CHAPITRE XXIII
Nouvelle mission — Expédition du Général Banks — A GaWeston - Le Dimanche 41 Janvier — Une petite erreur — On se prépare an combat — VHalteras — Un combat dans l'obscurité — Vif et décisif — Soumission — Délivrance de l'équipage — Coulé — Événements imprévus ^ Hors du nid de frelons.
Contrairement à ses goûts habituels, le principal désir de VAlabama^ en partant pour sa nouvelle croisière, était d'atteindre sa destination sans rencontrer un seul vaisseau. Il était alors engagé dans une expédition d'une espèce tout à fait différente de celles qui l'avaient occupé jusqu'alors. Dans son allocution devant Terceire, lorsqu'il prit le commandement du navire, le Capitaine Semmes avait promis à ses hommes de les conduire au combat aussitôt qu'ils seraient assez bien disciplinés et assez exercés pour faire face à l'ennemi. Ce temps était venu; alors, laissant de côté pour quelque temps le rôle tout spécial qu'il s'était donné en essayant de détruire aussi rapidement que possible le commerce de l'ennemi, VAlabama se mit résolument en route à la recherche d'un combat.
La grande expédition du Général Banks, qui a été le sujet de tant de réflexions dans les Etats-Unis, et dont les journaux avaient depuis longtemps donné connaissance au croiseur Confédéré, semblait présenter la chance la
plus favorable possible pour tenter une pareille entreprise. L'expédition devait être tout naturellement accompagnée d'un ou même de plusieurs vaisseaux de guerre, mais la flotte principale semblait devoir être composée de trans* ports qui seraient encombrés par les soldats de Tennemi; et si VAlabama était victorieux dans la lutte qu*il voulait engager, ces transports constitueraient une prise d'une importance plus réelle que tout le grain et toute Thuile qu'on ait jamais vus dans la cale d'un vaisseau mar^ chand.
L'entreprise était certainement audacieuse. Courir, avec un seul sloop légèrement armé, sur une côte bloquée au Nord et au Sud par des centaines de vaisseaux de guerre et dans l'intention bien arrêtée d'y rencontrer une escadre qui, selon toute probabilité, était quatre ou cinq fois plus forte que notre navire, c'était pour l'équipage un acte d'une hardiesse presque naturelle, et cette expédition était en parfaite harmonie avec le reste de la carrière de VAlcUfama. La suite montrera tous les dangers de cette ^treprise et fera voir en même temps combien étaient sans fondement les lâches imputations lancées contrôle courage et la vaillance de l'équipage par les infâmes organes de la presse du Nord. Les qualités ouïes dispositions guerrières du croiseur Confédéré ne pourraient plus être mises en question après une' preuve aussi con^ duante.
Pendant cinq jours, YAlabama continua avec résolution sa course vers Galveston, oiï il pensait rencontrer la flotte qu'il cherchait. Enfin, le Dimanche 1 1 Janvier, •— son plus beau jour! — le moment si ardemment désiré arriva.
A midi — écrit le Capitaine Sommes— nous étions juste à trente milles de Galveston, et je m'arrêtai avec Tinten'^
tion ou de conserver seulement les vaisseaux en vue à une grande distance, sans me laisser voir moi-même, ou de jeter Tancre hors de vue jusqu'au lever de la lune, ce qui devait avoir lieu vers onze heures et demie, pour courir alors sus à Tennemi et me jeter, comme je l'espérais, sur <c Texpédition de Banks. » Grâce cependant à une petite négligence de la vigie, nous nous laissâmes tellement approcher, sans les voir, des vaisseaux alors à Tancre au large de la barre, que nous fûmes découverts avant que nous ayons pu virer de bord; car nous avions immédiatement repris le large, dans respérance d'échapper à la vigilance de l'ennemi.
