‹ Croisières de l'Alabama et du SumterChapitre 7 sur 89 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Commencement de la croisière — La première prise est le Golden Rockett — La prise incendiée ! — Le Cuba et le Machias — Cienfuegos — Le Ben Dunning et Y Albert Adams — Trois d'un coup: le WestWind, la Naïade, et la Louisa Kilham — Une flotte de prises — Ou salue le drapeau Confédéré — A Cuba — Stricte neutralité — Un agent de prises — Le Capitaine Général de Cuba — Bâtiment repris par les Etats-Unis — Accident arrivé au Commandant — Coup de vent — A Curaçao — Le Gouverneur Hollandais — Un ancien Président dans une fâcheuse position — Le Abby Bradford — Venezuela — Port inhospitalier — Le Joseph Maxwell — Un patron rusé — Golfe de Bahia.

Le Sumter avait donc commencé sa courageuse carrière. Le 1®' Juillet apparut radieux et beau; il y avait une légère brise Sud-Ouest et le petit navire courait sur les eaux avec une vitesse de huit nœuds à Theure en moyenne. Pendant le jour aucune voile n'apparut à Thorizon. La nuit vint avec toute la calme splendeur des mers tropicales, et le silence ne fut troublé que par les battements monotones de l'hélice. Le Sumter se dirigeait alors vers le Sud-Ouest, dans le fond du golfe du' Mexique. Le lendemain, il arriva heureusement au Cap Antonio, qu'il doubla avec les voiles et la vapeur ; alors, après avoir triomphé des vents alises, le capitaine fit arrêter la machine et plaça son navire en croisière au delà du cap, vers l'Ouest.

L'après-midi du 3 Juillet amena au Sumter sa première prise. Vers 3 h., on signala une voile qui louvoyait sous le vent, près des côtes. La route qu'elle suivait de-

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vait bientôt Tamener auprès du navire Confédéré. Pour éloigner tout soupçon, le Sumter eut Tair de ne pas faire attention à cette voile tant qu'elle ne fut pas arrivée à un mille environ de son mouillage. Alors le navire Confédéré déploya les couleurs Anglaises et l'étranger lui répondit en arborant les Etoiles et les Rayures des Etats- Unis. Le pavillon de Saint-Georges fut aussitôt amené du haut du mât du Sumter pour être remplacé «par les Etoiles et les Rayures qui formaient alors le drapeau des Etats Confédérés. Un coup de canon fut tiré contre les flancs du Yankee étonné, qui amena immédiatement son pavillon. Le Sumter envoya aussitôt un canot à bord pour prendre possession de cette première prise.

En abordant, les Confédérés reconnurent que ce bâtiment était le Golden Rocketty de FEtat du Maine — c'était un beau navire jaugeant 690 tonneaux, âgé de trois ans et valant de 30,000 à 40,000 dollars. Il avait été construit dans rile de Cuba , à Cienfuegos, et n'avait pas de chargement à bord. Le Capitaine Sommes, ne voulant pas, au commencement de sa croisière, dédaigner la prise d'un équipage, résolut de détruire le vaisseau. Après avoir recueilli le capitaine et tous ses hommes à bord du Sumter, il fit mettre le feu à la prise et Tabandonna à son sort (1).

(1) Il était k peu prèâ dix heures du soir lorsque la première lueur d'incendie s^élança de ses écoutilles. Parmi les personnes qui se trouvaient à bord du Sumter ^ bien peu oublieront ce spectacle. Un navire incendié en pleine mer! On eût dit que Thomme se révoltait contre son Créateur. Cet abandon volontaire, ces flammes rougeâtres qui léchaient les agrès et semblaient grimper aux mâts, ces étincelles et ces houts de cordes enflammés que la brise emportait au loin, cette lueur blafarde qui se répandait sur une mer sombre aussi loin que la vue pouvait s*étendre, et, au milieu de tout cela, un silence lugubre : toutes ces images ont contribué à fixer pour toujours dans notre mémoire le souvenir du Golden Rockett. Malgré la répugnance avec laquelle nous commîmes. cet acte, nous n'en aurions pas laissé échapper l'occasion pour rien au monde. Nous ne demandions pas la guerre — nous voulions

