‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 31 sur 89 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

de bonheur de YAlahama — Lutte de vitesse — On gagne — Uriel — Prise — Prisonniers de guerre — Argent de prise — îacore en recherche — Avaries k la machine — Un dilemme — A fièvre jaune — On abandonne YAriel — En réparation .

tétait un Dimanche! le jour heureux de VAlabama^ le r particulièrement destiné à être marqué à la craie nche dans les annales du navire. La matinée fut me; le navire avait pris sa plus paisible allure du jour Seigneur ; et rien ne pouvait faire présager ce qui al- ' suivre, si ce n'est quelques groupes isolés de marins discutaient assez vivement, tout en interrogeant Tho- )n du regard et en discutant les chances d'une riche toe avant la fin du jour.

iiissi la matinée parut-elle longue et ennuyeuse ; mais Qtôt le cri : « Une voile ! » parti du haut du mât profit une heureuse diversion. A ce cri l'agitation succède calme, tout le monde est sur le qui-vive, tout le monde ute avec anxiété la vigie qui a signalé la voile et qui imence à la distinguer d'une façon assez nette pour îl lui soit possible de donner sur son compte les dé- 8 les plus exacts et les plus minutieux. C'est un stea- •, et un grand steamer encore I Cette nouvelle est acillie avec une joie qui fait naître chez tous les plus

grandes espérances. Un brigantin gréé — un stea hélice — c'est parfait tout cela! Cette descriptio nonce exactement un steamer Californien. Encore ques minutes et il sera décidé de son sort. Depuis u mentYAlabama avait coquettement replié ses voile feux étaient largement fournis de combustible ; le p: seur fut aussitôt baissé, et la proue du bâtiment te de façon à couper la marche au vaisseau signalé, commença une chasse régulière qui fut prompte ( niâtre ; les deux steamers avaient mis toutes leurs dehors; Ténorme balancier de l'étranger se dessii mieux en mieux sur Tazur des flots qu'il battait pu ment avec ses roues ; le pont était couvert de pass on remarquait un grand nombre de dames, dont k lettes fraîches et gracieuses attiraient les regards, que voit-on briller à l'extrémité du pont et au-dcsi toutes ces tôtes? Ce sont des baïonnettes; déjà Ton çoit les hommes qui les portent ; ils sont rangés c pour une manœuvre ou pour une bataille. Plus de ( c'est un détachement d'infanterie de marine des Unis!

VAlabama se rapproche toujours de sa puissante; il marche dans un morne silence, qui est rompu p par le grincement terrible de ses six canons de ti deux; l'équipage impatient se tient derrière les sal il est tout prêt à faire feu. Au-dessus, se balance 1 canon à pivot ; tandis qu'au haut du mât de misaine le drapeau étoile et rayé, qui commande à l'étranj hisser ses couleurs.

Comme toujours la ruse fut des plus heureuses, / ment où les deux vaisseaux se croisèrent, YAlal qui passait à l'arrière du steamer étranger, s'aperçi ce dernier arborait le pavillon des Etats-Unis. A cett on ordonna de faire disparaître les couleurs Yank

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d'arborer, à leur place, le blanc pavillon de la Confédération; ensuite on tira un coup à poudre pour inviter le vaisseau poursuivi à se rendre. Se rendre semblait être, je puis le dire, la dernière idée qui pût lui venir àTesprit. En effet, il avait déjà gagné de l'avance sur le croiseur Confédéré; et, se fiant à sa vitesse bien éprouvée, il continuait sa course avec résolution sans aucun égard pour Taverlissement de YAlabama. La fumée noire et épaisse qui sortait de sa cheminée, en gros nuages, la rotation rapide de ses aubes, tout témoignait des efforts qu'il faisait pour se soustraire à la poursuite.

Cette lutte de vitesse ne pouvait durer longtemps. Depuis que le vaisseau Fédéral avait viré de hord^V Alabama avait eu le temps de se convaincre de son infériorité comme marcheur ; ainsi donc, au lieu de renouveler Tavertissement obligeant, mais inoffensif qui avait été dédaigné, on décida d'employer des arguments plus touchants, et le capitaine ordonna de tirer à boulet.

Le canon de chasse fut pointé et le navire fit une embardée pour un moment afin de permettre aux canonniers de préciser leur tir.

Un instant après VAlabama tira un second coup, et presque aussitôt on entendit une décharge d'un de ses canons de flanc. L'enthousiaste chef de cette batterie Savait pu être maître de lui ; il n'avait pu attendre qu'on eût donné l'ordre de tirer ; il reçut nécessairement une Smande officielle, et l'officier du gaillard d'arrière le il pour sa précipitation. Heureusement que cette précipitation elle-même empêcha ce coup irrégulier de faire aucun mal; mais la première décharge avait produit plus d*effet, comme on put le reconnaître a l'éclat de bois qui vola du mât de misaine du steamer ennemi. L'obus l'avait frappé en plein corps et presque coupé eu deux, après avoir rasé la cheminée. Il ne fit explosion qu'après être

tombé dans la mer ; et ce fut heureux pour le steamer, dont le pont était en ce moment couvert de monde. Dieu sait les terribles ravages qu'il y aurait produits !

