‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 35 sur 89 · AFFAIRE OU GOLDEN EAGLE · texte numérisé non relu

AFFAIRE OU GOLDEN EAGLE

Vaisseau sous couleurs et avec registre des Etats-Unis. Il •Bail de San Francisco à Cork, vid Ile d'Howland, avec un largement de guano pour la société Américaine de guano, largement consigné à « ordres. » En conséquence, il n'est pas question de la propriété.

Vaisseau et cargaison condamnés.

Dans la matinée du 23 Février, quatre bâtiments furent signalés en vue ; mais lorsqu'on les héla, tous prouvèrent qu'ils étaient sous la protection de pavillons neutres. Toutefois l'un d'eux, un navire Français, allant de Buenos- Ayres au Havre, délivra VAlabama de deux prisonniers Français, un artiste et son fils, qui avaient été pris à bord de l'une des dernières prises. Un des autres navires — 1q Prince de Galles , allant de Melbourne en Angleterre, abaissa son pavillon devant les couleurs Yankees déployées par TA/flôama; mais celui-ci ne voulut pas prendre pour lui un compliment destiné à un autre; il descendit les Etoiles et les Rayures et hissa ses propres couleurs. A peine ce changement de couleurs était-il terminé que l'on remarqua un grand tumulte à bord du navire Anglais; passagers et matelots se précipitaient sur le pont pour voir le fameux navire Confédéré. Le salut qui avait été adressé au premier drapeau fut renouvelé avec une réelle bonne grâce et accompagné des démonstrations les plus vives de tous ceux qui étaient à bord; les hommes poussaient des hourras, et les dames agitaient leurs mouchoirs en l'honneur du brave petit croiseur dont ils avaient tant entendu parler.

Le lendemain, VAlabama était dans le voisinage de la traversée de la 30© parallèle par le San Roque et les navires des Etats-Unis en destination des Indes; les voiles furent raccouicies, et la vigie redoubla d'attention, mais, jusqu'au coucher du soleil, on ne vit rien en mer; enfin on cria : « Une voile ! » et le croiseur Confédéré, en s'approchant de l'étranger, déploya les couleurs Yankees, mais on lui répondit avec le drapeau tricolore. A 9 h. 30 du soir, un autre navire fut signalé en vue, mais il n'y eut pas encore de prise, quoiqu'il fût nécessaire de tirer deux gargousses, de chasser pendant trois quarts d'heure et de crier longtemps, en Anglais et en Français, pour forcer le

lavire à mettre en panne. Lorsque, enfin, le capitaine narchand obéit au commandement, on vit que le brick Stait Portugais ; il allait de Pernambuco à Lisbonne. L*ofîder envoyé pour héler Tétranger trouva tout à son Mrd dans la plus étrange confusion. L*équipage était si ilarmé que ni le patron, ni les maîtres, ni les matelots l'avaient Tair de savoir ce qu'ils faisaient. Leur terreur iiaii en effet si grande que, lorsqu'on leur demanda Tex- )lication de leur singulière conduite, ils répondirent qu'ils avaient été trop effrayés pour mettre en panne!

Le 25 Février fut un jour bien pauvre ; deux vaisseaux seulement se montrèrent en vue, Tun était Hollandais et L'autre Anglais. Le patron du dernier demanda de sangbroid à VAlabama s'il voulait bien emmener en Angleterre un matelot Anglais renvoyé ! Le lendemain matin, un autre patron d'un navire Anglais nous fit encore une demande semblable. — Tous les deux, naturellement, reçurent unbeau refus. Le 26, treize voiles au moins furent signalées parla vigie de TAZa^ama^ mais aucune nedéploya le drapeau Yankee. La seule émotion du jour fut occanonnée par une obstinée petite barque Hambourgeoise qui refusa de montrer ses couleurs tant que le croiseur Confédéré ne fut pas, pour ainsi dire, sur elle ; et même riors il fut encore nécessaire de tirer un coup à poudre pour l'amener.

Après avoir rencontré tous ces vaisseaux neutres, l'Al(A(ima tomba enfin sur une prise. Dans la matinée du Î7 Février, il- captura le navire de$ Etats-Unis le Washington; ce bâtiment était la propriété de l'ennemi; mais comme il portait une cargaison de guano des îles Cbincbas, cargaison inscrite au compte du Gouvernement Péruvien et consignée à ses agents à Anvers, il fut relâché contre une rançon de 50,000 dollars. Lorsque les prisonniers qui étaient à bord de VAlabama eurent été trans-

férés à bord du Washingtorif les deux navires se séparèrent, et celui des Etats-Unis reprit sa route en se réjouissant de ce que la cargaison neutre qu*il portait Tavait sauvé du feu. Deux jours après on fit une autre prise. Le !•' Mars, en effet, on atteignit le Bethia rAaiyer^deRockland, Maine; mais, comme le Washington^ il avait i bord du guano, propriété du Gouvernement Péruvien, et il fut relâché sur une caution de 50,000 dollars.

Quelques instants après on signala une barque suspecte qui portait le drapeau Anglais au sommet du mât. VAla* hama mit aussitôt tous ses points de voilure, tandis que l'étranger faisait la même manœuvre, et les deux bâtiment se précipitèrent ensemble sous un vent frais du S.-O. Cette poursuite fut très-animée : elle dura sept heures; enfin YAlabnma s'approcha peu à peu de l'embarcation suspecte, età Zi h. 30 du soir il put la héler. Le navire Confédéré hissa le drapeau des Etats-Unis et s'annonça sous un faux nom. La barque répondit qu'elle était le William Edward^ venant de Bahia, en destination de Liverpool. Après plusieurs autres communications qui convainquirent YAlahama que la barque était Anglaise, le croiseur déclara son véritable nom et permit au Willi^^^ Edward de continuer sa route. A la tombée de la nuit, on donna la chasse à un autre bâtiment, qui fut bientôt amené; mais c'était encore un navire Anglais, le iVî/, venant de Akyab et allant à Londres. Son patron informa l'officier d'abordage qu'un vaisseau de guerre des Etats- Unis, probablement l'/no, était dans le Sud Atlantique i la recherche de VAlahama!

Le 2 Mars, au point du jour, on aperçut, à travers une atmosphère brumeuse, une voile qui gouvernait lentenaent sur le croiseur. Le Confédéré attendit patiemment, car un léger vent du Sud amenait l'étranger vers lui ; sa patience fut récompensée; à 6 h. du matin l'officier d'à-

>ordage prenait possession du vaisseau le John S. Parks^ e Hallowall, Maine. Le patron, sa femme et Téqui- •age furent transportés sur le croiseur, ainsi que dierses munitions et plusieurs provisions : puis, après que î Capitaine Sommes eût soigneusement examiné les pa- •iers de la prise, on livra aux flammes cet infortuné nuléro trente-cinq de la liste fatale de YAlabama. Quant à i cargaison du John S. Parks, on essaya d'en justier la neutralité; aussi, comme les extraits suivants le lontreront, le Capitaine Semmes établit à ce sujet la plus liautieuse enquête : —

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