La journée du lendemain vit tomber entre les mains du Sumter deux nouvelles prises, les brigantins Cuba et Machiasy tous deux du Maine. Aussitôt capturés, ils furent remorqués et dirigés sur Cienfuegos. Toutefois, le Jour suivant, le Cuba brisa sa remorque et se jeta au large. 11 fut repris et Ton mit à son bord un équipage de prise qui fut chargé de le conduire à Cienfuegos, où le Capitaine Semmes voulait aborder.

Le soir, lorsqu'il arriva devant ce port, il dut reconnaître qu*il était trop tard pour essayer d*y entrer; d'ailleurs, deux bâtiments furent bientôt signalés au large et le Sumter se mit à leur poursuite, après avoir détaché le Machiasy auquel il donna Tordre de mettre en panne. Lorsque le navire Confédéré arriva en vue des deux vaisseaux, à 9 h. 1/2 environ, il apprit qu'il avait devant , lui les brigantins des Etats-Unis le Ben Dunning et V Albert Adams; il s'en "empara aussitôt et leur donna l'ordre de faire route vers Cienfuegos sous la direction d'un équipage de prise.

Les navires restèrent en panne toute la nuit, en dehors du port, et se préparèrent pour y entrer à la pointe du jour. Le temps était clair et serein ; le court crépuscule des tropiques disparut rapidement pour faire place au grand jour. Alors l'équipage vigilant du Sumter eut devant les yeux un agréable spectacle. Trois vaisseaux étaient conduits vers la pleine mer par un steamer, et l'on

la paix; nous avions des amis bien chers parmi ceux qui nous faisaient la guerre, et, par égard pour eux, si ce n*est pour des motifs d'humanité, nous demandions qu'il nous fût permis de nous séparer en paix; mais ce fut impossible ; ils nous forcèrent à faire la guerre — iU essayèrent de nous détruire. C'est pour cette raison, et cetle seule raison, que nous brûlons leurs vaisseaux et ruinons leur commerce. Nous n'avons contre eux aucun sentiment d'inimitié, vi tout ce que nous demandons c'est d'être séparés et libres-- nous voulons qu'on nous permette de suivre la route que nous avons choisie.

voyait flotter gaiement à leurs mâts les Etoiles et les Rayures du Nord. Le Stimter s'abrita derrière la côte, attendit avec prudence et patience que le steamer eût abandonné le convoi et laissa marcher les trois vaisseaux jusqu'à ce qu'ils eussent mis entre eux et le rivage neutre la lieue marine de rigueur; car, sans cela, les lois maritimes se fussent opposées à leur capture. Soudain, le pont du steamer Confédéré se couvre de marins en armes; sa cheminée vomit une fumée noire; ses voiles se gonflent; le voilà de nouveau en chasse. La poursuite ne fut pas longue, et bientôt les deux barques West Wind et Louisa Kilham, ainsi que le brigantin la Naïade^ furent remis aux soins d'un équipage de. prise qui les fit rétrograder et les dirigea vers le port qu'ils venaient de quitter avec l'espoir d'un heureux voyage.

Alors, précédé de sa petite flotte de prises composée en tout de six bâtiments, lé Sumter entra fièrement dans le port de Gienfuegos. Comme il passait devant le poste qui garde l'entrée du port il fih hélé, et, au même instant, on tira contre lui deux ou trois coups de fusil, sans doute pour appuyer l'ordre d'amener et de jeter l'ancre. Le Stimter obéit à ce commandement et détacha de son bord un canot, sous les ordres du Lieutenant Evans, pour aller trouver le commandant et lui demander une explication au sujet de cette réception peu hospitalière. On donna pour réponse que le drapeau de la nouvelle Confédération n'avait pas été reconnu, et que telle était la raison qui avait fait donner l'ordre au Sumter de s'arrêter, parce qu'aucun bâtiment, soit bâtiment de guerre, soit bâtiment marchand, ne pouvait entrer dans le port tant que sa nationalité n'était pas bien constatée. Il s'ensuivit des explications mutuelles et, le soir, le Commandant revint avec l'avis du Gouverneur qui laissait le Sumter libre d'aborder ou de prendre le large ; mais il le prévint en

même temps que les six vaisseaux seraient gardés dans le port jusqu'à ce qu'il eût reçu à leur sujet des ordres supérieurs.