Ce second avis fut écouté avec plus de déférence que le premier; les roues du vaisseau, qui marchaient si bien naguère, cessèrent aussitôt de tourner ; le grand balancier resta en équilibre à mi-vent, et le steamer se rendit à son ennemi. Une chaloupe se détacha de VAlabama et vint aborder le vaisseau capturé ; c'était bien, comme on l'avait deviné, le steamer de la malle, VArielj allant de New-York à Aspinwall. 11 avait à bord quarante soldats, qui allaient rejoindre leurs bataillons, et plusieurs officiers, tant de la marine que des armées de terre. Parmi eux se trouvait le Commandant Sartori, qui allait prendre le commandement du Sainte Mary; le reste des passagers, au nombre de cinq cents environ, se composait en grande partie de femmes et d'enfants.

VAlabama était alors embarrassé de son acquisition, et on délibéra longtemps pour savoir ce qu'il fallait en faire eu égard à son importance et aussi à son incommodité. Mais le premier soin à prendre était de s'occuper d'une chose plus pressante ; on envoya un équipage de prise à bord de VAriel, et on transféra ensuite sur VAlabamales principaux Qbjets trouvés dans levaisr seau capturé, les journaux du bord, trois grands coflres de numéraire, un canon rayé de 24, 125 carabines neuves, 16 sabres, et environ 1,000 gargousses.Les soldatset les officiers demeurèrent prisonniers sur parole; les premiers furent désarmés, et tous s'engagèrent à ne reprendre les armes contre les Confédérés que lorsqu'ils auraient été échangés régulièrement.

La tâche du Capitaine Sommes était bien loin d'être accomplie. Restait le vaisseau avec ses cinq cents passagers, femmes et enfants. Que faire de tout ce monde si

embarrassant? Brûler le navire? C'était, impossible, les flancs de YAlcAama n'auraient jamais pu contenir tous les prisonniers, quand même on les aurait empilés en tas dans la cale. Il n'y avait que deux partis à prendre, relâcher sur rançon le vaisseau capturé, ou le garder jusqu'à ce qu'on trouvât un meilleur expédient pour se tirer d'embarras. Le Capitaine Semmes se décida pour le dernier parti ; il retînt donc près'de lui le capitaine de VAriel et il ordonna à l'équipage de prise qu'il avait envoyé à son bord de marcher de conserve avec YAlabama pendant la nuit.

Après ces sages dispositions, le hardi croiseur se dirigea, par un vent favorable, vers sa station en dehors du Cap ; il cherchait encore avec anxiété le vaisseau de retour qui aurait été une proie bien autrement précieuse que celle qui était en son pouvoir. Le lendemain, dans* Vaprès-midi, on prit la précaution de désemparer VAriel; la bonnette de la chambre de la machine et celle de la aoiipape furent supprimées et envoyées à bord de V Alarma; on le mit également dans l'impossibilité de se servir de ses voiles pour le cdiS oùYAlabama serait obligé de s'éloigner un moment à la poursuite du steamer de retour.

Ce bâtiment ne parut point. On résolut donc d'envoyer ïine/ dans le port de Kingston, à la Jamaïque, pour y

(faire débarquer les passagers ; on devait ensuite ramener ^ steamer pour le brûler en pleine mer, après avoir pourvu cependant YAlabama de toutes les choses dont il manquait. Il fallut donc rendre au steamer capturé les parties de la machine qui lui avaient été enlevées la nuit précédente ; on fit ensuite voile vers la Jamaïque en suivant la route qu'avait dû prendre, selon toute vraisemblance, le steamer Californien.

Le lendemain, la matinée fut très-belle ; le croiseur

doubla rile de Navaze vers 2 h. 30 du soir, et cinq heures plus tard les deux steamers étaient en vue de la pointe Est de la Jamaïque. Vers 7 h. 1/2, VAlabama était à neuf milles environ du phare de la Pointe Morant, il commençait à marcher moins vite pour permettre à sa prise de le suivre plus facilement.

G*est alors que survint un incident très-fâcheux qui aurait pu avoir les plus graves résultats, si Tattentionet l'habileté eussent fait défaut au croiseur. Vers 8 h., la chasse fut donnée à un brick, sur lequel on tira tout d'abord à poudre. Aussitôt qu'on eut envoyé une chaloupe pour l'aborder et pour faire examiner ses papiers, le mécanicien de YAlabama monta sur le pont pour annoncer qu'il était, pour le moment, impossible de se servir de la machine par suite du relâchement subit des soupapes. Il fallait au moins vingt-quatre heures, au dire du mécanicien, pour réparer le dommage. En apprenant cette nouvelle malencontreuse, le capitaine s'empressa de regarder du côté du brick ; sa surprise et son dépit forent grands quand il le vit continuer tranquillement sa course, comme s'il n'avait pas entendu l'ordre qu'il avait reçu de mettre en panne.