Nous avions trouvé trois vaisseaux qui avaient mis en panne à quelque distance de la barre — l'un d'eux avait de forts espars, et notre vigie le prit pour une frégate à voiles ; mais nous avons appris depuis que c'était le steamer Brooklyn, cette vieille connaissance qui nous avait donné la chasse lorsque nous étions sur le Sumter. Les deux autres étaient des steamers que l'on supposa être des vaisseaux à hélice. Quelques minutes après, on reconnut que l'un des steamers faisait de la vapeur; et, une heure et demie plus tard, on cria qu'il se mettait en mouvement pour courir sur nous.
J'abaissai le propulseur et j'ordonnai que l'on préparât de la vapeur en attendant l'approche de l'ennemi qui s'avança très-lentement; il paraissait faire une reconnais-^ sance de notre navire tout en marchant avec grande précaution.
Pendant tout ce temps, nous nous tenions loin de 1^ barre, sous les voiles de hune ; l'étranger s'avançait ver^ nous, poupe en avant. Je faisais parfois mouvoir très-peU mon navire à l'aide de la machine, soit pour attirer l'en ' nemi — car naturellement je supposais qu'il était Amé^ ricain — et pour l'entraîner loin des deux autres, afin
ju'en cas de combat ceux-là ne pussent pas entendre lotre canonnade, soit pour user le temps jusqu'à la nuit îoire, afin de pouvoir alors serrer les hunes et me rouver sur lui en si peu de temps qu'il lui serait imposable de remarquer ma manœuvre ou de prendre la fuite ; ar je craignais qu'il n'essayât d'échapper, s'il me voyait ourner sur lui dans l'intention de le poursuivre.
L'ennemi s'approcha de si près de nous que nous n'arions pas à craindre de le perdre de vue ; et, aux prenières ténèbres de la nuit, je mis le point de voile, ferlai nés hunes, et fis battre le branle-bas, en retournant subitement sur mes pas dans la direction de l'étranger. Il avançait tout à fait sans défiance, et lorsqu'il fut à portée de la voix, il nous héla en ces termes : — « — Oh ! du navire?
€ — Le Pc^rc/, vaisseau deSaMajesté Britannique. Oh! du navire? »
Mais i) ne fit aucune réponse à cette demande, et, quoique nous la répétâmes plusieurs fois, il n'y répondit jamais.
Pendant ce colloque, je m'efforçais de me placer en enfilade par l'arrière de l'étranger ; mais il prit bien soin de ûe pas me laisser faire, et me présenta sa bordée. Cette manœuvre me fit assez comprendre que c'étaÉ un en- Demi; alors, m'approchent à deux cents yards environ, [ordonnai au Premier Lieutenant de répéter la question : * Ohl du navire? » Et cette fois il répondit.
Nous entendîmes parfaitement qu'il était une chose Çielconque des Etats-Unis, mais nous ne pûmes distinguer son nom. J'ordonnai alors au Premier Lieutenant de l'ii dire que nous étions le steamer des Etats Confédérés 14/«6ama, et je fis ouvrir immédiatement le feu par notre "^tterie de tribord. Il répondit une minute ou deux après, et c'est ainsi que l'action fut engagée.
25& CROISlàRCS DU SUKTER
Nous continuâmes à courir bord à bord à une distance qui variait de deux cents à cinq cents yards, en faisant tous les deux un feu bien nourri d'artillerie et de mousqueterie. Enfin, après treize minutes, Tennemi tira ses deux canons de Tavant ou de tribord, et fit voir une lumière au-dessus de son pont pour indiquer qu'il était percé.
Nous cessâmes aussitôt le feu et nous nous approchâmes encore plus près de lui pour lui demander s'il se rendait et s'il avait besoin de secours. Â ces deux questions, il répondit affirmativement; et immédiatement nous lui envoyâmes nos embarcations d'arrière, qui, avec les quatre autres qu'il portait, furent activement employées à transporter son équipage à notre bord. Cette opération ne firt terminée qu'au moment où le bâtiment coulait (1).
