‹ Croître ou disparaîtreChapitre 7 sur 15 · LE NÉO-5IALTHU9ISME · texte numérisé non relu

LE NÉO-5IALTHU9ISME

à Tatelier même, des conférences socialistes, anticléricales, féministes, voire pacifistes. »

On reconnaît à ce signe d'où viennent ces furieuses attaques contre la société française. M. Paul Robin est franc-maçon. C'est dans les Loges qu'il a trouvé ses plus solides appuis. C'est dans les Loges que la propagande se prépare et s'éprouve. On y fait des conférences sur a le droit à l'avortement », on y réclame la suppression de l'article 817 du Code pénal qui vise la répression de ce crime.

Voyant la franc-maçonnerie dans l'affaire, les anarchistes qui sont souvent des hommes d'ardente bonne volonté, mais mal instruits des choses sociales, les syndicalistes et tous les prolétaires devraient se méfier. Mais qui les avertit?...

Le néo-malthusisme est bien plus un effet qu'une cause. Comme toujours, la théorie spécieuse n'est intervenue que pour excuser

d'abord, légitimer ensuite la pratique occulte. Au lieu de corriger les instincts nocifs, la raison débridée les sert. Ainsi, nous voyons encore qu'une grande doctrine directrice comme le catholicisme ou le positivisme, dont le§ dogmes échappent à la critique subjective, est aussi nécessaire à la santé cérébrale quà Tordre social. En 1866, Louis Veuillot écrivait : « Le genre humain est doué d'une sorte de goût à tuer les enfants.

Ce phénomène s'observe sous toutes les latitudes, dans toutes les civilisations et dans toutes les barbaries. Pour une raison, pour une autre, pour conserver la vigueur de l'espèce, pour honorer les dieux, pour engraisser les manitous, pour remplacer le droit d'aînesse, pour épargner les frais et les fatigues de l'éducation, à Athènes à Sparte, à Carthage, à Rome à Pékin, à Otahiti, à Londres, à Paris et dans les environs, on tue les enfants, ou on les empêche de naître. Il n'y a guère que le christianisme qui combatte efficacement cette singulière coutume, et là où le christianisme baisse, la coutume

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vaincue par lui reprend son meurtrier empire... Quand il n*y aura plus de christianisme, comment le progrès fera-t-il pour conserver des hommes? »

Le néo-malthusisme n'a pu prendre, en France du moins, que lorsque les notions essentielles et les institutions fondamentales de Famille, Patrie, État, Société étaient déjà obscurcies par la métaphysique individualiste et ébranlées par les secousses révolutionnaires. Ce n'est qu'une manifestation contingente de la folie occidentale,.

Mais cette manifestation particulière d'un mal profond est des plus pernicieuses.

M. Lucien March,par exemple, nous apprend que, dans la Nouvelle-Galles du Sud, la baisse de la fécondité a commencé vers 1875, et ce point de départ coïncide « avec l'introduction des procédés variés, grâce auxquels les époux prévoyants règlent l'issue dés effusions conjugales, ou, ce qui est plus grave, en anéantissent les conséquences. »

Le caractère morbide du néo-malthusisme se marque nettement par le succès excep-

tionnel qu'il obtient en France, où la folie occidentale atteint son paroxisme. La plupart des étrangers, comme Lombroso, Gumplowicz, Bjœrnstjerne Bjœrson, qui noué félicitent de notre stérilité, l'attribuent à notre avance de civilisation. Cela s'entend. Nous* préférons n'être pas si « avancés », et vivre. Lenéo-malthusisme, en France, n'a même pas l'apparence d'un prétexte à invoquer.

En 1890, 1891, 1892, 1895, 1900 et 1907, il y a eu plus de décès que de naissances, et dans les six premiers mois de 1909, il y a eu 28.203 décès de plus que de naissances. Il y a mieux. C'est précisément dans les départements où depuis un quart de siècle au moins il n'y a jamais eu un excédent de naissances, où l'excédent de décès, au contraire, grossit chaque année, que la propagande mal- Ihusienne est plus active et mieux accueillie.

Dans le corps social on ne localise point un mal. Tout se tient. Quand un sentiment

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S altéré, il affecte non seulement le cœur tout entier, mais encore le cerveau. C'est dire aussi qu'il trouble Tactivité.

L'individualisme, sous quelque aspect que ce soit, est morbide, sinon d'abord dans son inspiration, du moins dans ses manifestations, et surtout dans ses conséquences. Se limiter à soi, c'est se nier, car on n'affirme que ce qui dure. Se refuser à se continuer par ses enfants, c'est déjà un suicide. C'est même un meurtre : celui des ascendants qui vous ont transmis le devoir de les perpétuer. On verra, d'ailleurs, que le suicide, le crime et quelques autres indices fâcheux accompagnent la diffusion des pratiques néo-malthusiennes.

L'être social se veut survivre dans ses enfants comme dans ses œuvres. Il le doit, car il continue ainsi ses ancêtres, sa race. ,

Mais « devoir » est un mot qui ne s'entend plus. Je me garderai d'en abuser.

De par leur nature, les femmes qui ne veulent point d'enfants sont des détraquées ; celles qui ne le peuvent, des infirmes.

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Les économistes qui conseillaient hypocritement la « prévoyance » aux pauvres ne prévoyaient pas ceci. Un des maîtres de la gynécologie, le docteur Pinard, déclare :

« Sur cent femmes qui ont à l'heure actuelle le ventre ouvert parce qu'elles ont des fibromes, il y en a quatre-vingt-quinze à qui il a fallu l'ouvrir parce qu'elles n'avaient pas voulu avoir plus d'un ou deux enfants. » Le même praticien ajoute : « La femme ne trouve la plénitude de sa santé qu'à son troisième enfant. » Et le docteur Burlureaux approuve, en faisant observer que tous les médecins compétents sont pleinement d'accord là-dessus. Hippocrate et Gallien disent « oui » ensemble, — pour une fois. Le professeur Desplats, de Lille, avec une extrême prudence scientifique, avance que ^ les gynécologues découvriront un jour que la grossesse est le meilleur moyen d'éviter un grand nombre d'affections féminines et de les guérir ». Depuis longtemps on a remarqué que beaucoup de femmes ne sont en parfaite santé que durant la gestation et l'allaitement.

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