La situation était critique. On ne pouvait ni faire un pas ni tirer sur le brick qui fuyait, de peur d'atteindre la chaloupe qui le poursuivait ardemment. La nuit était avancée, l'obscurité complète. Qu'adviendrait-il si la chaloupé se laissait entraîner par son ardeur et poussait trop loin la chasse? C'est pourtant ce qui devait fatalement arriver; Cdfv la chaloupe croyait toujours qu'elle serait soutenue par VAlabama aussitôt que celui-ci connaîtrait la ténacité 'du brigantin. VAriel, de son côté, pouvait avoir compris la situation du Capitaine Semmes ; il pouvait saisir celte occasion favorable pour lui montrer son gaillard d'arrière, et emporter avec lui l'équipage de prise, conime un cheval

indompté emporte le cavalier maladroit qui Ta imprudemment enfourché.

Il y eut un moment plein d'anxiété, et le Capitaine Semmes fut grandement soulagé, ainsi que tous ceux qui étaient dans le secret, lorsqu'on entendit d'assez près un bruit cadencé de rames; la chaloupe revenait après avoir gagné de vitesse le brick, qui n'avait pas pu lui échapper, par suite de l'insuffisance du vent trop léger pour lui.

On reconnut bientôt que le brick capturé avait été construit dans un des Etats Allemands , et qu'il sortait de Kingston. D'après son rapport, cette dernière ville était cruellement ravagée par la fièvre jaune : ce renseignement changea complètement les plans de YAlabama. L'intention du Capitaine Semmes avait été d'abord de débar- (juer ses nombreux prisonniers au port de Kingston ; c'était le seul moyen de s'en débarrasser, à moins qu'il ne préférât les renvoyer avec leur vaisseau; mais il ne pouvait jeter des centaines de femmes et d'enfants au milieu de ce terrible fléau qu'on nomme la fièvre jaune ; c'eût été un acte de barbarie dont le Capitaine Semmes était tout à fait incapable; a son grand regret, il fut donc obligé fle renoncer à ses projets sur Kingston ; il dut se priver également du plaisir qu'il avait espéré se donner, en faisant un feu de joie du splendide steamer qui était tombé fintre ses mains. A quelque chose malheur est bon : les passagers de YArieî, ainsi que ses propriétaires, durent à la fièvre jaune de n'être pas abandonnés sur les plages de Kingston.

Une fois qu'il fut décidé qu'on relâcherait YAriely il importait d'exécuter cette résolution le plus promptement possible. Comme nous l'avons déjà dit, si le vaisseau capturé s'apercevait de la position avariée de son vainqueur, il pouvait s'en aller tranquillement en emmenant l'équipage de prise pour se dédommager de sa détention. Le secret pou-

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vait bien être révélé d*un moment à Tautre ; c'est quoi on envoya de nouveau une chaloupe à bord c rîW, pour avertir le patron de ce navire, qui fut blement surpris de cette détermination inattendue.

Quelques petites difficultés s'élevèrent au sujet rançon à prélever ; mais des deux côtés on désirai rieurement arrêter au plus vite les termes de la tr tion. Le chiffre fut donc fixé à 261,000 dollars. — une jolie somme, en vérité, mais nullement exorb si Ton considère la valeur du vaisseau.

L'engagement une fois bien et dûment signé, et parmi les papiers de ce genre, le Capitaine Somme pira plus librement; il était satisfait de s'être heu ment tiré d'une situation aussi difficile; ce fut pc une légère compensation apportée au désappoint qu'il avait éprouvé lorsqu'il s'était vu forcé d*aban( sa prise. Les deux navires reprirent alors leurs équ respectifs, tandis que les marins, les soldats et les gers de VAriel se félicitaient hautement de la co calme, régulière, et respectueuse dé' leurs désagr hôtes. Ce fut donc après un échange de complimen les deux ennemis se séparèrent courtoisement; 1 courut vers le S.-S.-O., tandis que YAlabamaj d réparait la machine, prenait la pleine mer à quelqi tance de la Jamaïque, en s'éloignant autant que pc du passage des vaisseaux de commerce pour tout le que devaient durer ses réparations.

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CHAPIRE XXII.

ÏBCore prêt — Temps sombre — Vent du Nord — VArcas — Le deuxième jour de Noël en mer — La guerre — Le levain du Roc dePlymoutb— Sur nie abandonnée — On épisse la grande vergue ^ A la rechercbe des coquillages — Rude service — Aux fers — Bonne «HscipUne — Un phénomène — Le nouvel au — Un souvenir — Encore en mer.

