‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 10 sur 89 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Départ de Paramaribo — On passe l'Equateur — Jour de malheur — Sur un banc de sable — On l'échappe belle — Maranham — Protestation d'un Yankee — ' Courageuse assertion — Visite au Président — Nouvelles — Fausse alarme — On paye les mémoires — Un patriote — Encore en mer -^ Une prise — Le Joseph Park — Nou» velles du Bull Run — Un vilain anniversaire.

Le manque de charbon avait fait perdre un mois entier au Sumier depuis qu'il avait quitté Tembouchure de TAmazone. En outre on avait appris, à Paramaribo, que six ou sept grands steamers le poursuivaient activement, et il n'était pas probable que tous, le plus grand surtout, voulussent suivre la tactique du Keystone State; aussi le petit objet de leur vengeance devait-il aller chercher un endroit plus favorable pour se mettre en croisière.

Le 31 Août, il quitta définitivement Paramaribo et s'en alla, comme un aveugle, à huit ou neuf milles des côtes, dans la direction du Nord. Bientôt il changea sa route vers le Sud-Est dans l'intention d'éviter le courant qui, pendant sa dernière croisière, lui avait causé tant de désagréments. Il longea les côtes et chercha les eaux où le courant se faisait le moins sentir.

Le 4 Septembre, il passa heureusement l'embouchure de l'Amazone en courant sous toutes ses voiles d'avant et d'arrière ; le temps était clair et pur ; il soufflait du Sud- Est un frais vent alizé. C'était le moment le plus favorable pour naviguer à la voile : il n'y avait plus de cou-

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rant contraire et le loch donnait une vitesse de 175 milles par vingt-quatre heures. Le même jour on signala une voile étrangère ; mais le temps et le charbon étaient trop précieux, et on renonça à la tentation de lui donner la chasse. Le soir on passa TEquateur ; te Sumter dit adieu au Nord Atlantique et entra dans une nouvelle sjphère d'opérations.

Le 5 Septembre fut un jour de malheur. Le temps était lourd et nuageux , le vent soufflait de plus en plus fort et le petit vaisseau roulait lourdement sur son ancre. En virant, une secousse soudaine brisa la chaîne près de la vergue et le morceau qui restait prouva que ce n'était pas la faute du métal. Aucun pilote n'était en vue ; alors on se dirigea avec précaution vers la baie dans la direction du phare. Pendant quelque temps tout alla pour le mieux et le plus grand danger semblait passé, lorsque le navire donna tout à coup contre un banc de sable. Le choc brisa un grand morceau de la fausse quille et causa pour un moment une. terrible anxiété à bord. Le navire n'avait heureusement touché que la pointe d'un banc, et il fut délivré par la marée suivante, qui le mit hors de danger. Ce malheur inopiné fit faire beaucoup de recherches ; toutefois, l'examen le plus attentif de la position du navire sur la carte ne put éclaircir ce mystère, car la partie de la baie où le Sumter avait touché était indiquée comme un endroit sûr et sans écueils. En tout cas, il fut heureux que le navire pût s'en tirer sain et sauf ; car, une heure et demie après, la marée donnait à peine cinq pieds de profondeur, et, si l'on songe à la lourde cargaison que le Sumter avait alors à bord, on comprendra que le navire se serait trouvé dans une terrible position s'il était resté sur le banc.

Comme le sondage était encore trop irrégulier pour que l'on osât affronter plus longtemps le danger, le Sumter

jeta l'ancre et dépêcha, vers quelques barques de pêcheurs que Ton apercevait sur la côte, un canot qui revint bientôt amenant à son bord un naturel du pays qui pilota heureusement le navire jusque dans le port de Maranham. Le Sumter reçut la visite d'un officier Brésilien qui félicita chaudement le Capitaine de s'être tiré aussi heureusement de ce mauvais pas ; car les navires Brésiliens eux-mêmes ne tentent jamais ce passage sans un pilote côtier.

Le lendemain de l'arrivée du Sumter à Maranham était le jour anniversaire de l'Indépendance du Brésil. La ville prit la plus joyeuse apparence. Les vaisseaux de guerre et les vaisseaux marchands furent pavoises de drapeaux depuis le pont jusqu'à la hune, tandis que les canons de la flottille saluaient de leur tonnerre celte baie ordinairement si tranquille. Le Sumter seul demeura impassible au milieu de toutes ces démonstrations; car la nation dont il portait le pavillon n'avait pas encore été reconnue par le Gouvernement Brésilien, et il eût été très-inconvenant de sa part de se mêler en aucune façon à des réjouissances qui avaient un tel mobile. Presque tous ces bons habitants de Maranham, quoique en apparence bien disposés pour les Confédérés, étaient tellement sous la dépendance des gens officiels qui les gouvernaient qu'ils n'osèrent pas s'aventurer jusqu'à inviter les officiers du navire nouvellement arrivé à un grand bal donné par les autorités à l'occasion de cette fête.