(1) Consulat des Etats-Unis.
Kingston, Jamaïque,
21 Janvier 1S63.
MoMSiEim, — Cest an triste devoir pour moi d'informer le Département de la Marine de la destruction du steamer des Etats-Unis YBalr teras, qui était sous mon commandement ; il a été coulé bas par ie steamer rebelle VAlahamay dans la nuit du 11 courant, au large des côtes du Texas. Voici les causes de ce désastre : —
Dans Taprès-midi du il courant, à 2 h. 30 du soir, tandis qae j'étais à Tancre, avec la flotte du Commodore Bell, devant Galveston, Texas, je reçus par signaux, du vaisseau des Etats-Unis le Brooklyt^i Tordre de donner la chasse k un navire qui était au. sud -est. Je levai immédiatement l'ancre, et je courus k toute vitesse dans la directioD indiquée. Quelques instants après, on put apercevoir le vaisseau étranger du pont de VHatteras^ et on acquit la certitude que c'était an steamer. Je communiquai ce renseignement au vaisseau-pavilloB par signaux. Je continuai la chasse et je gagnai bientôt du terrain sur ift vaisseau suspect. Connaissant le peu de rapidité de VHulteras^ je pensai de suite qu'on usait de subterfuge, et j'ordonnai que le vaisseau fût préparé pour l'action et que tout fût disposé pour une attaqua déterminée et pour une défense vigoureuse.
Lorsque je fusk quatre milles environ du navire, je remarquai qu'il
ET DE l'âlabama. 255
Cette prise était la chaloupe canonnière des Etats-Unis HatteraSy Lieutenant Commandant H. C. Blake. Cet of-
ait cessé de faire vapeur et qu'il était sur sa bordée, en nous attennt. U était près de sept heures et la nuit était complète; mais, malé Tobseurité, je compris^ d'après le caractère général du navire et iprès ses manœuvres, que j'aurais bientôt à combattre le steamer belle ÏAlabama, Ne pouvant me servir que de quatre canons par aque côté de VHatteras — deux petits de 32, un canon rayé Parrot 30, et un canon rayé de 20 — je résolus de m'iipproctier de Tétranr, afin que mes canons pussent se trouver k portée s'ils devenaient iCfiSfiaires.
J*arrivai k portée de la voix — à soixante-quinze yards environ —
Je fis demander: « Quel steamer? • On me répondit : « Navire de
I Majesté Britannique le PetreL » Je dis alors que je voulais envoyer
a bateau à son bord, et immédiatement je donnai Tordre de le faire.
lor ces entrefaites, les vaisseaux avaient changé de position; Tétran-
ger cherchait à se poster de manière à faire un feu d'entilade. Presque
Rfifâtôt que le coup de sifflet eut ordonné au canot de partir, le bâti-
nent étranger nous cria cette fois : « Nous sommes le steamer confé-
ttré VAlabama, » et cette déclaration fut accompagnée d'une bordée.
Aa même Instant, je fis répondre à sou feu. Ne connaissant que trop
In endroits vulnérables de VHatteras^ j'espérais, en engageant ie
tondttt avec VAlàbama^ pouvoir le prendre k l'abordage et débarrasser
ainsi la mer de cette embarcation de pirates. Je fis de suite vapeur
mVAlabama, mais, grâce k la grande rapidité de l'ennemi et k la
tfmnté de la carène de VHalterasy défaut qui naturellement raien-
teiit notre marche, il lui fut facile de déjouer ma tentative et de
s^éehapper lorsque j'arrivai k trente yards seulement de lui. Â cette
ittuiee, nous échangeâmes des coups de fusil et des coups de pis-
Met Le feu continuait avec une grande vigueur des deux côtés.
bfia,'un obus entra par le travei-s du navire dans la cale, où il mit
Isfen; el, au même instant, pour ne pas dire a la fois, un second obus
VNa par la première ouverture; il fit explosion dans une chamhre
^f^ en y mettant également le feu; un autre entra dans le cylindre,
^ remplissant de vapeur la chambre de la machine et le pont. Il lui
M alors impossible de manœuvrer le navire ou de faire travailler les
Npes, qui seules pouvaient éteindre le feu.