L'émouvant épisode de YAriel fut suivi d'un autre tout i fait pauvre d'incidents, mais nullement dénué nid'intértt,ni d'anxiété pour les marins de VAlabama, Depuis le pointdu jour jusqu'à la nuit, les coups de marteau et le ^ aigu de la lime résonnèrent sans cesse dans la chambre de la machine ; car le mécanicien et tout son état- Dûjor travaillaient sans relâche pour réparer les avaries ^ la machine. L'ouvrage fut plus long qu'on ne l'avait ,Prtvu, et ce ne fut que dans l'après-midi du troisième i<>Qr que le dégât fut enfin réparé, et que l'on put déclarer ^''ilabama en état de reprendre en toute sûreté sa carrière de destruction.

Sur ces entrefaites on avait fait une surveillance plus active que jamais au haut des mâts. Il y avait encore quelle chance — mais bien peu, il est vrai — de rencontrer ^ son retour le steamer Californien que l'on avait attendu 5î longtemps et avec tant d'anxiété; en outre, il était plus

nécessaire que jamais de prendre garde d'être surpris par les croiseurs ennemis que Ton pouvait bien croire en force considérable quelque part dans le voisinage.

Toutefois, le Nord de la Jamaïque, où se trouvait alors VÂlabama, l'avant tourné vers la côte, avec une légère voilure pendant le jour et la grande voile de hune au mât pendant la nuit, paraissait très-peu fréquenté par les vaisseaux de tous pays, et le croiseur put continuer ses réparations sans qu'il fût besoin de les interrompre, soit pour aller en chasse, soit pour faire l'appel aux postes. D'ailleurs, un moment de repos était peut-être nécessaire après les travaux pénibles des journées précédentes. Dans tous les cas, c'était, pour le Capitaine Semmes, un grand et réel bienfait; car l'inquiétude continuelle et les coitttants appels de nuit qui le faisaient accourir sur le poot par le vent et par la pluie avaient agi d'une façon trèssérieuse sur la constitution de cet officier qui n'avait jamais été robuste ; aussi, pour le moment, était-il forcé (te garder le lit; un refroidissement subit lui avait donné une forte fièvre.

Dans la soirée du Verïdredi 1 2 Décembre, les réparations de la machine étaient terminées; eiVAlabatM se trouvait, k la nuit, à peu près en face de la petite ville de Sainte Anne. Ce soir-là, l'équipage fut exercé aux postes; et le lendemain après un nettoyage complet, le navire prit sa direction à l'ouest de la Jamaïque faisant route pour un autre rendez-vous, où il devait prendre du charbon et tous les articles dont il avait besoin .

Samedi 13 Décembre. — **** Rien en vue! et je ne veux rien voir pour le moment, si ce n'est le steamer Californien qui revient; car il est de toute nécessité que je fasse la course que j'ai en vue sans être découvert. J'aurais bien désiré toucher aux Iles Caïmans pour avoir des

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uits et des légumes à donner à Téquipage, mais je m*en DSliens pour ne pas être signalé. ****** Lundi 15 Décembre. — Fort vent alizé; le bâtiment î balance sur ses huniers : ce qui n'est pas très-agréale; car tantôt nous descendons sous le vent alizé qui lire toujours, et tantôt nous allons contre lui en faisant >rce vapeur. Mais, avec l'aide de Dieu, j'espère frapper Q coup de quelque importance et sortir sain et sauf du elfe.

Mercredi 17 Décembre. — Le vent a soufflé très- fort

endant la nuit; il était au N.-E. et parfois au N. Aujour-

*hm il souffle modérément du N.-N.-E. ; c'est probable-

lent un vent du Nord de la côte d'Amérique modifié par

a rencontre avec le vent alizé du N.-E. Les nuages pren-

lent mauvaise tournure ; ils sentent l'hiver. Nous, avons

)rislesris à la tombée de la nuit. ****** La bourrasque a

iuré toute la journée, et nous avons eu Une grosse mer,

qui a fait rouler et tanguer notre navire. Le temps est

ûuageux et sombre; le vent siffle et mugit à travers les

agrès assez fort pour donner des idées noires. Voilà

quelques-unes des consolations d'un voyage en mer, et

ÏWH18 en avons eu notre part sur VAlabama.

Jmii 18 Décembre. — La bourrasque continue ; on ne Yoit qae des nuages épais dans toutes les directions ; ils obscurcissent tellement le ciel que nous ne pouvons P^dre la hauteur du méridien. Nous avons eu un ^yon de soleil vers 12 h. 9. Lorsque le navire est ^ une position incertaine, il faut voir comme, vers ^di, le marin surveille avec ardeur et émotion les nua^ ges qui passent dans le ciel ! mais il faut voir aussi commuent ces nuages resserrent quelquefois sans pitié leurs ûïasses épaisses, juste au moment critique, pour cacher a lavigie cette face du soleil qu'il épiait au passage. Quelquefois nous avons assez de simplicité pour garder un

moment rancune à cette nature inanimée — faibles mortels que nous sommes !

