‹ Croix et swastika en ChineChapitre 83 sur 136 · III. TRADITIONS ANCIENNES SUR LA CROIX · texte numérisé non relu

III. TRADITIONS ANCIENNES SUR LA CROIX

Qu'on n'accorde au Tau que la forme moins accentuée de notre T, la disposition cruciforme y est suffisamment indiquée, puisque c'était la croix, crux, furca, des Romains et des premiers Chrétiens. Quiconque la trace sur son front ou dans l'espace ne fait guère pratiquement de différence entre le T latin, la croix latine •}-, ou la croix grecque -f-* ^^ n'est donc pas téméraire de supposer que la connaissance, en Chine, de ce signe et de sa vertu, est dérivée en partie, de ces Juifs immigrés d'aussi bonne heure, avec un grand nombre de leurs livres sacrés. (1). C'est un argument pourtant que je me garderais bien de vouloir outrer.

Quand les anciens «Chrétiens de S. Thomas» d'abord, puis les «Nestoriens» du VIP siècle apportèrent la vraie croix chrétienne, «qu'ils prirent comme sceau de leur religion,» dit l'Inscription de Si-ngan fou, il n'est pas nécessaire de recourir à une fiction trop audacieuse pour croire que ce signe ne parut pas trop insolite, la voie lui ayant été frayée par les Juifs réfugiés dans les régions moyennes du bassin du Hoang-ho. Ils abondent, du reste, les

formes sont celles de Taphabet araméen au temps d'Esdras. Cf. Filllon, Atlas de la Bibh^

pi. LXVII.

(1) Le mémoire du P. Oibot, présenté plus haut (p. 106), mentionne que peu de temps après le voyage du frère chinois envoyé par le P. Ricci, «la f«yiiagogue de K'ai-fong fou fut réduite en cendres avec les bibles et les livres qu'on y conservait. Tout ce qu'on sait des recherches qu'avait fait faire le P. Kicci (1552 — IGIO), encore ne le sait-on que par tradition et par des manuscrits sans autorité, c'est que 1"/ la bible de K^ai-fongfou avait près de GOO ans et était bien conservée; 2^/ qu'elle était sans points; 3**/ que la copie du commencement et de la fin du Pentateuque, qu'apport.i notre fi-èro chinois, se trouva conforme avec ceux de la bible hébraïque de Philippe II. L3 P. Aleni (1582 — 1649) alla quelques années après à K*ai-fongfou pour faire lui-môme de nouvelles recherches et confronter la bible de i5L*oi-/onj7 /ou avec celle de Pàilippe II, qu'on a encore au collège. Mais quelques offres qu'il fit aux Juifs, il ne put pas môme obtenir de voir leur bible.... Le P. Gozani (1647 — 173)) alla exprès à K'ai-fong fou et écrivit une assez longue lettre où il rendait compte du succès de ses recherches. Il y joignit une copie des Che-pei ou inscriptions gravées sur de gi-andes tables de marbre qui sont à la porte de la synagogue. Le P. de Beauvollier (1656 — 1708) les traduisit et les envoya en France.... Lç P. Domenge (1656 — 1735) voulut bien se charger de faire un voyage î\ K'ai-fong fou. Il envoya divers mémoires en 1721 et 1724. Nous ignorons s'ils ont été publiés.» L'auteur rappelle encore diverses tentatives du P. Gaubil (1689 — 1761). L-is Che-pei ou inscriptions datent de Tong-lo (1519) mais elles sont conformes aux anciennes. Il ajoute : «Les Bibles de K'ai-fong fou ne sont plus que des copies de celle qui fut envoyée, après l'incendie, par les Juifs du Kharossan.... Il y a ici, à Pékin, une bible, dans un temple d'idoles appelé Fongking se, ou temple, où l'on garde les Kingy*, — Cf. T'oungpao, mars 1893; deux mss. inédits du P. Gaubil sur ces Juifs.

monuments où Ton observe des dessins qui pourraient passer pour des T; des miroirs taoïstes (fig. 158) employés souvent à des sortilèges, les reproduisent avec une persistance bien singulière. (1).

Fiff. 158.

Nous avons insinué plus haut que Terreur sur la forme exacte de la croix de Si-ngan fou ne s'était accréditée que parce qu'on avait voulu lui trouver une ressemblance graphique avec celle découverte au milieu du XVP siècle, près du tombeau de 8. Thomas, à Méliapour. Il n'est donc pas sans intérêt de rechercheir quelle était la forme de cette «croix de S. Thomas». Le P. du Jarric emprunte à Osorius le récit de cette découverte; nous le résumons ici.

Vers 1548, les Portugais voulurent faire bâtir une chapelle sur la colline où le 8. Apôtre avait été massacré par les Brahmanes, près de Méliapore, ou «ville de S. Thomas.» Dans les fondations d'un monument ruiné on trouva «une pierre de marbre blanc, de quatre pans de long, et trois de large, sur laquelle d'un costé estoit gravée à demy relief une croix : qui de tous les quatre coings aboutissoit en fleur de lys cambré, ou courbé c^hors,

(l) Cf. aus8i Gust. Dumoutier. Rerue d'Ethnographie, 1885, p. 335. On y lit que «le tau égyptien, diaprés ChampoUion, est la forme hiératique, ou la dégradation, Tabréviation tachygraphique de Thiéroglyphe figuré par la croix ansée.» Liante ur donne de fort curieux exemples du signe T, hiéroglyphes du temple de la croix à Palenqué. Amer, centr.; mais il ose tix>p en proposant ridentification du ton T avec le caractère chinois J qui signifie dou, La même remarque a été faite au sujet des analogies qu'il relève entre le caractère xST ^^ les signes

ô çil^ijî

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