‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 23 sur 89 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Pi» de cbance — Battu par la tempête — Orages continuels — Une prise — Les Lafayelte — Une longue chasse — Le Crenshaw Neutre ou non? — Encore du gros temps — La Lauretta — Condamné — Le Baron de Custine — Relâché.

VAlabama éprouva de nouveau les rigueurs de la mauvaise fortune. Pour la seconde fois, depuis son départ de Terceire, une quinzaine de jours environ s*écoula sans amener une seule prise. On devait, en vérité, ne pas s'attendre que le merveilleux succès qui l'avait suivi pendant les trois premières semaines de sa croisière put se continuer. Du l*"^ au 18 Septembre, il avait pris et détruit dix navires d'une valeur totale de près de deux cent cinquante mille dollars. Puis survint un intervalle de quinze jours pendant lequel un seul navire fut découvert en mer, et on lui permit de continuer sa route quand on vit que c'était un navire Français. Cette triste période passée, on arriva au 3 Octobre, qui amena le commencement d'une nouvelle série de bonnes fortunes. Pendant une quinzaine environ il réussit à capturer cinq autres navires d'une grandeur considérable, qui portaient pour la plupart des chargements de valeur. Dans cette quinzaine, on causa à la propriété des Etats-Unis des dommages qui s'élevèrent à plus d'un demi-million de dollars; il était tout naturel

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qu'après un coup si splendide, la fortune ménageât pendant un instant ses faveurs. Aussi, pendant les dix à douze jours suivants, YAlabama courut TOcéan sans succès ballotté et battu par des coups de vent déchaînés tour S tour de tous les points de Thorizon avec la plus grande violence , comme nous l'avons vu dans l'ouragan dt. 16 Octobre. La saison, en effet, fut d'une rigueur des plus exceptionnelles, car le mois d'Octobre est généralemem calme et beau. Un coup de vent en cette saison est un événement extraordinaire ; mais, pendant plus d'une semaine, les orages se succédèrent de la façon la plus terrible, et pendant trois semaines entières, le temps continua à être sombre, gros et triste. Les vents étaient forts el changeants; la pluie battante et les nuages épais; le ciel s'éclaircissait rarement assez pour permettre un instant; d'observation.

Par moments, une ouverture dans sa sombre voûte promettait un chaugement qui devait amener quelque chose de meilleur ; mais une heure ou deux suffisaient pour dissiper ce commencement d'espérance. Avec ce temps contraire, YAlabama éprouva des ennuis encore plus grands ; c'ar le violent courant qui semblait s'établir continuellement dans la direction de l'Ouest , chassait par le travers le vaisseau en dehors de sa route à raison de soixante ou soixante-dix milles par jour. Pendant ce temps, le baromètre sauta de 28° 64 à 29* 70. Une chose digne de remarque, c'est que les vents paraissaient se succéder l'un à l'autre avec une singulière régularité, ils changeaient, à heure aussi fixe que possible, une fois tous les deux jours ou tous les deux jours et demi. La directior suivie par ces orages successifs fut toujours la même, e il était rare que le vent restât stationnaire sur un poin quelconque pendant huit ou dix heures de suite.

Enfin la tempête s'apaisa le 23 Octobre et la bonne for

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