La bourrasque nous a poussés tellement loin, que le vent, d'après sa direction actuelle, ne nous permettra plus longtemps de nous mettre par le travers da passage du Yucatan; aussi, à 2 h. du soir, nous virâmes vers le S.-E. Le temps est encore chargé dans l'aprèsmidi ; une pluie légère tombe par intervalles. Ce matin, Ja mer était très-mauvaise; le navire roulait si fortement qu'il me réveillait très-souvent, quoique je fusse coudié sur un cadre. L'eau sautait par-dessus les ponts, et se précipitait par torrents en bas du capot d'échelle, que nous étions obligés de tenir ouvert pour ne pas être asphyxiés.

Vendredi 19 Décembre. — La bourrasque continue avec la ténacité d'un vent du Nord. Nous en sommes au troisième jour. Ce temps n'est qu'un avant-goût de celui I auquel nous devons nous attendre, lorsque nous serons dans le Golfe du Mexique. Nous courons maintenant dans le Golfe d'Honduras, et il n'y a qu'une petite langue de terre entre les deux.

Samedi 20 Décembre. — Voilà un triste jour comme on en voit souvent; continuels changements de vent et de temps. Ce matin, le vent venait du N.-E., quelques nuages couraient dans le ciel. Le soleil était brillant, mais obscurci de temps en temps. Vers 9 h. du matin une masse de nuages commença à s'élever au Nord ; et, i 11 h. 30, nous avions un ciel terriblement surchargé, et de fortes rafales de pluie. Je me dirigeai vers le Cap Catoche et je fus grandement désappointé de ne pouvoir prendre la hauteur du méridien, surtout après les promesses que le temps nous avait faites ce matin. Vers 11 h. 30 nous aperçûmes la terre — deux îles, selon le signalement du matelot qui était au haut du màt. A 4 h-

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du soir on jeta la sonde par vingt-huit brasses. Le temps menace d'amener une bourrasque. A 6 h., nous prîmes deux ris aux huniers, et nous jetâmes la sonde par yingt-cinq brasses. J'essayerai de faire mon chemin en tournant le Cap, pour me porter peu à peu vers l'Ouest. Le fond parait net et sûr ; cependant, c'est une rude besogne de chercher en tâtonnant son chemin dans l'obscurité et dans des eaux inconnues.

Dimanche 21 Décembre, — La nuit dernière, nous avons doublé le Cap Catoche avec un plein succès, en traînant la sonde tout autour à une profondeur de vingtcinq à trente brasses; pendant toute la nuit, nous avons couru le long de la côte avec la même profondeur : notre direction était 0. et S.-O. Nous jetions la sonde toutes les heures. Le vent soufflait comme une demi-bourrasque et le temps paraissait menaçant. Ce matin, le vent tiraillait davantage vers l'est; enfin il s'apaise un peu. Le ciel a encore une apparence d'hiver, et le soleil répand une lumière lugcribre à travers un voile à moitié transparent de tristes nuages gris. A 11 h. du matin j'ai réuni l'équipage, et, à l'heure du méridien, nous avons vu passer un grand steamer qui gouvernait vers l'Est. C'était probablement un vaisseau de guerre Français venant de la Vera Cruz.

Lundi 22 Décembre. — Nous avons couru pendant la Duitdans une direction O.-S.-O. , en suivant une ligne de Codages qui donnaient très-régulièrement vingt brasses. A 9 h. du soir, nous étions à vingt milles environ des Arcas, et nous jetâmes l'ancre dans vingt brasses d'eau pour y passer la nuit.

Mardi 23 Décembre. — A 9 h. du matin j'appelai tous les bras pour lever l'ancre, et à 10 h. nous étions ^marche, gouvernant O.-S.-O. ; à l'heure du méridien, J6 reconnus que nous étions à six milles au nord des

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Arcas, et je changeai noire direction vers le S.-O. ; à 1 h. 30 du soir nous avions les îles Arcas à un demipoint de Tavant de tribord, avec une distance de douze milles ; au coucher du soleil, nous jetâmes l'ancre dans onze brasses d'eau, avec la pointe Sud des Arcas portant N.-N.-O. Dans le courant de l'après-midi, notre vaisseau à charbon, auquel j'avais donné Tordre de me rejoindre ici, était signalé par la vigie; il nous rejoignit à l'ancrage quelques minutes après que nous y étions arrivés.

Mercredi 24 Décembre. — Dans l'après-midi, nous sortîmes du havre pour examiner les entrées et l'ancrage. Les dangers sont tous visibles, et il est nécessaire de prendre uniquement garde aux récifs qui s'enfoncent sous l'eau en différents points. Il y a un récif sous-marin ver» l'ouest à partir de l'île du Nord. Mais, comme les autres, il est assez visible et il n y appoint de danger k redouter en l'approchant. Les Arcas forment trois quais bas, figurant un triangle ; celui du Nord est la plus grande île. Nous avons trouvé, dans cette dernière, une butte, un bateau tiré sur le sable, un filet et d'autres objets qui semblent nous annoncer des pécheurs ou des chasseurs de tortues ; mais comme la saison n'est pas propice pour ces sortes dé chasses, les engins avaient été vraisemblablement oubliés depuis quelque temps. Beaucoup d'oiseaux, appartenant à la famille des mouettes, étaient les seuls êtres vivants que l'on trouvait dans l'île ; on envoyait de vieux et de jeunes; quelques-uns pondaieati encore et faisaient éclore des petits. Ils ne paraissaiea'i^ pas avoir peur de mes hommes ; ils se laissaient prendre ^ la main ou assommer avec des bâtons. On trouvait del^ végétation dans la plus grande île; c'était un épais tapis de choux marins, mais il n'y avait pas un seul arbrisseau^ Dans les eaux transparentes qui recouvraient le récif sousmarin, on trouva une grande quantité de corail vif de

