‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 6 sur 89 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le Sumter, ancien paquebot-poste de la Havane — Le Capitaine Sommes rejoint et prend le commandement — Transformation du iiavire — Retards ennuyeux — La guerre éclate — La rivière bloquée — Équipage du Sumter ~~ On descend la rivière — Tentative — Pas de pilote — Acte énergique — Le Sumter est encore à l'ancre — Les phares sont éteints — Nouveaux bâtiments ennemis — Règlement du Sumter — La chasse — Déception de Teunemi.

Le petit bâtiment qui constituait alors toute la puissance de la marine Confédérée était un vaisseau marchand, un steamer de la force de 501 tonneaux. Il avait été connu jusqu'alors sous le nom de Havannah, et il faisait le service de paquebot de la Nouvelle -Orléans au port dont il avait pris le nom. Il allait être transformé en navire de guerre, et, sous ce nouvel armement, il devait accomplir des exploits universellement célèbres et jouer un rôle important dans cette grande lutte entre le Nord et le Sud.

En arrivant à la Nouvelle-Orléans, le Capitaine Semmes alla sur-le-champ inspecter, en compagnie du Lieutenant Chapman, son nouveau commandement; sa satisfaction fut évidente, et il trouva le navire solide et bien construit. Toutefois, les dispositions actuelles du bâtiment n'étaient nullement favorables à sa nouvelle mission ; aussi le Capitaine employât- il tout son temps à feire dans son armement les changements nécessaires. Son premier soin fut de déga-

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ger le pont d'une longue rangée de cabines ; par là, on allégeait encore son poids et on limitait davantage la surface exposée aux boulets de Tennemi. Un second pont fut établi pour les besoins de l'équipage et des officiers ; le premier pont fut remis à neuf et soigneusement consolidé, afin qu'il pût supporter des canons de 8 pouces de diamètre qui devaient être montés sur pivot entre le grand mât et le mât de misaine, et qui, avec k obusiers de 2Ay pesant 1,560 livres, devaient former toute sa batterie. On ménagea de nouvelles soutes pour le charbon et on disposa, dans un endroit convenable,] un arsenal et un magasin pour, les boulets. Grâce à ces changements et à quelques autres moins importants, la transformation fut complète. Le Sumter était prêt à commencer son œuvre de destruction. Il ne faudrait cependant pas croire que tout cela se fit sans retards et sans ennuis. Les événements avaient surpris la nouvelle Confédération, qui n'était nullement préparée à la guerre, et il en résulta naturellement beaucoup de trouble et de confusion. Jusqu'alors, tout avait été conduit par le Nord, et l'on avait toujours cru, dans le Sud, que la séparation pouvait se faire d'une façon pacifique ; mais, pour le moment, il fallait faire terminer en toute hâte les travaux nécessaires, et cette tâche revenait à un ministère qui n'était que provisoirement et très-imparfaitement organisé.

Péniblement éprouvé par ces retards, auxquels l'état de choses actuel donnait de l'importance, le Capitaine Sommes commença son Journal en ces termes ; —

Nouvelle-Orléans^ 2i Mai. — Un mois s'est écoulé depuis que j'ai commencé l'armement du Sumter , et nous ne sommes pas encore prêts. Leeds et C* n'ont pas encore livré les réservoirs pour la machine et nous n'avons reçu qu'aujourd'hui notre batterie de canons de 8 pouces. Tous

les officiers sont présents, l'équipage est armé ; les marins sont impatients de prendre la mer. Le fleuve n'est pas encore bloqué ; mais on pense qu'il le sera demain. Il faudra un blocus bien rigoureux et de bien grands vaisseaux pour nous retenir enfermés. On appelle beaucoup de soldats sous les armes dans les Etats ennemis; les marches et les contre-marches se succèdent ; la flotte paraà toujours très-occupée ; elle court sans cesse de côté et d'autre, mais elle n'accomplit jamais rien. Pendant qufrf écris ce dernier paragraphe, on apporte la nouvelle que le Gouvernement de Lincoln a fait traverser le Potot mac et envahir la Virginie ! voilà le commencement d'une guerre sanglante et navrante ; le sort en est jeté ; nous ne ferons que relever le gant qu'ils nous ont lancé. L'avenir racontera une histoire digne du Sud et de sa noble cause.

Tous les retards n'étaient pas encore terminés. Vers le 27 Mai, le steamer des Etats-Unis, le Brooklyn^ fut signalé dans les eaux du fleuve et commença le blocus. Le lendemain, les puissantes frégates le Niagara et le Minnesota vinrent lui prêter leur concours; enfin, vers le !•' Juin, lorsque le Capitaine Semmes commençait à regarder le large avec espoir, il reconnut que le Powhattan gardait avec soin la dernière passe du fleuve.

