I. LB yH SYMBOLIQUE
JFiff. 14.
Au reste, le vieil art occidental ne peut prétendre au monopole de cet ornement. Voici que le numéro I jp, de la nouvelle Revue consacrée aux choses de la (V/^j ■■ , presqu'île coréenne, The Korea repository , donne ^FC fila rude illustration reproduite ici. (fig. 13.). jp^^,. i3
C'est un pot à gentiane en pierre, (la gentiane remplace le thé en ce pays), récemment découvert dans un tumulus de date incertaine, mais fort reculée.
Guîmet, dans ses promenades japonaises p. 109, esquisse un cheval consacré à Quanon^ la Koan-in |^ •=§• chinoise émigrée au Japon, lequel porte sur la croupe un rîf bien formé. (1). Une fin de chapitre de son Petit Guide illustré p. 186, présente en cul-delampe un blason japonais, sans indication de provenance, (fig. 14.). C'est peut-être celui que Audsiey, (Keramic art of Japon), donne comme le blason du daîmio d'Asciu (fig. 15.). Le P. de Charlevoix écrivait il y a longtemps: Avant Saint François Xavier, l'évangile n'avant point été prêché au Japon; cependant nous avons vu que les cérémonies du culte superstitieux des Japonais paraissent copiées d'après les nôtres.» C*est le fait du bouddhisme. D'ailleurs le Saint Apôtre trouva que le roi de Saxuma portait une croix dans son écusson, ce qui est surprenant dans un pays où la croix est un supplice infâme. Cela me fait croire qu'il y a au Japon quelques familles originaires chinoises, qui avaient eu, à la Chine, connaissance de notre sainte Religion.» (2). Il serait vraiment intéressant de savoir s*il s'agit d'une vraie croix, d'un simple ornement cruciforme, ou d'un rV) signe qui déconcertait un peu la critique d'alors, et que l'on trouve fort anciennement employé parmi les marques de porcelainiers et de faïenciers japonnais. De Milioué (Petit Guide illustré, p. 2i8.) attribue ce blason à «Shimadzou, prince de Satzoume : » (fig. 16.).
l'iff. 15.
Fig. 16.
(1) Est-ce par inadvertance qne le îfï est retourné? Le cas est fréquent dans les illustrations européennes, où le fait est souvtsnt dû aux exigences mal comprises de la typographie en relief. Il ne faut donc point se hâter de décider, sur de simples dessins, et avant d'avoir les originaux sous les yeux, s'il y a twastika ou sauattika.
(2) Bittoire du Japon, Louvain, 1828. Livre I. p. 81. — S* François-Xavier écrivait en .1552 au sujet des Japonais: «Dans ce pays, j*ai travaillé longtemps et avec application afin de oonnattre, d'après toutes les -anciennes tradi^ons, si les Japonais ont jamais eu connaissance de Jésus-Ohrist; et j*ai fini par me convaincre, qu'ils n*en avaient jamais rien connu. A Cangoxima, où nous sommes demeurés pendant une année, je me suis aperçu que le souverain et ses parents avaient une croix blanche dans leurs armoiiies de famiUe, mais néanmoins qu'ils ignoraient entièrement le nom de Jésus-Christ.» Lettrée de S. François-Xavier, Tome II, p. 230. Edition Pagès«
George Moore (1) reproduit ce double détail fort significatif, qu'il dit emprunter aux bas-reliefs indiens de Sandii, et qu'il explique comme représentant Bouddha ou la roue de la Loi (fig. 17.).
On De peut qu'être frappé de la disposition spéciale, en forme de croix, qu'affectent ces quatre tfj. Ils corroborent sans contredit les affirmations du D' Schlie- ((Les
man
si-
Fig. 18.
Fig. 17.
gnes rlj 6^ ^ C^o- ^^0 ^"^ ^^^i ^^^ ^^^ temps les plus reculés, les symboles les plus anciens de nos ancêtres aryens... Je suis à même de prouver que cette croix ainsi que le f)J, étaient pendant des milliers d'années avant J.-C, des symboles religieux de la plus haute importance, chez les premiers ancêtres des races aryennes, en Bactriane et dans les vallées de TOxus, à l'époque où les Germains, les Indiens, les Pélasges, les Celtes, les Perses, les Slaves, les Iraniens, ne formaient qu'une seule nation et parlaient tous le même langage.» (2). Il y là quelques exagérations qui se corrigent d'elles-mêmes.
Tout archéologue sait maintenant qu'Assurbanipal (900-830) paraît avec une large croix au cou dans un bas-relief ninivite au Britisk Muséum. Au même Musée, Samsi-Voul, ou Kaman III (822-809), porte aussi cette croix pattée; si bien qu'un enfant se figurait voir des évêques dans ces statues mitrées! Un collier royal, des bracelets, des harnais assyriens en sont aussi décorés. (3). A Londres encore, un« peinture égyptienne, datant de 15 siècles av. J. C. montre la croix grecque au cou d'ambassadeurs asiatiques apportant le tribut à un Pharaon. Tout cela est si connu, a été rappelé si souvent, que nous n'osons reproduire ici la gravure de ces documents» Contentons-nous de redire qu'on aurait tort d'y signaler autre chose que des amulettes ornementales.
