‹ Croix et swastika en ChineChapitre 28 sur 136 · II. LE iï DÉCORATIF — ISOLÉ · texte numérisé non relu

II. LE iï DÉCORATIF — ISOLÉ

suffisamment éloquent, (fig. 54].* J'insisterai de nouveau sur ce

fait que, dans beaucoup des spécimens déjà représentés, les croix gammées ne r^ Z"^^ A TTTT A\ sont pas tracées dans leur sens habituel.

ijKjflTjiJl Est-ce parce que l'auteur de la planche

^V -^-- ▼-^-- Vy originale les a dessinés directement sur

le bais à graver et dans leur vrai sens, Fia. bi. sans prendre garde que l'impression les

retournerait ou les orienterait différemment? De plus savants répondront et décideront d'un point qui ne peut être établi que sur une quantité notable d'observations. Nous inclinons à croire que les dessinateurs du Céleste Empire ne distinguent plus, s'ils ont jamais distingué.

Le dictionnaire chinois anglais de H. Giles (Chang-hai 1892) prétend, que le sauvastika ^ «le 4® signe de l'empreinte du pied de Bouddha,» ne doit pas être confondu avec le !Jî swastika ou «marteau de Thor» qui a les branches lournées vers la droite. H. Giles n'explique pas sur quoi il base sa distinction; il n'admet pas, évidemment, que les populations des bords du Gange, grâce à leur parenté indo-germanique, aient jamais eu connaissance du marteau de Thor, le dieu Scandinave. Ces Scandinaves auraientils emprunté leur marteau aux Indes? (1)

M. l'abbé Hamard écrivait déjà en 1887: «Régulièrement, les crochets du swastika doivent être dirigés vers la droite; quand ils ont une direction contraire, ils s'appellent proprement sauvas^ tika; on a beaucoup disserté sur l'origine et la véritable signification de ce signe. Ce qu'il y a de plus probable, c'est que à l'origine, c'était un emblème du soleil lançant de toutes parts ses rayons, d'autant que dans les védas, le soleil est appelé une roue d'or ou une roue brillante. La roue elle-même a joué dans l'antiquité, spécialement chez les Gaulois, le même rôle symbolique. Le swastika n'en diffère que par ses crochets qui ont pour but d'indiquer la direction du mouvement. On a pensé qu'ils indiquaient soit le soleil du printemps, soit celui de l'automne, selon qu'ils étaient tournés à droite ou à gauche.» (2).

Pour contribuer à fournir les documents à l'aide desquels sera tranché peut-être ce différend, notons qu'au seuil, garni d'une lame de laiton, d'une boutique chinoise de Chang-hai, on a, par de gros clous en cuivre à tête ronde réalisé un système

(1) Cf. page 12.

(2) Cosmos. 1887. p. 204. Eu fait, les spécimens de la page suivante montrent presque tous des ITÏ *

30 CROIX gT aWABTIKA.

évidemment symbolique de déocration, dont la croix oonatitue les éléments principaux. (1). (iig. 55).

Fiu. 55, Le semÎB composite de l'étofTe représentée au frontispice de l'ouvrage de Audaley, Keramtc arl of Japa.ti, procède de la même pensée figurative, semhle-t-il. (fig. 56). Le tfi y est en noir; le reste eo or sur fond noir aussi. Quant aux deux autres signes qui alternent, on y lira peut-être le caractère k'eou Û, et le caractère i ^, ou bien encore fit ^. Audsiey n'indique pas la provenance de ce morceau sinico-japonais; il nous manque donc un des éléments qui pourraient metter sur la voie d'une explication plausible.

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Fig 57.

Signalons la planche XIV du même ouvrage {fig. 57). L'étoffe qui recouvre l'étagère, supportant le vase reproduit, se présente avec plus de netteté ■ et offre moins de complications: 3 lignes droites se croisant normalement et emprisonnant des p^, répétés dans chacun des carrés de ce treillis. Le système n'est autre, en dernière analyse, que celui de nos graffîli nankinols, insérés à la page 25.