Cependant les difficultés premières furent facilement surmontées, et la marine naissante des Etats Confédérés fut prête à prendre la mer. L'équipage comprenait le Capitaine Semmes, commandant, quatre lieutenants de marine, quatre enseignes, quatre ingénieurs, des maîtres d'équipage, des canonniers, des voiliers, des charpentiers, des employés du capitaine et du comptable, douze soldats de marine et soixante-douze marins. Ainsi armé et équipé, le bâtiment descendit le fleuve le 18 Juin et jeta

Tancre devant les Casernes pour faire ses approvisionnements de munitions, de vivres et d'autres choses semblables. Le soir même, il continua sa route, se dirigea vers les forts Philip et Jackson, et arrêta sa marche le lendemain, attendant une occasion favorable pour forcer la ligne du blocus.

Il resta pendant trois jours à ce nouveau mouillage, et ce temps d'inactivité forcée fut soigneusement employé à faire manœuvrer et à exercer l'équipage ; on mit également dans le vaisseau plus d'ordre que son armement précipité n'avait permis de le faire tout d'abord. Le 21 Juin, cependant, on reçut la nouvelle que le Powhattan avait quitté son poste pour donner la chasse à deux vaisseaux et qu'une chaloupe du Brooklyn était entrée dans la rivière pour se rendre au bureau du télégraphe. Le Capitaine Semmes résolut sur-le-champ de mettre à profit ce moment de chance qui pouvait lui permettre de s'évader et de gagner la mer ; la machine fut mise en mouvement, et le navire courut vers la Passe à f Outre. Une chaloupe fut aussitôt envoyée au phare pour demander un pilote.

Ici, cependant, s'éleva une difficulté imprévue. Le gardien du phare répondit qu'il n'avait pas à s'occuper des pilotes. Le Sumter fut donc forcé de s'arrêter encore une fois, tandis que le corsaire Confédéré le /t?y, descendit, à la demande du Capitaine Semmes, vers la passe du Sud- Ouest, pour tâcher d'y trouver un pilote. Cette mission ne fut cependant pas couronnée d'un meilleur succès, et le Ivy rapporta la nouvelle que les pilotes refusaient de conduire le navire. Une dépêche fut ensuite envoyée au Capitaine Semmes par le Capitaine de la Société des Pilotes, pour faire savoir au commandant du Sumter qu'il n'y avait pas « un seul pilote libre pour le moment. »

Il fut alors nécessaire d'agir avec énergie, et le Ivy fut envoyé de nouveau à la passe du Sud-Ouest ; mais, cette

fois, il avait à son bord le premier lieutenant du Sumter chargé d'un message pour le Maître-Pilote, auquel le Capitaine Semmes ordonnait de se rendre immédiatement à bord ; s'il manifestait la moindre hésitation à obéir à ce commandement, le lieutenant devait l'arrêter avec tous ses hommes et les amener aussitôt sur le Sumter.

A bord du steamer des E. C. Sumter, En vue des Passes.

22 Juin 1861.

Monsieur, — Je vous ordonne, par les présentes, de venir à bord avec trois ou quatre de vos pilotes qui connaissent le mieux la Barre. Je suis étonné d'apprendre que quelques-uns des vôtres ont refusé de venir à bord du Sumter , et je veux mettre moi-même à l'épreuve une semblable déloyauté envers les Etats Confédérés. Si un seul de vos hommes me refusait ses services, je ne me contenterais même pas de le faire destituer; je le ferais d'abord empoigner par mes marins et amener de force à bord.^

J'ai l'honneur d'être ,

Votre très-respectueux et obéissant serviteur,

(Signé) R. SEMMES.

Il ne fut pas nécessaire de recourir à cette mesure extrême; la menace seule suffit, et, le lendemain, le maîtrepilote et plusieurs de ses hommes montaient à bord du Sumter, Après une courte délibération avec le Capitaine Semmes, tous les pilotes, à l'exception du maître, toutefois, témoignèrent le désir de conduire le Sumter en pleine . mer ; alors le Capitaine en choisit un dans le nombre pour lui rendre ce service, et permit aux autres de partir.

Sur ces entrefaites, le Sumter avait peiÂu la plus belle occasion. Le Ppwhattan était revenu à son poste, et, de nouveau, le passage était entièrement fermé. Le

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Sumter fut donc obligé de retourner à son mouillage, et huit grandes journées s'écoulèrent encore sans offrir une nouvelle chance d'évasion. Toutefois; cet espace de temps fut employé à faire encore l'exercice et la manœuvre; réquipage commençait k s*en tirer d'une manière satisfaisante. On prit aussitôt des mesures pour faire éteindre et déplacer les feux dés phares de la Passe à l'Outre et du Sud. Le Capitaine Semmes écrivit, à ce sujet, la lettre suivante au Département de la^ Marine à Richmond : —

A bord du steamer des £. G. Sumfer, En vue des Passes, sur le Mississipi.