Le Lundi 9 Septembre, le Capitaine Semmes prit ses quartiers à terre et se disposa à faire une visite officielle au Gouverneur du district. Toutefois, ce fonctionnaire prétexta une indisposition et remit au lendemain à midi l'entrevue désirée. Le Capitaine était à peine de retour dans ses appartements de l'Hôtel de Porto, qu'à son tour il reçut la visite du Capitaine Pinto , de la Marine Brésilienne et du Chef de la Police, ami intime du Gouverneur.

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La visite de ces deux messieurs avait pour but de lire au Capitaine Semmes une protestation formelle adressée au Gouvernement par le Consul des Etats-Unis. Dans cette pièce le Yankee s'opposait ce que Ton permît au Sumter de prendre dans le port soit du charbon, soit toute autre provision. Parmi plusieurs arguments de même force, ce document disait qu'aucune puissance ne permettrait l'entrée de ses ports au croiseur Confédéré. Des^ assertions semblables furent facilement réfutées et il fut convenu que cette question serait discutée à l'entrevue du lendemain. Les propres expressions du Capitaine Semmes feront peut-être mieux connaître la discussion qui eut lieu.

Mardi 11 Septembre, — J'avais été mandé pour midi chez le Gouverneur, qui m'accorda audience aussitôt. Le Chef de la Police et le Capitaine Pinto étaient présents. Je fis voir ma commission au Gouverneur et lui donnai lecture d'une partie de mes instructions pour lui montrer que les Etats Confédérés voulaient conserver les meilleures relations avec les autres puissances et ordonnaient de respecter tout particulièrement les droits et la propriété des neutres. Afin de mieux lui prouver qu'il pouvait m'approvisionner de charbon sans se départir de la neutralité, et pour contredire les fausses allégations du Consul des Etats-Unis, je lui montrai un journal de la Trinité où il était dit que la question de mon approvisionnement de charbon dans cette île avait été soumise aux juges de la Couronne et tranchée en ma faveur, etc., etc.

Le Gouverneur m'annonça que je pouvais acheter toutes les provisions dont j'avais besoin, excepté, toutefois, les munitions de guerre. Je lui démontrai ensuite que la guerre actuelle était aussi bien en faveur du Brésil qu'en notre faveur, et que, si nous succombions dans la lutte, le Brésil serait le premier pays k être envahi par les propagandistes Yankees. Ces remarques furent favorablement

accueillies, car les sympathies de ces trois messieurs étaient tout entières pour le Sud.

Le Capitaine Semmes continue à rendre compte de son séjour à terre en ces termes : —

Vent frais et ciel nuageux; oa peint le navire et on se prépare à recevoir le charbon. Nous attendons avec impatience la malle de Rio, parce que nous avons appris par un vaisseau Portugais de Pernambuco qu'une grande bataille a eu lieu, que nous avons battu Tennemi et que nous marchons sur Washington. Plût à Dieu que notre juste cause ait triomphé I Toute la \1lle discute nos affaires. Les partis sont d'opinions différentes à ce sujet. L'opposition de l'Assemblée Législative, qui est actuellement en session, est disposée à censurer le Gouvernement pour la réception qu'il nous a faite.

Mercredi 1 2 Septembre. — Temps clair avec de légers nuages. Vent alise assez frais, comme il en souffle assez ordinairement à cette époque de l'année. Les vents deviennent de plus en plus forts jusqu'en Décembre, et alors ils font peu à peu place aux pluies. Depuis le commencement de la croisière je caresse le projet de doubler le Cap San Roque et d'aller guetter le commerce de l'ennemi sur ses deux routes. Mais les vents violents et les courants rapides qui régnent actuellement s'opposent pour le moment à l'exécution de mon plan, que je suis forcé d'ajourner ; si la guerre continue, j'espère que je pourrai le reprendre dans une saison plus favorable. On m'a rapporté aujourd'hui que deux vaisseaux de guerre des Etats-Unis nous attendaient de l'autre côté de Sainte-Anne, mais ce bruit n'a d'autre source que l'imagination exaltée du peuple de la ville. J'ai eu ce soir une conversation avec le Senor Rodriguez, jurisconsulte intelligent et Président de la Chambre, sur la question de la guerre. Je le trouvai

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assez bien renseigné, si Ton considère qu'il avait reçu ses informations par la voie corrompue des journaux du Nord.

11 semblait penser que nous avions été «trop prompts» à rompre avec le Norjd ; mais je lui fis observer que nous avions été le peuple le plus patient, que nous avions souffert longtemps et que nous avions attendu jusqu'au dernier moment. Nous espérions toujours voir cesser le fanatisme qui s'était emparé du Nord. D'ailleurs, la responsabilité de la rupture de l'unité du grand ^Gouvernement Américain doit retomber tout entière sur le parti propagandiste Yankee.