Elle est bien singulière aussi la vignette que George Moore dispose en cul-de-lampe (4) et qu'il intitule «l'arbre de Bouddha», sans indiquer malheureusement où il la prend
(1) Dans son très curieux ouvrage The ïost trihea, (Londres 1861) psge 215.
(2) Rapport sur UêfauUles de Troie, p. 48.
{Sy Cf. Lenormant; Histoire ancienfie des peuples de VOrierU ; 4* Yol. p. 195, 206, etc. (4) A la page 16 de son ouvrage Tfie lost Tribes,
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(fig. 19.). Les amateurs d'analogies piquantes y verront sans effort une croix sur un piédestal, une crux gemmata, florida, de même style que plusieurs autres tirées des Catacombes. Leur en fera-t-on un crime, et n'y a-til là qu'une pure coïncidence, absolument fortuite? Tâche ardue que celle d'en décider:
reste à savoir si de pareilles représentations ne Fig. 19. sont pas dans les Indes, postérieures au sacrifice
du Calvaire.
Le Bôdhidruma ^|§^ «l'arbre de Bouddha» le Bodhilree ou BO'tree des Anglais, est le pippala, le bô, ou ficus religiosa, à Tombre duquel Sakyamouni fit sept ans de pénitence et devint Bouddha, Le lâlaj sorte de palmier, Borassus flnbelliformis, est également cher au bouddhisme. Dans presque toutes les anciennes religions, notamment en Asie, on a retrouvé ce respect pour un arbre sacré, reste indubitable des traditions paradisiaques sur fc r arbre de la science du bien et du mal.» Un bas-relief du Louvre représente Sagon (Salmanazar) devant cet arbre mystérieux, symbole d'immortalité, toujours vert, odoriférant, chargé de fruits. «L'arbre de vie, la plante de vie », est un thème coutumier pour la sculpture, la peinture et la glyptique de la Chaldée. Qu'on l'identifie avec tel ou tel végétal des Indes, c'est la même plante que le célèbre soma, plante sacrée des anciens rites aryas, et il faut y voir l'un des emblèmes les plus élevés de la religion (1).
Il va sans dire que les légendes de la race jaune présentent aussi leur «arbre de vie, d'immortalité. » Elles le nomment K'iongchou et le placent sur le mont K^oen-len (j^ -^), sorte de paradis terrestre, où la « mère du roi de l'occident, » Si-wangmou If 5E #» ^i^^* sa cour. Cet arbre prodigieux, tout de jade et de chrysoprase, a 10.000 coudées de hauteur et 1.800 pieds de circonférence; il ne porte de fruits que tous les 3.000 ans. Les fées en donnent alors à leurs favoris qui deviennent immortels. Taoïstes, lamaîques ou bouddhistes, les artistes chinois, mongols, thibétains, japonais ou coréens, reproduisent à l'envi ce motif, sous sa forme hiératique et conventionnelle, emprunté probablement, avec la légende elle-même, au folk-lore hindou. En réalité, les Brahmanes révéraient le ficus indica: les Bouddhistes lui ont substitué le ficus religiosa. Pauthier (Chine moderne I. p. 188.) mentionne un phou-ti, ou bô-d/ii, planté dans un temple thibétain de Pékin. Notons en passant que la croyance à ce paradis de lOccident, auquel préside Amithâbhaj Bouddha, (la lumière substantielle, infinie,) qui porte «l'étrange croix du swastika ^» sur la poitrine, est postérieure au Christianisme et en contradiction
(1) Cf. Vigoureux, La Bible et les découvertes modernes 3« éd. I. p. 199.
formelle avec le nirwSna, annihilation; car elle suppose un bonheur sans fin, en excluant les renaissances de la métempsycose. Ce dogme, exotique aux Indes, inconnu du bouddhisme septentrional avant l'an 147, popularisé au V siècle, encore ignoré en Birmanie, à Ceyian et au royaume de Siam, ce culte accompagnant habituellement celui de la vierge Koan-fn, «la Déesse de la misëricorde,» est originaire du Cashmir, du Népaul, et dénote l'in* fluence des idées gnostiques de la Perse. Ces rapprochements donnent à réfléchir. Le nom à'Amithâbha, ou Amida, est actuellement beaucoup plus répandu en Chine que celui de Bouddkaâa^yamount. (1).
En ce pays. )e svastika s'est glissé jusque sur les plus humbles objets de ménage. Voici le dessin exact d'une vulgaire brosse, où trois -tter*
^ ae dessinent .■.•.[■}.'.hKi!7.
en crins de couleur sur un fond uni : {Og. 20).
Fig. 21.
Les femmes chinoises retiennent leur chignon avec une sorte de navette en argent, ornée parfois de deux îH ^maitléa en bleu foncé (fig. 21.}.
Certains gâteaux, vendus sur la rue, portent ce ^ imprimé dans la p&te avant la cuisson.
J'ai trouvé, à l'étalage d'un brocanteur de Nankin, bien achalandé en dinanderie chinoise, un simple chandelier de laiton ainsi conçu': (flg. 22.). Le Musée Uuimet en possède d'analogues.
J'ignore si c'était un ustensile réservé à des usages rituels ou domestiques. II est curieux de le rapprocher d'une sorte de lustre ou suspension, dont on peut voir plusieurs spécimens dans la pagode bouddhique de Long-hoa (H M) près Changhai, (fîg. 23 p. 17.).
~IUm; HawDtaok...