Le Lieutenant Chapman fut alors envoyé à terre avec la lettre suivante; il devait, en outre, faire des arrangements pour les approvisionnements de charbon et prendre los dernières dispositions pour sauvegarder les prises : —

A bord du steamer des E. C. Sumler, Cienfuegos, Ile de Cuba.

Juillet 1861.

Monsieur, — J'ai l'honneur d'informer Votre Excellence de mon arrivée dans le port de Gienfuegos avec sept prises de guerre qui sont : les brigantins Cuba, Machias^ Ben Dunnîng, Albert Adams, la Naïade, les barques West Wind, et Louisa Kilham. Ces navires appartiennent àdes armateurs desEtats-Unis,Etatsqui, comme le sait parfaitement Votre Excellence, ont entrepris une guerre injuste et aggressive contre les Etats Confédérés que j'ai l'honneur de représenter ave(f le navire placé sous mon commandement. J'ai gagné, avec ces prises, un port de l'Ile de Cuba, dans l'espoir que l'Espagne ferait aux croiseurs Confédérés la réception amicale que, dans des circonstances semblables, elle accorderait aux croiseurs ennemis; en d'autres termes, qu'elle me permettrait de laisser sous sa juridiction les bâtitiments que j'ai capturés, jusqu'à ce qu'ils aient pu être adjugés par la Cour de l'Amirauté des Etats Confédérés. Comme peuple qui a un Gouvernement de facto, et qui non-seulement tient l'ennemi en échec, mais encore remporte sur lui certains avantages, nous jouissons de tous les droits des belligérants. Je me fie aux dispositions amicales de l'Espagne qui, dans ses plus importantes possessions coloniales, est notre proche voisine, et je ne doute nullement qu'elle ne nous reçoive avec une impartiale justice ; si elle ne le fait pas avec toute la sympathie que demanderaient notre politique et nos intérêts communs, elle le fera au moins avec la bienveillance que peut inspirer une importante institution sociale et industrielle. Une

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règle qui, pendant la guerre, excluerait nos prises de ses ports^ ne serait pas, je me permets de vous le faire remarquer, une règle juste et équitable, quand même elle serait également appliquée à Tennemi. La base d'une telle règle, comme toute la conduite d'une puissance neutre pendant la guerre, doit être une justice impartiale pour chacun des belligérants; et cette justice devrait être réelle et praticable; elle ne devrait pas reposer sur des conditions illusoires et trompeuses. Maintenant, une simple réflexion montrera, je crois, à Votre Excellence, que la règle en question ne peut être appliquée dans la guerre actuelle sans créer une grande injustice envers les Etats Confédérés. Votre Excellence sait parfaitement que le peuple des Etats- Unis du Nord est un peuple commerçant et manufacturier, tandis que celui des Etats Confédérés est au contraire un peuple d'agriculteurs et de planteurs; le premier avait donc dans ses ports et sous son contrôle presque toutes les forces navales de l'ancien Gouvernement, quoique les Etats Confédérés eussent, sur une partie, et même sur une grande partie de la flotte, des droits réels comme contribuables, puisque cette flotte avait été payée par l'impôt. Alors il a été facile, pour les Etats-Unis, de bloquer tous les ports importants des Etats Confédérés. Dans cet état de choses, remarquez à quoi aboutirait l'application de la règle que je discute maintenant.

U faut admettre que nous avons des droits égaux à ceux de nos ennemis comme puissance belligérante.