Vendredi 13 Septembre. — Temps couvert avec vent très-frais soufflant de l'Est. La ville est encore occupée à discuter nos affaires. Hier, un député me demandait sérieusement s'il était vrai que le Gouverneur m'eût ordonné d'amener mon pavillon, parce qu'il n'avait pas encore été reconnu. Il me dit que l'Assemblée avait fait une interpellation au sujet de la décision que le Gouverneur avait prise à notre égard, mais que l'on avait refusé d'y répondre.

On m'annonce encore que deux navires de guerre nous attendent de l'autre côté de Sainte Anne, près du Phare.

Samedi 14 Septembre. — Ciel nuageux, vent frais; nous avons fini d'embarquer notre charbon et nos autres ' provisions, nous nous sommes engagés à payer nos factures aujourd'hui. Il m'a été impossible de négocier une traite de 2,000 dollars sur le Secrétaire de la Marine; M. T. Wetson, un de nos compatriotes de passage à Maranham, a été assez bon patriote pour m'avancer cette somme, en se confiant tout à fait à la loyauté du Gouvernement. Non-seulement il nous viril beaucoup en aide, mais encore il eût bien désiré s'embarquer avec nous, s'il eût pu avoir terminé ses affaires à temps. Le soir, à 7 h. je quittai l'Hôtel de Porto pour me rendre à bord du

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navire, qui se préparait à prendre la mer le lendemain.

Le Dimanche 15 Septembre, le Sumter reprit sa course et sortit du port sous la direction d'un pilote. M. Wetson accompagna le navire jusqu'à la pleine mer. On ne rencontra pas de vaisseaux Yankees comme on l'avait annoncé ; a]ors, après avoir remercié le pilote et fait un chaleureux adieu à M. Wetson, le Capitaine Semmes ordonna de courir vers le Nord-Est ; car il se proposait de croiser du côté des parages plus calmes qui se trouvent situés entre les vents; il avait abandonné pour le moment le projet du Cap San Roque. Alors commença une rude période d'épreuves occasionnées par les difficultés que le navire rencontra en remontant le courant pour gagner les eaux où il devait s'établir en croisière. Le courant était tellement fort que le Sum^cr était parfois jeté à cinquante milles en dehors de sa route en vingt-quatre heures de temps. Pendant que le navire voguait avec patience au milieu de tous ses ennuis, pour se rendre à la station où il espérait faire de nouvelles captures, on observa un curieux phénomène, dont voici le compte rendu d'après le journal de bord : —

Lundi 23 Septembre, — Temps clair avec de légers nuages, vent direct du .Sud-Est. Nous nous écartons de deux ou trois points. Nous avons observé, pendant les deux ou trois derniers jours, une remarquable succession de raz de marée qui revenaient toutes les douzej^eures, et une heure environ avant le passage de la lune sur le méridien. Nous avons observé cinq raz de marée qui vinrent avec tant de régularité que nous les attribuons à l'influence de la lune. Elle doit attirer les eaux dans une direction contraire à celle du courant qui coule vers l'Est avec une vitesse de deux milles à Vheure. Nous avons eu une petite mouette à bord, aujourd'hui, à une distance de cinq cents milles de la terre la plus rapprochée. Le raz de marée vient du Sud et se dirige vers le Nord; il courait sur nous

avec de grosses vagues que nous recevions par le travers et qui nous causaient un roulis si violent que nous avions détourné le bâtiment de sa route de deux ou trois points afin de reporter son influence davantage sur Tarrière. Ce roulis fut suivi de vagues tumultueuses et écumantes qui se heurtaient dans tous les sens, comme si nous avions été au milieu d'un archipel de brisants. Nous étions en effet sur des brisants, mais le fond était heureusement bien loin de nous. Nul navire n'eût pu rester en panne au milieu d'un tourbillon semblable produit par tant de vagues de directions diverses. Ces vagues nous dépassèrent après une durée de trois quarts d'heure environ, et la mer redevint comparativement calme. Nous n'avons pas observé la latitude aujourd'hui; mais, d'après notre appréciation, nous avons 5* 25' latitude N. et 49** 19' longitude 0. Courant du Nord-Est avec une vitesse de cinquantehuit milles. Les raz de marée étaient si curieux qu'à leur approche tout l'équipage et les officiers montaient sur le pont pour les observer.