toute beauté. Il y en avait, ma foi, une belle petite provision. Dans la matinée, nous nous mtmes en marche et nous jetâmes l'ancre par neuf brasses sous la partie méridionale de la plus grande lie ; puis nous amarrâmes le navire avec une haussière tendue vers le Nord.

Nous entrâmes par le détroit du S.-E., qui sépare rtle du Sud de celle du Nord. La barque nous suivait ; mais elle entra par le passage du S.-O., qui sépare Ttle du Sud de rile de TOuest, et jeta l'ancre un peu au S.-E. de notre navire. L'ancrage où nous sommes est ouvert un peu au S.-E., mais ce vent ne souffle pas en cette saison ; et d'ailleurs il ne chasserait probablement pas beaucoup de mer contre VAlabama. Nous nous trouvons très-bien pour cette nuit dans ce gentil petit réduit.

Jeudi 25 Décembre, — Jour de Noël ! C'est le second îîoël depuis que nous avons quitté nos foyers sur le Sumter. L'an dernier, nous luttions contre les orages du !îord Atlantique, près des Açores ; maintenant nous sommes gentiment à l'ancre aux Arcas ; et combien d'heures pleines d'événements se sont écoulées depuis ce jour ! Notre pauvre peuple a été terriblement éprouvé par cette cruelle et impitoyable guerre ; il a supporté des privations et des souffrances qu'un immense patriotisme a pu seul lui faire accepter. 11 vivra dans l'histoire comme un peuple digne d'être libre ; et les générations futures serontétonnées de la folie et du fanatisme, de la méchanceté et du manque de principes déployés dans cette guerre par la population puritaine du Nord, et l'on peut ranger dans ' cette catégorie les neuf dixièmes de la population native des Etats du Nord, tellement le levain du « Roc de Plymouth » a corrompu toute la masse. Un peuple qui n'a pas la moindre charité Chrétienne, et dont la majorité ne ^ connaît pas Thonnêteté, ne peut qu'être abandonné à sa propre folie par un Dieu juste et bienveillant.

2!lll CROISIÈRES DU SUMTER

Notre équipage fête Noël en se rendant à terre, ce qui paraît lui faire grand plaisir. C'est, en vérité, très-agréable de se promener, même dans un espace aussi borné que les Arcas, après avoir été ballotté en mer dans un continuel état d*émotion pendant plusieurs mois consécutifs. Hier je touchai terre pour la première fois depuis mon départ de Liverpool, qui eut lieu le 8 Août dernier, et je n'étais resté qu'une semaine à Liverpool après un voyage de trois semaines. Depuis les Bahamas, en résumé, sur cinq mois je n'ai passé qu'une semaine à terre. Mes pensées, en ce tranquille jour de Noël, dans ces lies abandonnées, se tournent naturellement vers ma chère famille. Je ne puis qu'espérer et la confier à la protection de la Providence toute miséricordieuse. La seule chose qui indique ce soir à bord que c'est un jour de fête, c'est « que Ton épisse la grande vergue, » ou, en d'autres termes, que l'on fait une distribution extraordinaire de grog à « Jack. »

Vendredi 26 Décembre. — **** 11 fait beau, mais le baromètre est descendu d'un dixième de pouce aujourd'hui; il est maintenant (7 h. du soir) à 29.96. Dans vingt-quatre heures je commencerai à demander un vent du Nord. Aujourd'hui nous avons calfaté nos ponts, qui laissaient fuir, et j*ai envoyé la chaloupe pour aider à les- ' ter la barque. Je me suis promené dans les îles, et je me suis amusé à chercher des coquillages le long de la baie. On en trouve de très- jolis spécimens qui ressemblent à ceux de la côte de la Floride ; mais ils ne sont pas plus grands que la « conque commune, » qui est fort rare. Nous ne nous sommes pas gênés avec les filets à tortues trouvés dans la hutte : nous les avons tendus ; jusqu'à présent nous n'avons pris que deux ou trois de ces animaux. Je suis allé aujourd'hui dans l'Ile Sud, d'où l'on tire le lest. Cet îlot est exclusivement habité par la frégate

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au Doir plumage, tandis que Tilot du Nord parait être partagé entre le fou blanc (dont les bords inférieurs des ailes sont noirs)"et le guerrier noir; ces colons semblent vivre chacun chez eux. Les oiseaux pondent et couvent encore. Samedi 27 Décembre. — Le baromètre s'est de nouveau élevé, et le temps est toujours beau. On leste la barque ; on inspecte et on met en place le mât de hune et les agrès inférieurs; on calfate les ponts. J*ai fait une promenade dans rUe du Nord au coucher du soleil. C'est une triste récréation quand la nouveauté n*en fait plus le mérite! la marche y est très-fatigante; ajoutez à cela l'odeur et la saleté des fous qui y pullulent.

