‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 38 sur 89 · AFFAIRE DE LA NORA · texte numérisé non relu

AFFAIRE DE LA NORA

Vaisseau sous pavillon des Etats-Unis, chargé de sel, frété en partie par W. N. de Matlos, de Londres, pour aller à Calcutta, l^ns le bulletin de chargement la cargaison est consignée « à wdre, » et au dos du bulletin on lit cette inscription : —

• Je certifie par les présentes que le sel expédié à bord de la Nora

• est la propriété de W. N. de Mattos, de Londres; que ledit W. N.

• de Mattos est sujet Anglais, et qu'il Tétait k Tépoque du charge- < ment.

« (Signé) ' H. E. Falk,

« Agent de W. N. de Mattos. »

Au-dessous de la signature on lit : a R. C. Gardner, Maire,» ce qui est sensé représenter la signature du Maire de Liverpool. Comme celte déclaration n'est pas sous serment, et comme il n'y a pas de sceau sur l'acte, ce document n'est même pas un affidavit ex parte. Navire et chargement condamnés.

On enleva quelques provisions importantes aux deux navires et les prisonniers (entre autres une femme), furent transférés sur VAlabama; on mit le feu aux prise? le soir du jour qui suivit leur capture. Souvent, lorsqu'on abordait des prises, les marins arrivaient d'une façon ou d'une autre à découvrir leurs liqueurs fortes ; aussi nous avons eu ce soir beaucoup d'hommes ivres k bord de VAlabama. Malheureusement les coupables n'étaient que trop souvent les meilleurs matelots du navire. On pouvait leur confier tout ce que l'on voulait, excepté du rhum ou du whisky, car ils ne pouvaient résister à une tentation de cette sorte; le service de l'abordage ne leur offrait que trop souvent l'occasion de satisfaire leurs vrais goûts de marin. Cependant, si les prises pouvaient tirer quelque vengeance, en créant ainsi un désordre momentané parmi leurs vainqueurs, elles nous dédommagèrent amplement, ce jour-li, en venant accroître d'une demi-douzaine de matelots l'équipage de VAlabama qui était plus qu'au complet, quoiqu'il eût renvoyé déjà des hommes dans leur pays.

L'extrait suivant d'une lettre trouvée à bord du Charles Bill peut jeter quelques lumières sur les prétentions de ce vaisseau, qui réclamait la protection de la neutralité:—

Au Capitaine F. Percivai..

Cher Monsikur, — J*ai lu vos lettres datées de Philadelphie- Comme un corsaire a brûlé plusieurs vaisseaux Américains, il serait

ET DE l'âlâbâma. 285

boD que votre cbargcment fût inscrit sur le bulletin comme étant propriété Anglaise et que votre cargaison fût certifiée par le Consul ÂDglais, etc.

Après avoir traversé l'Equateur pendant la nuit du 29 au 30 Mars, VAlabama éprouva une série de temps cal* mes et humides. Un jour, il chassa un vaisseau par un brouillard si épais, qu'à une distance de un ou deux milles il le perdit plusieurs fois de vue pendant une heure entière. Il faisait encore ce temps brumeux et désagréable, lorsque dans la nuit du 4 Avril nous rencontrâmes un navire des Etats-Unis, la Louisa Hatch^ abondamment chargé de l'article qui était de la plus grande valeur pour '^klahama — le charbon. Un examen de ses papiers amena le résultat suivant : —

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