(1) Le format de ce livre nous oblige à la figurer en deits lignas. Daub 1a seconde, lu Chatir.'-sovrii forme le r^Hi asuel, binÉ sur ce fait t]ue le son ehinoia/ou «ignifio à lu fois cet ammal et le bonheur. Ce genre de ottlembour, auquel se iirêtent fldniir(i,blemeiit lëa quelques oentiùnes de monosyllabes de In Inngue cbinoiae, est des plus communs. I^e seuil représenté n plusieuia njètres de longueur,

g IL LE ifi COMBINÉ.

Exemples concrets — La «grecque chinoise et japonaise»

Méandres, damas, entrelacs.

Audsley nous fournira encore le début de ce paragraphe et son lien avec le précédent. Nous ayons à relever, on s'en souvient, quelques exemples où le flJ ï^'est plus isolé, quoique répété, mais relié, rattaché, combiné avec un ensemble dont il forme partie intégrante, sinon principale. Car il ne faut pas oublier que, dans un système décoratif de cette sorte, l'attention se portant de préférence et exclusivement sur un motif, en change, à son gré et tour à tour, le sens subjectif et par conséquent aussi la signification suggestive. En vertu de ce travail de transposition arbitraire, les formes principales peuvent devenir subordonnées.

Appliquant même celte théorie au rli, si nous voulons décomposer, analyser, disséquer la croix gammée, nous la trouverons formée d'une croix ^, et de quatre lignes parallèles deux à deux, s'embranchant à angle droit sur chacun des bras de la croix. Ou bien si Ton préfère s'en rapporter au nom même de croix gammée^ c'est, avons-nous dit, la disposition dans un ordre particulier de quatre gammaSj opposés par la tête autour d'un point central.

Or, dang les exemples empruntés soit à Audsley, soit à certains monuments originaux, la présence du ^î est-elle formelle ou simplement matérielle? Est-elle voulue, intentionnelle, ou simplement accidentelle? N'y doit-on signaler qu'un croisement, une intersection, un raccord, un artifice commode ou ingénieux pour relier symétriquement deux motifs de mouvement contrarié?

Owen Jones (1), estime que l'ornement grec était qn ornement inférieur, en tant que système, vq qu'à ces yeijx l'art est symbolique par essence. Les ornements chinois, o\\ entrait le JW originairement symbolique, pourraient peut-êt^^ «le prévaloir au moins de cet avantage sur les rinceau]ç, le« volutes 0t î^rabesqueg de l'ornementation hellénique ou gréco-roH^ç^ine. On 0bject3ra (jue l'art classique contenait aussi les éléments du ft daos 1a grecque. Mais, cela fût-il exact, le j^i y était-il autre chose, avons-nous demandé, que le résultat d'une rencontre fortuite, le fruit d'un renversement d'allure, d'un échange de direction, un cas d'aiguillage sur une autre voie, comme cela se pratique par nos ornemanistes modernes? Les yeux des Grecs le saisissaientils par sa signification figurative? Etaient-ils capables de l'isoler dans ce système décoratif, purement géométrique, imaginé par

(1> Orammaire de V Ornement,

le désir d'innover, de varier, ou bien rencontré par un chanceux hasard (fig. 58), ou encore trouvé sous bénéfice d'inventaire parmi le lot, l'héritage des

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traditions venues des ancêtres, lesquels n'avaient pas su lui garantir à jamais sa valeur représentative?

Il est vrai qu'on objectera de nouveau :

vos Chinois eux-mêmes sont-ils plus aptes que les Grecs et les Romains à l'effort d'intelligence, requis pour analyser, élaguer, dégager le symbole, le motif principal, parmi l'encombrement des accessoires? Ainsi — nous venons au concret — dans l'exemple sinicojaponais (fig. 59.) est-ce le Fb! qui est le motif principal, on bien l'espèce de croisé écossais qui le reçoit? Libre à chacun de répondre comme il lui plaira. La discussion de ce puéril problème serait de mince profit; mieux vaut soumettre à Texamen du lecteur quelquesuns des plus saillants exemples sur lesquels s'engagerait le débat.

On pourrait les répartir en plusieurs catégories. La première comprendrait ceux du type des figures 60 et 61, où le flJ résulte, par construc-

ion, du simple croisement des lignes, sans être le butspécial 'du dessinateur.

Fig. 59.

Fig. 60.

Dans la deuxième catégorie on rangerait les exemples où les flJ entrent en composition avec les lignes droites. Deux sections subdiviseraient cette dernière catégorie : la première comprenant

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