80 Juin i861.

Monsieur, — J*ai l'honneur d'informer le Département que je suis toujours à l'ancre en vue de Passes; l'ennemi garde les deux issues par lesquelles il m'est permis de sortir. A la Passe à l'Outre stationnent trois navires : le Brooklyn, un autre navire à hélice, et un grand steamer. A la Passe du Sud- Ouest se trouve le PowhattaUy qui se tient à un demi-mille de la Barre et qui ne s'éloigne pas d'un pouce de son mouillage, ni le jour, ni la nuit. Je suis étonné que le Brooklyn n'aille pas jeter l'ancre dans ce dernier endroit; cette manœuvre lui serait très-facile (car les eaux sont assez hautes et nulle précaution militaire n'a été prise pour l'en empêcher. Il fermerait ainsi,par sa seule présence, toutes les passes du fleuve, et il permettrait à l'ennemi d'employer ailleurs les forces qu'il est obligé de laisser ici. Avec le secours du Jackson et du Mac-Rae (ni l'un ni l'autre n'a encore descendu le fleuve) je pourrai probablement conserver ici ma position, jusqu'à ce qu'une occasion me permette de gagner la mer. Je guetterai soigneusement cet instant favorable, et je ne doute pas qu'il ne se présente, tôt ou tard, tout naturellement. J'ai remarqué, en descendant le fleuve pour venir ici, qu'on avait étrangement négligé les feux de la Passe à l'Outre et de la Passe du Sud, et qu'ils brûlaient encore. Je les ai fait éteindre; A, de la sorte, s'il arrive

quelque mauvais temps, le vaisseau qui me barre le passage perdra son point de mire et sera obligé de prendre le large. Pour le moment, le pire de ma situation, c'est que le Brooklyn a sur moi l'avantage de la vitesse, de telle sorte qu'après avoir même passé la Barre, je ne pourrais encore lui échapper que par surprise; de plus, comme nuit et jour il a l'œil sur la Passe, il sera difficile à tromper. Je lutterais volontiers de vitesse avec le Powhattan, si j'avais l'espoir de traverser le feu de ses batteries sans être désemparé; mais, malheureusement, les bouées et tous les autres signaux ont disparu, et l'on ne peut voir que pendant le jour le barrage de la rivière. En ce moment, je fais manœuvrer mes artilleurs pour les habituer aux canons de gros calibre et à l'arme blanche. Sauf la diarrhée qui sévit avec violence et qui est occasionnée par l'abus que l'on fait de l'eau du fleuve pendant ces chaleurs excessives, l'état sanitaire est excellent. ***#**

J'ai l'honneur d'être, etc., etc.,

(Signé) R. SEMMES.

A ThODorable G. R. Mallory, Secrétaire de la Marine.

Richmond, Virginie.

Le règlement suivant fut aussitôt publié : —

Règlement à observer à bord du steamer des Etats

Confédérés SUMTER.

« I. Il y aura toujours un lieutenant sur le pont ; toutefois, dans les ports, un enseigne pourra être désigné pour faire la faction du lieutenant.

a II. En tout temps , le gaillard d'arrière sera considéré comme un lieu réservé; il ne sera donc pas permis de s'y asseoir ni d'y stationner. Pour les besoins de cet ordre, tout le faux-pont à l'arrière du grand mât sera considéré comme formant le gaillard d'arrière.

« 111. En tout temps, les officiers porteront l'uniforme lorsqu'ils seront à bord et i(#sque le service les appellera à terre.

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a IV. Aucun officier ne restera hors du bord après 10 h. du soir, sans la permission spéciale du commandant.

a V. Chaque batterie fera l'exercice au moins trois fois par semaine, et il y aura exercice général deux fois par semaine, le Mardi et le Vendredi, par exemple.

a VI, L'équipage prendra les rangs pour l'inspection tous les matins à 9 h. (excepté le Dimanche), et tous les soirs au coucher du soleil.

« VII.. Le Dimanche, il y aura appel général pour l'inspection, à 11 h.; les officiers y assisteront en petite tenue avec les épaulettes.

0 Vin. En tout temps, l'Ingénieur en chef sera tenu de renseigner le commandant (par le premier lieutenant) sur l'état de ses machines, chaudières, etc., etc. Il devra veiller à ce que ses aides soient exacts et zélés dans l'accomplissement de leurs devoirs, et adressera un rapport au premier lieutenant sur ceuxqui ne feront pas bien leur service.

