‹ Croix et swastika en ChineChapitre 90 sur 136 · S III · texte numérisé non relu

S III

Croix trouvées au Fou-kien. — Monnaies et médailles. — La «pagode de la croix» près Chang-hai.

Heureusement les entrailles de la terre ont parfois conservé des témoignages sensibles des vrais événements, pour les produire au grand jour, à Theure marquée par la Providence. Qu'on en juge. L'histoire des missions franciscaines nous apprennd qu'il y avait deux églises à Zaïtoûn (1) Tune dans la cité, l'autre dans une forêt non loin de la ville.

C'était un grand centre catholique (2). «On a trouvé dans cette ville, dit M. Martini, des vestiges de Chrestiens et beaucoup de pierres taillées et gravées du signe de la sainte Croix, avec Timage de la Vierge Marie Mère de Dieu, devant qui les esprits célestes se prosternaient, et deux petites lampes pendantes sur ces Croix mesme dans le palais d'un certain Gouverneur; on y trouva une fort belle Croix de marbre, que les Chrestiens en tirèrent après avoir eu permission, et qu'ils mirent dans l'Eglise que nous avons dans cette ville, avec beaucoup de dévotion et de pompe. J'ai aussi veu avec mes compagnons un vieux livre chez un homme docte, fort bien écrit en lettres Gothiques sur du parchemin fort délié, où il y avoit la plus grande partie de l'Escriture sainte en latin; je fis tout mon possible pour l'avoir; mais je ne pus obliger celui qui en estoit le maistre de me le donner, quoy qu'il fust payen, encore que je l'en priasse et que je lui offrisse de l'argent; me disant qu'on gardoit ce livre dans sa famille comme une chose fort rare que ses ancestres y avoient conservé plusieurs années.» (3). [Martini p. 157). Ces souvenirS se complètent par ailleurs : «D'après l'histoire des dominicains espagnols en Chine, rapporte un écrivain qui habita Tchang -tcheou ces dernières années, on utilisa, pour reconstruire les murs de la ville, les matériaux des églises ruinées, et beaucoup de ces pierres portaient des croix

(1) Tchang-ickeou pP 5t|; cf. suprày p. 147 n. 3.

(2) Un passage d'André de Pérouse, cité par H. Cordier (OdoHc de P. p. 282), s'exprime ainsi : «Je fis construire, dans une forêt peu éloignée de la ville, une église convenablement belle, avec une habitation suffisante pour vingt-deux religieux j il y avait quatre chambres pour loger les prélats. » Plas tard il y eut trois églises de Franciscains en cette ville.

(3) A. de Rémusat parle de cette dernière trouvaille, dans le JV^ouveau Journal eisiati' que, T. IV, p. 398. Les protestants conviennent qu'ils n'ont pas introduit la Bible en Chine; quand cesseront-ils d'affirmer, contre toute vérité, que les prêtres catholiques l'interdisent aux Chinois? Là discipline ecclésiastique de l'Eglise, en Chine comme ailleurs, pourvoit uniquement à ce que la lecture des Saints Livres, texte ou traduction, se fasse avec un hun>ble respect, sans imprudence ni danger. Depuis longtemps elle ne cesse de travailler à produire une version chinoise qui soit le digne pendant de la Douay jBible, — œuvre ardue entre toutes, de l'aveu même des protestants des diverses dénominations. Jusqu'aux Tchanç'mao qui l'ont essayée il y a quelque quarante ans ! Cf. T^oting-pao de mai 1892.

CROIX ET SWASTIKA. If.

gravées. Une autre découverte curieuse, ayant trait à ces missions, est celle mentionnée par P. Ricci, et qui semblerait se rapporter précisément aux ruines de l'église franciscaine, bâtie par André de Pérouse en dehors de la ville de Zaitoûn : « Les païens de Tchang-tcheou, dit Ricci, trouvèrent dans une colline voisine, appelée Saysou, une autre croix, sculptée dans un seul bloc de pierre et d'une forme magnifique. J'ai eu le plaisir de la placer dans l'église que j'ai bâtie en cette ville. Les païens ignoraient à quelle époque elle remontait et comment elle se trouvait enterrée là». (1).

Les croix dont il est ici question sont-elles celles dont nous trouvons les trois fac-similés au début de l'ouvrage du P. E. Diaz (mentionné plus haut p.

127) sur l'inscription de Singan fou? Les trois figures sont accompagnées d'un texte chinois que nous traduisons ici : 1®) Croix A. «Monument de pierre de la Sainte Croix, sur la montagne SUchan, au sud de la préfecture de TsHuentcheou fou. La 47® année de l'Empereur Wan-îi H j^ (en 1619) on trouva ce monument dans la terre, et la 11® année de l'Emppereur Tch'ong^tcheng ^ 1^ (en 1637) on en fit le décalque ci-contre. (2). (fig.

Fig. 162.

Dans une note de son Cathay (p. CI), Yule rappelle qu'une Bible latine du XI* siècle, reste probable de la mission de Monte-Cor vin o, acquise d'un Chinois parle jésuite Philippe Couplet, dans la Province de Nanking, se conserve à Florence, dans la Bibliothèque Laurentienne.

(1) Histoire des missions dominicaines en Chine, Madrid, 1871. Vol. II. j>. 316. — Cf. Journal de la Soc, Asiatiq. de Chang-hai, XXII, n" 1 : « Chang-choio Vie capital of Fuhkien in Mongol times, by Philipps», consul anglais. Voir aussi le T^oung-pao, (suprà p. 147); cette Revue suggère (p. 236) que (fSaysou serait peut-être Sai-soa W LU 9 la colline de l'Ouest.»

(2) Si'Chan se trouve un peu au nord d'Amoy {Emouy, ffia-men S, P j)»

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