‹ Croix et swastika en ChineChapitre 47 sur 136 · IV. LITURaiB ET ASGETBS. / t · texte numérisé non relu

IV. LITURaiB ET ASGETBS. / t

types conservés au Royaume du Soleil Levant, en Corée et en Annam, le figurent avec la eroix latine, la croix grecque ou le fH.

Aux Indes, il semble que sa caractéristique soit autre, à moins que, comme on l'a soutenu plusieurs fois, le flJ ne soit que le symbole réduit de la roue de la loi, la tchakra hindoue, «qui est toujours, un objet de culte ou au moins de bénédiction. On le trouve toujours honoré et généralement placé au-dessus des autres emblèmes. Je serais porté à

dire que c'est le symbole de Dhar- vk( ^ vj^

ma». (1). Cette interprétation rendrait ^f^ C^ Af^

moins singulier le changement ou Té- fiç, 145.

quivalence de la roue^ du ft? de la-f~ (fig. 145) et enfin la présence de la f

au cou de Ta-mo au Se-tch'oan. Ces étapes de la roue à la croix Icitine f seraient plus clairement marquées.

Si la tchakra^ ou roue de la loi, symbole de la tradition bouddhique, du Dharma hindou — Dhamaj en pâli, d'après Eitel, et Ta-mo en chinois — a pour signe algébrique le yn, il est moins surprenant de rencontrer la croix, même latine -j-, sur la poitrine du Ta-mo chinois. (2). Dharma est aussi un des personnages de la triade bouddhique.

Bazin suggère une interprétation assez piquante et Tappuie de détails historiques plus précis ; resterait pourtant à savoir si nous n'avons pas affaire ici à un troisième personnage, différent de Ta-mo l'Apôtre, et de Dharma le peintre. Les Annales ou les traditions locales de la Chine, où l'on condense souvent ainsi plusieurs personnages en un seul, mentionnent un peu partout des ascètes ou ermites. Au nombre des passagers célèbres du Ngan-kHriQ-fou ^ |f J^, «on cite le prêtre ou bonze Thsân (le brillant) qui vint de Ta-mo (Damas?) dans le royaume du milieu^ sous le règne de Yuen-thsoung de la dynastie des Thang (de 713 à 756 de notre ère). Ce religieux de Damas n'avait, selon la tradition, que ses vêtements de religieux et un vase pour recevoir sa nourriture. Ce fut à San-tshou que Thsan arriva pour communiquer et propager sa doctrine, et il expliqua cette doctrine, cette loi (f&), dans une vallée déserte de la montagne Houêtn (3). Il finit ses jours et fut enterré au sein d'un monastère situé

(1) Fergiisson, Handhook of Architecture ^ p. 157. En réalité «tourner la roue de la loi, Dharma Tchakra^ c. à. d. propager le bouddhisme», est une expression figurée qui a son pendant en celle-ci : «prêcher la Croix, la religion chrétienne».

(2) Nous avons donné plus haut, d'après les dessins de George Moore, les signes caractéristiques en question. Voir, page 212 de non ouvrage Thelost trihea^ ce qu'il dit de cette «roue bouddhique». Il renvoie lui-même à divers passages de la Bible, faisant remarquer que Çakya-mouni, né vers 623, peut avoir connu Ezéchiel, ou ses prophéties, dont tant de détails semblent reproduits par le Bouddhisme.

(3) «Cette >inontagne, très célèbre chez les chinois est située au Nord-ouest du Canton de l^sien'Chan»,

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dans une vallée de la montagne en question. L'empereur Youen-i thsoung, des Thang, lui conféra le titre honorifique posthume de maître de la contemplation spirituelle et miroir de la sagesse. Le religieux dont il est ici question fut vraisemblablement un des nestoriens de Syrie qui se rendirent en Chine pour y prêcher le christianisme dans le septième et le huitième siècle de notre ère et dont le Monument de 8i-nan-fou, érigé en 781, porte témoignage». (1).

M. Dabry de Thiersant cite un ouvrage chinois, le Kien-yu" tou qui parle d'un «petit État nommé Tamosze (Damas.) enclavé dans le Ta-tsin-kouo, et d'où sont venus les étrangers qui ont apporté en Chine la religion lumineuses . (2). L'auteur français fait encore cette remarque (p. 33) : Le bouddhisme porte, en Chine, les noms de Fo-kiao. religion de Fo, ou Tamo kiao, religion de Tamo. Quelques personnes ont cru que ces dernières expressions s'appliquaient à la religion de 8. Thomas... C'est une erreur, Tamo est le nom chinois donné à Boddhi-Dharma... venu en Chine en 495». (3).

L'histoire démêlera peut-être l'inextricable imbroglio des traditions contradictoires qui gravitent autour de ces noms. On peut affirmer en attendant, que la légende, ou, si Ton veut, l'histoire semi-légendaire de Tamo compte parmi les plus répandues et les plus populaires de l'Extrême-Orient. Nous souhaitons vivement (|ue l'on continue à collationner les textes indigènes, à signaler les indications du folk-lore local, et surtout les monuments archéologiques, où les traces de ce personnage restent les plus visibles.

La cinquième des «douze grottes, Che eul long -f- ^ ^)) que l'on visite à Koan-in~men, l'une des portes de la «grande enceinte» de Nankin, est dédiée à Ta-mo, «saint bouddhiste, dit tiù des bonzes gardiens de ces grottes, venu en Chine de l'Occident, souâ Ou'ti^ des Liang, vers 502, et qui prêcha et voyagea dans beaucoup de pays. Une correspondance du North China Daiiy-iVews (17 av. 1890), décrit ainsi cet endroit : «La grotte de Ta^mo porté le N** 5, et se trouve en haut d'un escalier que l'on atteint pft^ un sinueux et étroit sentier. C'est une petite anfractuosité dans le roc, laquelle n'a rien de remarquable ni d'attachant* La caverne est juste assez large pour abriter deux bonzes bouddhistes, un chien et une demi-douzaine d'images. L'idole, Ta-mOj

(1) Chine moderne, de Pauthier; 2« partie par Bazin. — Parfs, Didot, 1853. pp. 81/82 L'auteur renvoie au Ta-UHng-i-t'ong'tche, K. 56, f« 44, verto — Item à la Géographie spéciale du Chenêi eii 60 vol. chinois. K. 77, f<» 26.

(2) Dabrjrtie Thiersant. — Le Catholicisme en Chine au YÏIP Siècle. Paris.— p. 24. (S) D'après Eitel, Bodhidharma est le !•' patriarche pour les Chinois, (le 28» pour

les Indous. Ils le nomment ^ j^l ^ St) Fils d'un roi de l'Inde du Sud, il s'appela d'ftbo'd Bôdhitara et vint en Chine en ô20, apportant le patra oa palmier, horassiis flabeUifonnis.

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