Dans une guerre contre un peuple commerçant, le plus important de ces droits est celui que je viens d'exercer légalement, le droit de capturer la propriété de l'ennemi en pleine mer. Mais comment les Etats Confédérés pourront-ils jouir entièrement du bénéfice de ce droit, s'il n'est pas permis à leurs croiseurs d'entrer dans les ports neutres avec leurs prises, de les y laisser sous bonne garde, jusqu'à ce qu'elles soient déclarées de bonne prise, et jusqu'à ce que Ton puisse en disposer ?

Ils ne peuvent pas les envoyer dans leurs propres ports pour la raison que je vous ai déjà donnée. Donc, hors le cas de destruction, leur droit de capture deviendrait tout à fait illusoire, si l'on adoptait la règle en question, tandis que l'ennemi

n'en souffrirait aucunement, puisque tousses ports, à lui, sont ouverts. Je crois être assuré que l'Espagne n'a pas l'intention d'agir suivant une règle aussi injuste, et aussi partiale.

D'ailleurs, ici s'élève une seconde question qui a déjà surgi à propos des prises que j'ai amenées, dans le port. Les chargements, d'après ce qui résulte de certains actes trouvés parmi les papiers, sont réclamés comme étant propriété Espagnole.

Ce fait ne peut être vérilié que par un jugement régulier de la Cour des Prises des Etats Confédérés.

Mais, jusqu'à ce que ce fait soit déterminé, que ferai-je de la propriété? J'ai le droit de détruire les vaisseaux, mais je n'ai pas le droit de détruire leurs chargements, dans le cas où il serait prouvé que la cargaison est réellement propriété Espagnole — or, puis-je détruire l'un sans l'autre? Avant ce jugement, je ne puis débarquer ce chargement, puisque j'ignore si les réclamations seront trouvées justes, et je ne puis non plus les détruire par la môme raison.

Un des motifs qui m'ont décidé à aborder dans un port Espagnol, c'est la nouvelle que les chargements étaient réclamés par des sujets Espagnols ; car je désirerais leur causer le moins d'embarras possible dans la remise de leur propriété, si, après le jugement, elle leur était rendue.

J'ai l'honneur d'être, etc., elc*

(Signé) R. SEMMES.

A Son Excellence Don José de la Pezuela, Gouverneur de la ville de Cienfuegos, Ile de Cuba.

Le 7 Juillet, à 8 h. du matin, le Lieutenant Chapman revint à bord, amenant avec lui Don Isnaga et Don Marîano Diaz, deux habitants distingués de Cuba, et deux chauds partisans de la cause Confédérée; le premier de ces Messieurs était désigné comme agent de prise. Après avoir accepté Thospitalité du bord, ils retournèrent à terre. Le reste du jour fut consacré à remplir les magasins que le temps passé en croisière avait un peu vidés. Dans le

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courant de la journée on embarqua environ cent tonnes de charbon, cinq mille gallons d*eau, et une grande quantité de provisions^ fraîches pour Téquipage. Vers 10 h., le Capitaine du Sumter reçut du Gouverneur une réponse à la dépêche envoyée, la veille au soir, par le Lieutenant Chapraan.

Cette réponse disait que le Capitaine Général de Cuba avait donné les instructions suivantes : —

I. Aucun croiseur, de quelque parti qu'il soit, ne pourra amener ses prises dans les ports Espagnols.

IL Si le territoire de Cuba a été violé dans une capture, la prise sera jugée par les tribunaux Espagnols.

IIL Toutes les prises seront retenues jusqu'à ce que Ton ait reçu les instructions de la Reine.

Ces points réglés, les prises qui étaient a Vancre furent laissées aux soins de Tagent Don Diaz ; et, vers minuit, le Sumter leva l'ancre pour reprendre le large. On n'avait pas revu le brick le Cuba, qui avait été laissé, un ou deux jours auparavant, ôous la direction d'un équipage de prise : il ne parut pas au rendez- vous, parce qu'il fut repris par l'ennemi et emmené aux Etats-Unis.