Il y avait plus d'une longue semaine que la vue d'un ennemi n*avait réjoui les yeux du petit équipage du Sumter, lorsque, le 25 Septembre, le cri bienvenu : « Une voile !» se fit entendre de la hune. On lâcha de nouveau la vapeur, el#Bs couleurs des Etats-Unis du Nord se dédéployèrent à bord du croiseur Confédéré. Il y eut un court moment d'attente pendant lequel on examina attentivement l'étranger, parce que le pavillon rouge et bleu avait flotté un moment sur son pont; mais bientôt un hourra joyeux salua les Etoiles et les Rayures si connues qui s'élevèrent au-dessus du bastingage et montèrent lentement le long du mât de misaine.

La prise n'était pas de grande valeur ; c'était seulement un petit brigantin appelé le Joseph Park, de Boston ; il

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avait quitté Pernambuco depuis six jours et naviguait sur lest ; mais c'était le premier fruit de la nouvelle croisière, et ce fut avec joie que Téquipage du canot envoyé à son bord amena le drapeau ennemi et le remplaça orgueilleusement par les Etoiles et les Rayures du Sud (1). Cette opération terminée, l'équipage fut transporté à bord du Sumter, et un équipage de prise passa à bord du Joseph Park, On lui donna pour instructions de ne pas perdre de vue le Sumter et de lui signaler sur-le-champ toute voile suspecte. Les deux navires croisèrent ainsi de compagnie pendant quelques jours; le Joseph Park se tenait au vent pendant le jour et venait la nuit s'abriter sous les canons du Sumter.

Cette prise ne fut certes pas la plus mal venue , car elle nous apporta, dans un tas de journaux récents de Pernambuco, la nouvelle de la première victoire du Sud remportée à Manassas ou Bull Run, et nous fit connaître les succès que nous avions remportés dans le Missouri sur le

(1) L'auteur des « Notes » écrit dans V Index :

« L*0fflcier qui aborda le Joseph Park demanda au Capitaine s'il avait un chargement. — « Non, » — « Avez-vous des espèces? » — « Pas un dollar. » — c Alors, Capitaine , il faut que vous descendiez dans le canot et que vous veniez avec moi h bord du Sumter, » — « Que ferez-vous de moi quand je serai k votre bord? » L*0fûcier répondit que cela dépendrait entièrement des circonstances; que sMl se livrait lui-même et s'il ne cherchait à rien cacher, il ne recevrait que de bons traitements ; mais que tout dépendrait de lui. — « BÎen, » ditil; ce alors, Capitaine (il appelait ainsi Tofûcier qui l'avait abordé), j'ai en bas un millier dé dollars, et je pense qu'il vaut mieux vous les donner. » Il descendit dans la cale et Mira d'un petit trou la bourse qui contenait son or. L'Officier lui demanda pourquoi il avait caché cet argent, puisque la Sumter l'avait abordé avec le pavillon des Etats- Unis; il répondit qu'il se doutait bien avoir affaire au Sumter, et qu'il avait pris ses précautions. La scène entre l'officier et le Capitaine du Joseph Park fut comique au dernier point. Les réponses que le Yankee faisait aux questions qu'on lui adressait, son accent nasal, sa ruse, l'attitude de Tofûcier qui le regardait en face en riant, toute cette scène égaya beaucoup l'équipage du Sumter,

Général Lyons. Le pauvre Joseph ParkI II avait compté trop loin et ses vainqueurs eurent quelque plaisir, en mettant le nez dans son journal, d'y lire la note suivante écrite le lendemain de son départ de Pernambuco : « Nous avons un vaisseau de la meilleure solidité et de la plus grande vitesse ; aussi nous nous moquons bien de JefFerson Davis. » Mon infortuné prisonnier, — ajoute le Capitaine Semmes, — avait chanté victoire avant d'être sorti du bois.

Le journal continue en ces termes : —

Vendredi 27 Septembre. — C'est aujourd'hui le cinquante-deuxième anniversaire de ma naissance ; comme les années défilent l'une après l'autre! Je commence à me faire vieux. Je remercie Dieu qui me donne encore la force de servir mon pays dans la lutte glorieuse qu'il soutient pour conserver son droit de se gouverner lui-même^ pour défendre ses institutions, ses biens et toutes ces choses qu'un peuple considère comme sacrées. Jusqu'ici nous avons battu ces hordes de Vandales qui ont envahi et souillé notre sol, et nous continuerons à les battre jusqu'au dernier moment. Le Dieu juste qui est au ciel et qui voit toutes les querelles des hommes vengera le juste. Puissions-nous dans cette lutte nous montrer dignes de Lui et de notre grande cause. Ma pauvre famille est désolée. Avec quelle tendresse et quelle affection mes pensées se reportent vers elle en ce jour! Ma chère femme et mes filles, au lieu de préparer le gâteau d'usage pour célébrer cet anniversaire, pleurent mon absence et tremblent d'apprendre une catastrophe. Que Notre Père Tout-Puissant les console et les traite avec bonté ! Qu'il daigne étendre sur elles sa protection infinie 1

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