de nos corps ? Le temps fera défaut pour cela, et d’ailleurs la nature aura réduit ces éléments à une telle condition qu'il ne restera plus aucun vestige de leur première existence ?

Je réponds que rien ne se perd, que rien n’est annihilé dans la création. 1l y a corruption ou

1 Job, XIX, 25-27.

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dépérissement, c'est-à-dire dissolution ues composés d’un objet ; mais d’annihilation jamais. Le Dieu tout-puissant qui a fait toute chose de rien, saura très bien où seront nos Corps et toutes leurs parties; il sera capable de les reconstruire, ce qui est une merveille moins grande que de les créer. L'Esprit-Saint semble répondre à toutes les objections de ceux qui doutent de la puissance divine, dans le livre d'Ézéchiel. Le prophète fut transporté en esprit dans une immense plaine toute couverte d'os innombrables et desséchés. Le Seigneur lui ordonna de commander à ces os

de se lever. Ézéchiel parla au nom de Dieu et

tout à coup un spectacle merveilleux s’offrit à son regard. Ces os commencèrent à se mouvoir avec un bruit terrible; ils vinrent tous se placer à leurs articulations: les tendons et les nerfs se formèrent; la chair et la peau s'étendirent sur eux. Et alors l'Esprit-Saint souffla dessus; ils bondirent en faisant un grand bruit et dans un instant la vaste plaine fut couverte d'êtres vivants.1 C'est, ainsi que le Tout-Puissant rappellera à la vie toutes les créatures qui ont vécu dans le cours des âges et qui seront couchées dans la mort.

1 Éz., XXXVI,

La doctrine de la résurrection des corps est une partie essentielle de la foi catholique. ‘S'il n’y a pas de résurrection des morts, alors le Christ n'est pas ressuscité; et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est sans valeur, et notre foi est vaine.” 1

La bonté de Dieu demande que le corps qui a été l'instrument fidèie de l’âme ait part à sa gloire. ‘La récompense future, dit Tertullien, est la cause de la résurrection future.”

D'un autre côté, le corps qui a servi l'âme dans l’offense faite à Dieu, en défigurant sa divine image par la souillure du péché, doit être puni. Les yeux qui se sont repus d'objets malhonnêtes,

les oreilles qui ont écouté avec plaisir des paroles

médisantes ou impies, la langue qui a abusé du nom de Dieu, les mains qui furent remplies d’iniquités, les pieds qui marchaieit dans les sentiers de l'injustice, le cœur qui a aimé les choses immondes, toutes les parties du corps qui ont été au service du péché doivent recevoir leur châtiment au jour de la rétril ation générale. Nous devons ressusciter dans nos corps, comme l’'Apôtre le déclare, ‘afin que chaque corps

1 I Cor., XV, 18, 14.

reçoive en proportion de ce qu'il a fait de bien ou de mal.” 1

Votre corps ressuscitera au dernier jour. Cette vérité doit avoir une grande influence dans l'usage que vous faites de vos sens. ‘Si vous vivez suivant les dictées de la chair, vous mourrez. Mais si, par esprit de mortification, vous châtiez la chair, vous vivrez.”? Si vous vivez suivant

les inclinations perverses de la nature, vous mourrez à la grâce et au bonheur éternel, et, au der-

nier jour, votre corps sera le compagnon de votre âme malheureuse; mais si votre âme, aidée de ka lumière et de la force d’en haut, commande à votre corps, le met sous le joug et supprime toutes ses tendances vicieuses, alors votre corps se lèvera radieux pour jouir d’un bonheur sans mélange.

1 II Cor., V, 10. 2 Rom., VIII, 18.

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