Peu de temps après avoir quitté Gienfuegos, le Sumter fut informé qu'il y avait une voile au large. Elle fut aussitôt hèlée ; mais elle prouva qu'elle était propriété Espagnole. Alors le Sumter continua sa route et doubla les lies Caymans qui, comme le Capitaine Semmesle fait remarquer dans son journal, sont indiquées quelque quinze ou seize milles à Touest de leur positioij réelle. La journée du 9 Juillet trouva le Sumter en lutte contre un fort vent alise et une grosse mer, à la pointe ouest de la Jamaïque. Les montagnes bleues de cette île restèrent en vue toute la journée.

Sur ces entrefaites arriva un événement qui, pour

quelque temps, priva le Sumter de la surveillance active de son Commandant. D'une constitution faible, le Capitaine Semmes avait été très-fatigué par les rudes missions qu'il avait eues à remplir, et, tout dernièrement, il avait encore été affaibli par une maladie. En montant sur le capot d'échelle pour faire ralentir la marche du bâtiment qu'il trouvait trop rapide pour une mer aussi grosse, il fut pris d'un étourdissement subit, chancela pendant quelques instants, en soutenant sa tète avec la main, quoiqu'il eût perdu connaissance, et, enfin, tomba lourdement sur le plancher de la cabine, où il resta quelque temps dans un état d'insensibilité complète. Les suites de cette chute furent quelques contusions sérieuses et une grande difficulté dans la respiration qui retinrent le Capitaine quelques jours dans son hamac. En ce moment, le Sumter était tout à fait en dehors de la route que suivent ordinairement les navires du commerce; il naviguait lentement sur une mer houleuse, en luttant contre une brise carabinée et un vent alise opiniâtre ; il filait un peu plus de cinq lieues à l'iieure, en faisant de terribles brèches à sa petite provision de charbon qui lui était si précieuse.

Le 1 3 Juillet, le vent alise se changea en un vent trèsfort, aussi le Sumter n'avançait plus du tout, tant la mer lui était contraire. Dans ces conjonctures, il fut nécessaire de renoncer au projet que l'on avait conçu tout d'abord de faire route pour laBarbade, puisqu'il n'y avait plus à bord assez de charbon pour parcourir cette distance. Ce premier projet fut donc abandonné. Le navire vira de bord et tourna l'arrière au courant. On éteignit les feux, et le bâtiment navigua sous voiles, faisant route vers Curaçao. On espérait pouvoir y obtenir une nouvelle provision de charbon, et le Sumter vogua, en chancelant sous la toile qui le couvrait, vers sa nouvelle des-

tination. Le roulis violent du navire fatigua beaucoup le Capitaine, qui était toujours retenu dans sa cabine, au point de ne pouvoir quitter le hamac.

Le 15 Juillet, le temps devint un peu plus calme ; une chaude après-dînée, un beau soleil, et une mer comparativement douce donnèrent à l'équipage un peu de repos. Le matin suivant vit en.core le vent fraîchir ; mais, à 9 h. on découvrit la terre à tribord, et, à 4 h. du soir, le Sumter doubla le cap nord de Vile de Curaçao, longea les côtes à un mille environ de Sainte-Anne, où il arriva un peu après 7 h. Un coup de canon fut tiré pour demander un pilote, et, quelques instants après, il en vint un qui promit de revenir le lendemain matin pour prendre le navire et le conduire dans le port.

Le lendemain matin arriva, et, fidèle à sa parole, le pilote fit sa réapparition sur le pont ; mais'il ne fut pas en son pouvoir de remplir le reste de sa promesse. « Le Gouverneur », dit-il, en répondant au Capitaine Semmes qui Tinterrogeait, « regrette de ne pouvoir vous permettre l'entrée du port; mais il a reçu à ce sujet des ordres formels. » Toutefois, un peu de diplomatie eut bientôt fait disparaître cette difficulté, qui était Tœuvre du consul des Etats du Nord; ses vives réclamations avaient été sans doute appuyées par la fausse description que le pilote fit du navire. Le Lieutenant Chapman fût envoyé à terre avec la lettre suivante pour le Gouverneur : —

A bord du steamer des E. G. Sumter, En rade de Sainte- A une, Curaçao,

17 Juillet 1861.

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