Avec un navire incendié en deux endroits, loin de tout secours hu- M, en face d'un naufrage sans espoir, le balancier enlevé par un cup de feu et la niachitie rendue inutile, je continuai cependant un fn très-vif daiiS le double espoir do désemparer VAlabanui et d'attirer ^attention de la flotte de Galveston, qui était seulement éloignée de %t-huit milles. On me rapporta bientôt que les obus avaient pénétré k la ligue de
256 CHOISIÈRES DU SUMTER
ficier vint à bord après que son équipage y eut été traas porté, et il me remit son épée; je lui dis alors : —
flottaison, en déchirant des fouilles entières de fer, el que les flotî précipitaient dans le navire; il iHait coiiiplétcmi'nt inutile d*essayeT porter r«^mède au mal, carie navire s'enfonçait rapidem^^nt. En ap] nant cette triste vérité et en remarquant que VÂlabama était sur avant de bâbord, complètement en dehors de la portée de nos caii et tout prêt sans doute à faire un feu dVnfiîadc sur mon poui sentis que je n'avais pas le droit de sacrifier inutilement et sans sultat aucun la vie de tous ceux qui étaient sous mon commanden
Pour cmiiôcher que le feu ne fît sauter YHatteran^ car Tince faisait beaucoup de progrès partout, j'ordonnui que la soute aux dres fut inondée. Puis on tira un coup de canon sous le vent L' bama demanda si nous désirions de Taide , et nous répondîmes ; mativement.
VHatteras s'enfonçait; pour sauver la vie de mes officiers < mes hommes, j'ordonnai que l'armement de bâbord fût jeté par-d< bord. Si je n'avais pas agi ainsi, je suis sûr que le navire aurait < en engloutissant bien des braves cœurs et bien des existences cieuses. Après un retard considérable, causé par la nouvelle <] steamer accourait de Galveston, VAlabama nous envoya enfla di cours, et j*ai le plaisir d'informer le Département de la Marine tous les hommes vivants furent transportés sains et saufs de YHaU sur VAlabama.
Deux minutes après que nous avions quitté son pont, VHatt coula, l'avant le premier, avec sa flamme à la tête du màt, avec ses mousquets et ses munitions de toute sorte ; l'ennemi ne put, g k la rapidité du désastre, nous enlever une seule arme.
La batterie dont VAlabatna se servit contre VHatteras comi neuf canons, savoir : six longs de 32, un de 100, un de 68, el canon rayé de 24. La grande supériorité que VAlabama avait nous avec sa puissante batterie et ses machines au-dessous de la 1 de flottaison, n'échappera pas au Département, qui connaît la c( truction de VHatteras, et sait parfaitement qu'il était incapabh combattre un vaisseau de guerre construit en règle.
La distance qui séparait VHatteras de VAlabama pendant l'ac varia de vingt-cinq à cent yards. Près de cinquante coups furent i de VHatteras y et je présume que VAlabama eu tira davantage.
Je désire signaler la façon efficace et active avec laquelle le S Officier Porter, Capitaine d'armes, a rempli son devoir. La corn de l'Aide Chirurgien Edward S. Matthews, qui, pendant et après! tion, a donné tous ses soins aux blessés, mérite mon entière ret mandation. Je veux aussi appeler l'attention du Département si second Maître de branle-bas, M. Gratb, qui remplissait temporairei
ET DE l'alabama. 257
« Je suis charmé de vous voir à bord de YÀlabama^ et nous nous efforcerons de vous faire passer votre temps aussi agréablement que possible. »
Voici l'armement de VHatteras :
Canons de 32 4
Canons de 30 rayés 2
Canon de 20 d° 1
Canon de 12 Howitzer • 1
Total 8
s fonctions de canonnier. L'obscuiité de la nuit et la coustruction irticulière de YBatteras sont cause que je puis parler seulement de conduite de ces officiers, qui attirèrent mon attention toute spéciale ; lis, d*après le caractère de la lutte et le nombre dés avaries causées TAlahama, je n*ai personnellement aucune raison de croire qu'aucun [ficier ait manqué à son devoir.