« IX. Il y aura constamment un ingénieur de service à la machine quand le bâtiment sera en marche, et, toutes les deux heures, cet ingénieur remettra à l'officier un rapport dans lequel il dira comment fonctionnent les divers appareils, etc.

a X. L'officier d'infanterie de marine fera faire l'exercice à ses soldats tous les jours, quand le temps sera favorable et quand le service du vaisseau n'y mettra pas empêchement.

a XL Les pompiers s'exerceront une fois par semaine; les pompes, les tuyaux, etc.. devront être ajustés et employés comme en cas d'incendie. »

Le matin du 29 Juin, le rapport d'un pilote fit naître quelques espérances ; il disait que le Brooklyn avait quitté sa position. La machine fut chauffée en toute hâte et le Sumter descendit de nouveau jusqu'à la Passe à l'Outre; mais ce fut seulement pour reconnaître que ce rapport était 'faux. Le Brooklyn était toujours à l'ancre ; toutefois, il avait un peu changé sa position et se trouvait abrité derrière un massif d'arbres. Le Sumter revint donc encore une fois à l'ancrage; mais le lendemain, son attente

lii CROISIÈRES DU SUMTER

patiente fut récompensf^e ; Toccasion si longtemps attendue se présenta enfin. Le matin du 30 Juin, un nouveau rapport annonça que \e Brooklyn était en marche et donnait la chasse à un navire sous le vent. Son départ ne fut pas plutôt vérifié que Tancre fut levée pour la dernière fois. Le Sumter traversa la barre avec audace et courage, et se trouva bientôt en mer.

Toutefois, et presque au dernier moment, il sembla que la tentative d'évasion allait encore échouer, grâce aux embarras qui survinrent de la part du pilote. Cet individu " qui était monté à bord du Sumter perdit courage au moment décisif, et avoua qu'il était incapable de conduire le navire dans la passe que le départ du Brooklyn avait laissée libre; il allégua comme excuse qu'il ne l'avait pas franchie depuis plus de trois mois. .Fort heureusement, la lâcheté ou la trahison de cet individu n'amena aucun mauvais résultat; car, au moment où le Sumter descendait le fleuve pour gagner la pleine mer, un autre pilote s'avançait bravement avec sa petite barque vers le navire et s'offrait pour le mettre hors de la Passe.

Le Sumter n'était pas à plus de six milles de la Barre, lorsque le Brooklyn, s'apercevant des mouvements de celui qu'il tenait bloqué depuis si longtemps, abandonna la proie qu'il poursuivait et qui était moins importante que le Sumter, changea sa course, et s'élança à toute vapeur vers la Barre, dans l'espérance de fermer le passage avant que le Sumter ett pu se sauver. L'espace si étroft qui restait ouvert et dont chaque vaisseau paraissait éloigné de six milles environ devint donc le but d'une course effrénée. Le Sumter avait l'avantage du courant. Mais le Brooklyn était bien supérieur en vitesse à son ennemi ; il portait, en outre, des canons d'un plus fort calibre et d'une plus longue portée. Enfin, le Sumter arrive à la passe; il la franchit bravement; puis, inclinant le gouver-

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nail à tribord, il tourne autour des rives vaseuses et se dirige vers TEst. Pendant qu'il exécute cette manœuvre, le Brooklyn s'arrête un moment et envoie une décharge de son canon à pivot; mais le boulet ne porte pas ; alors commence une course sérieuse. La chasse durait depuis peu de temps, lorsque survint une rafale de vent et de pluie qui fit perdre de vue, au premier navire, celui qui le poursuivait. Mais bientôt le temps s'éclaircit, et, de Tarrière du Suinter^ on put reconnaître parfaitement le Brooklyn qui gagnait évidemment beaucoup sur sa petite proie. Sur ces entrefaites, le Sumter s'était mis à deux points plus haut; cette manœuvre lui donna le vent si bien en proue qu'il fut impossible au Brooklyn de marcher plus longtemps à voiles ; alors le Sumter regagna à son tour de l'avance sur son gigantesque ennemi; mais, comme il courait maintenant en pleine eau salée, ses chaudières commencèrent à entraîner l'eau avec la vapeur dans le cylindre d'une façon inquiétante ; il devint nécessaire de ralentir de vitesse pour un moment, et le Brooklyn reprit son avantage. Peu après, l'écume diminua dans les chaudière du Sumter et le petit navire fut de nouveau lancé à toute vapeur. On donna la plus grande force possible à la maôhine ; l'hélice faisait soixante cinq tours à la minute, tandis que le Brooklyn^ qui venait tranquillement derrière, avait à peine moitié de la vitesse de son ennemi. Enfin, il renonça à la chasse ; et à quatre heures de l'après-midi, c'est-à-dire juste quatre heures après avoir passé la Barre, l'équipage du Sumter poussait trois hourras d'allégresse en voyant que son ennemi déconcerté tournait le gouvernail, renonçait à la poursuite, et s'en retournait solennellement à sa première position, à l'embouchure du fleuve.

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