Dimanche 28- Décembre. — Le temps est nuageux ; le vent vient du N.-E. A 8 h. 30, un schooner est signalé dans la direction du N.-O. : c'est la première voile que nous ayons vue, et c'est un spectacle tout à fait inattendu à cette époque de l'année. Après que nous eûmes armé et équipé le canot, pour aborder le navire quand il mettrait en panne en vue du pont, on fut convaincu que la vigie s'était trompée, et que le navire supposé était probablement un nuage qui courait à Thorizon, car il disparut subitement.

A 11 h. du matin, je réunis l'équipage, et je fis l'inspection du navire. Voilà un jour du Seigneur bien tranquille ! Au coucher du soleil je me promenais dans l'Ile, n'ayant que les fous pour compagnons, le ressac de la ïDer pour musique et le sable pour parquet. Le temps rtclaircit à la tombée de la nuit ; il fait une brise fraîche il îf.-N.-E. Quelques-uns des hommes sont fatigués de ce service ; le premier mattre d'équipage a demandé la permission de retourner en Angleterre avec la barque. Je la lui ai naturellement refusée. Des croisières continuelles, des veilles contre les surprises de l'ennemi, des provisions J^ées et aucun des plaisirs d'un port — ces plai-

sirs si chers au cœur d'un marin — voilà probablement ce à quoi la plupart d'entre eux ne s'attendaient guère. Une bonne discipline et beaucoup de travail vont guérir ce mal du pays.

Lundi 29 Décembre. — Temps clair et beau. Au jour j'ai fait amener la barque bord à bord et commencer l'approvisionnement de charbon. Un matelot s'est enivré aujourd'hui et a pris son sac pour aller à bord de la barque dans le but de retourner en Angleterre. Je l'ai mis aux doubles fers. Plusieurs de mes gaillards croyaient sans doute qu'ils s'embarquaient sur une espèce de corsaire, où ils auraient du bon temps et de la liberté plus qu'ils n'en voudraient. Ils ont été cruellement désappointés, car je les ai tenus d'une main ferme, et j'ai maintenant un vaisseau de guerre bien discipliné. La punition est toujours à la poursuite et sur les talons du délit. J'ai passé trois ou quatre mois à leur appliquer ce régime. Mais si l'on considère que mon petit royaume se compose de cent dix des plus insouciants buveurs des cabarets de Liverpool, on avouera que je n'y ai pas mis trop de temps.

Mardi 30 Décembre. — Le ciel est toujours très-beau. Il souffle une brise modérée de TE.-S.-E. Nous achevons de faire le charbon et nous menons la barque au large dans l'après-midi. Les préparatifs de notre expédition sur les côtes de l'ennemi sont terminés ; j'aurais dû dire plutôt contre l'ennemi qui est sur nos propres côtes, car il nous bloque partout. Un brick fut signalé aujourd'Imi aU S.-E. Il s'approcha des îles en louvoyant à tribord, jus^ qu'à ce qu'il fût visible pour les matelots du pont; puî^ il vira de bord ; c'était probablement un navire Français qui revenait de la Vera Cruz, en se dirigeant de l'Est sur les bancs. J'ai fait ma promenade habituelle; à la tombée de la nuit, le ciel prit un aspect tout à fait lugubre; il s'obscurcit au-dessus de nos têtes, tandis que l'Ouest était

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encore éclairé par les rayons du soleil couchant; mais il n'y avait pas un seul nuage au firmament. Tout individu qui aurait rencontré un spectacle semblable sous une autre latitude se serait cru à la veille d'un orage; mais j'attribue ce^hénomène à la réflexion des eaux vertes du banc. Nous avons enlevé les vieux œufs des nids des fous, et leurs fécondes pondeuses nous en fournissent maintenant de tout frais. Nous ne pouvons prendre de poisson qu'à l'amorce. Nous n'avons pas un meilleur succès avec nos filets à tortues.

Mercredi 31 Décembre. — Le temps a été excellent pendant toute la journée, quoique nous ayons eu un fort ressac; ceci nou3 indique qu'il y a une bourrasque quelque part dans le voisinage, probablement vers le Nord, le long de la côte du Mexique, à l'Ouest de notre mouillage. Le vent est au N.-N.-E., il est modéré ; le baromètre a monté toute la journée , il est maintenant (4 h. du soir) l 30® 1 5' ; ainsi nous ne sentirons probablement pas la bourrasque dans ces parages.