le ne puis trop louer les matelots de VHatteras. Leur enthousiasme t leur bravoure étaient dignes d'un meilleur sort.
Je joins ici le rapport de rAide-Chirurgien E.-S. Matthcws, et vous f verrez que nous avons eu cinq hommes blesses et deux tués. Ceux VU mauquaicut, il faut Tespérer, ont pu rejoindre la flotte de Gaiveston.
)e communiquerai au Département, dans un rapport séparé, mes mavements et mes commandements depuis Tépoquc de notre transfoitsar YAlabama jusqu'au jour où la prochaine malle partira d'ici Knr les Etats-Unis.
Je suis très-respectueusement votre obéissant serviteur,
H.-C. Blake,
A l'Honorable Gideon Welles, Secrétaire de la ftfariue, Washington.
Lieutenant-Commandant.
Surplus amples renseignements sur ce combat, voir, ^joarnal de l'un des plus jeunes ofûciei's de VAlaham
. k l'Appendice, Alabama»
L'armement de VAlabama était ainsi composé : —
Canons de 32 6
Canon de 100 rayé 1
Canon de 24 d» • . • . . 1
Obusier de 8 pouces 1
Total 9
Il y avait une grande inégalité en notre faveur dans le poids du métal ; mais cet avantage fut grandement compensé par le loyal combat que nous offrions à rennemiei nous approchant si près de lui, que ses petits canoiK étaient presque aussi puissants que des plus grands.
Le tonnage de VHatteras était de onze cents tonnes; 8(K matériel, son fer et ses compartiments étaient imperméables à Teau; il était âgé de dix-huit mois. Son équipage comptait cent huit hommes et dix-huit officiers ; le nôtre était de cent onze hommes et vingt-six officiers.
Les accidents furent peu importants des deux côtés :J bord de l'ennemi, il manquait deux hommes (chauffeurs), qui probablement furent tués dans la chambre des chaudières; il y avait aussi trois blessés, l'un grièvement, et 1» deux autres îégèrement. A notre bord, nous avions seule ment deux hommes légèrement blessés.
Une heure après l'action, et tandis que je m'éloigna* sous vapeur, on me rapporta qu'un bateau monté par t sous-officier et cinq hommes, qui • étaient descendus c VHatteras avant que nous n'eussions ouvert le feu sur V pour aborder le steamer de Sa Majesté Britannique Pétrel, avait disparu et pris la fuite. Comme la mé était calme, et comme le vent soufflait doucement vers rivage, éloigné de neuf milles seulement, ce bâtiment a teignit problablement la rive en cinq ou six heures. L nuit fut claire et étoilée, et il ne lui fut sans doute pas di
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de trouver sa route ; sans cela, je serais revenu en arrière pour me mettre à sa recherche; mais je n'aurais guère espéré les rencontrer ni les apercevoir pendant la nuit. Le temps resta calme, et le vent souffla vers la terre pendant toute la nuit.
J'ai reconnu que Galveston avait été repris par nos soldats, et que le Brooklyn^ ainsi que quatre sloops à vapeur de l'ennemi, s'était éloigné du port en attendant un renfort de trois autres vaisseaux de la Nouvelle-Orléans pour canonner la place. Ainsi il n'y eut pas « d'expédition de fianks, »et ses transports pesamment chargés'de troupes ne purent nous attaquer. Sans la négligence de notre vigie, nous serions entrés pourtant dans ce nid de frelons !