CHAPITRE I
La question se décide ~ Point d'attaque imprévu — Le Capitaine Semmes — Instructions du Président — Création d'une marine — De Tancien au nouveau Gouvernement — Une iniportante mission — Appelé au commandement du Sumler — Véritable caractère du « Pirate » Confédéré.
Le Président des États Confédérés d'Amérique venait de réunir une armée pour défendre la liberté du Sud. Dans un pays où le courage est un héritage national, où règne véritablement l'accord le plus enthousiaste, cette tâche n'étaitpas difficile ; toutefois, il n'était pas aussi facile de constituer une marine. Les soldats du Sud avaient quitté en masse leurs régiments; mais les marins aiment leur vaisseau autant que leur pays et croient lui devoir la même fidélité. Cependant, si M. Davis n'eut pas un grand choix d'officiers, il eut à son service des hommes distingués, ainsi que l'ont amplement démontré les dernières pages de l'histoire du Sud. En outre, il était plus facile pour le Président des États Confédérés de trouver des marins expérimentés et fidèles que de leur donner uû état-major. A cette époque, le Président Lincoln régnait en maître sur l'Atlantique et dans
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tous les ports de TAmérique ; le Sud n'avait pas une voile en mer ; aussi les négociants de New- York et de Boston considéraient-ils la guerre comme une éventualité qui devait fort peu les intéresser. Ils ne pensaient nullement que leurs intérêts pourraient être compromis d'une façon ou d'une autre, et rien ne troublait leur sérénité lorsqu'ils votèrent l'invasion du Sud; leur flotte entrait fièrement dans les ports, et leurs vaisseaux couraient l'Océan sans être inquiétés. Quoique la guerre fût à la veille d'éclater, les agences d'assurances étaient heureuses de laisser leurs conditions sur le pied de paix. En effet, que pouvait-on craindre? Le Sud n'avait pas un seul vaisseau; il pourrait bien trouver et armer de temps en temps un steamer quelconque ; mais que ferait ce bâtiment contre des vaisseaux aussi imposants que le Brooklyn, le Powhattany et tant d'autres? Il y avait donc là quelque raison d'être en parfaite sécurité ; du moins, telle était l'opinion des commerçants de toute TAmérique. Le principal, comme ils le croyaient, était de frapper un coup, et ils pensaient que personne n'était en état de leur rendre la pareille.
Il arriva que M. Davis pensa tout le contraire ; car il vit qu'il lui était possible aussi de frapper un coup d'une terrible force, et il comprit comment il devait le faire. Les obstacles qu'il avait à surmonter étaient énormes; mais nous savons maintenant que les obstacles n'effrayent pas son indomptable génie. Le 14 Février 1861, le Capitaine Semmes, Commandant dans la marine Fédérale et habitant alors Washington, reçut de Montgomery la dépêche suivante : —
MôNSiBûR, — C'est de la part du Comité de la Marine que je ^ous prie de vous rendre ici le plus tôt qu'il vous sera possible.
Votre très- obéissant serviteur,