Jeudi l«'/antrfer 1863. — Le premier jour de l'an! Qu'amènera cette nouvelle année? Le Tout -Puissant, tons ses sages desseins, cache les événements futurs aux yeux des mortels, et tout ce que nous pouvons faire est de bien remplir notre rôle. Nous confions le reste à la Providence. Le succès, en règle générale, arrive à celui qui est vigilant et actif. En ce premier jour de l'an nous devons jeter un coup d'œil en arrière pour voir comment nous avons employé Tannée qui vient de s'écouler ; nous avons reconnu les erreurs que nous avions commises, et les fautes dont nous avions été coupables, afin de pouvoir à l'avenir éviter les unes et corriger les autres.

Le vent fut assez frais pendant la nuit passée, mais nous ne sentîmes nullement la bourrasque ; aujourd'hui tout est calme et le temps est redevenu beau. On calfate et on

peint toujours. La première opération semble une interminable plaisanterie, car nous avons bien peu de calfats. Dans l'après-midi, un brick s'avança vers l'île et vint assez près de nous pour qu'il fût possible de le voir du pont. Il courait vers l'Est, et venait probablemeift de la Yera Cruz.

Vendredi, 2 Janvier, — Le vent de l'Est a été /rais tout le jour et a chassé la mer sur notre mouillage ; comme nous étions en travers du courant, le navire a été mis un peu en mouvement. On calfate, on peint, on goudronne, et on reprend les enfléchures des haubans. Nous avons commencé à condenser l'eau afin d'approvisionner la barque pour son retour en Angleterre. Il faut que je prenne la mer Jeudi ; mais je crains que nous n'ayons pas fini de calfater. L'expédition de Banks doit être réunie devant Galveston, et le temps est d'un grand prix pour nous si nous voulonsfrapper un bon coup avant que tout ne soit débarqué. Mes hommes se 'révoltent un peu. J'ai été obligé aujourd'hui d'envoyer dans la cale uu garnement qui avait été insolent.

Samedi 3 Janvier, t— Voilà aujourd'hui une bourrasque à laquelle j'espérais échapper, tant il est rare de rencontrer ici des coups de vent dans cette saison de l'année. Nous avons viré vent arrière à quarante-cinq brasses de chaque chaîne, et nous avons six brasses d'eau à l'arrière (il y en a neuf où sont les ancres); nous plongeons en poupe sur le ressac, car il n'y a qu'une distance de cent pieds entre nous et lui, ce qui me fait naturellement éprouver un peu d'inquiétude. Nous sommes exposés aux vents du S.-E., quoiqu'ils soufflent sur le banc venant de terre. Cependant l'eau est profonde et la terre éloignée; un bras de mer considérable nous sépare du rivage. J'ai donné l'ordre d'allumer les feux sous la seconde chaudière pour être prêts contre les accidents. Les Arcas sont un vilain petit ancrage pour les grands navires ; cette rade

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iverte offre seulement un bon abri contre le vent du )rd. Il y a un très-petit bassin entre les deux récifs qui iscendent de l'île du Nord, mais les tout petits navires nirraient seuls s'y tenir en sûreté contre les vents du )rd et du Sud ; partout ailleurs ils seraient plus ou moins posés au vent de l'Ouest.

Dimanche A Janvier. — Temps clair ; il fait un vent ais du S.-E. qui se dissipe dans l'après-midi. Comme His voulons partir ce soir, nous avons continué à pren- 'e nos sacs de charbon sans faire la réunion ordinaire du [manche. Je suis occupé avec les marins, comme c'est tiabitude dans de pareilles circonstances; j'envoie leur aye dans leur famille, etc. Le temps semble présager un ent du Nord ; aussi j'ai donné l'ordre au mécanicien de ODtiDuer sa vapeur pour le moment.

Lundi 5 Janvier. — Le vent n'a pas soufflé la nuit Imûère comme je m'y attendais. Ce matin il a changé mcore de direction. Je ne puis attendre plus longtemps lèvent du Nord (1) et je dois me mettre en marche. A 11 h. du matin je repris ma course et sortis du mouillage sous vapeur. J'ai fait lâcher la vapeur, lever le propolsevir et mettre le vaisseau sous voiles.

|1)Un des officiers de VAlabama a écrit dans son journal qu'en

Màoû de la proclamation de Lincoln, une pierre tumulaire, formée

^Boe planche de quatre pieds de long sur deux de large, fût envoyée

«terre et placée sur le plus haut tertre de la grande lie. Sur cette

V^ tomulaire on lisait Tinscription suivante, tracée en grosses

^^^ noires qui se détachaient sur un fond blanc : ti Ala mémoire

^ihràham Lincoln^ Président des anciens Etats-Unis, qui mourut

^We attaque d^ apoplexie négrophile, V^ Janvier 1863. — iV» 290. »

^fnn morceau de papier placé à Tabri du mauvais temps était écrit

tt Espagnol : « Prière à celui qui trouvera cette tablette d^étre assez

^ pour la faire tenir.au Consul des Etats-Unis dans le premier

9ort quHl touchera, » Cette plaisanterie fut conçue et exécutée par

es o/ficiers de la timonerie.

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