IDÉE GÉNÉRALE
Le Révd. Mr. Ed. Quertier, curé de St. Denis, dans le district de Québec, eut le premier la pensée de donner une Croix pour servir d'étendard aux associés d'œuvre si admirable et si merveilleuse de la Tempérance totale* Cette pensée lui fut envoyée du ciel pour encourager et affermir la société de tempérance. Que le Dieu des miséricordes en soit éternellement béni !
En effet, entre tous les signes de ralliement à une œuvre de ce genre, rien de plus convenable et de mieux adapté, que le signe adorable de la rétemption qui rappelle le souvenir de toutes les souffrances et de toutes les privations, jusqu'à la mort même, en* durées pour satisfaire à tous les excès de nos mauvaises passions.
LA CROIX
La croix, d'abord objet d'exécration pour tout le genre humain, a vu cet opprobre cesser du jour où le Fils adorable de la Vierge sans tache y laissa attacher ses membres divins.
Purifiée et sanctifiée dans le sang du Sauveur, la croix est devenue pour tous les chrétiens Parme la plus puissante contre toutes les passions. Elle rappelle d'où a jailli pour le salut du monde la source divine de la grâce.
Par conséquent la croix devient aussi pour l'associé de la Tempérance l'arme la plus puissante pour terrasser et détruire l'ignoble passion de l'ivrognerie.
Pour lui surtout, la croix a une vertu divine ; une voie forte et touchante y parle continuellement pour lui dire :
" Enfant privilégié de la croix, prends " courage. Je suis le plus sûr témoin " de l'amour de ton Dieu pour les " hommes, et particulièrement pour " hommes de bonne volonté. Le " sacrifice que tu as fait en me re- " cevant est toujours présent devant " le trône de Dieu. Combats géné- " reusement ; tu vaincras par ce si- " o-ne . . . Prie seulement à mes pieds
LA CROIX, S
" le Dieu qui m'a voulu prendre pour " l'autel de son sacrifice. C'est le u Dieu fout-puissant. Je t'en assure, " pour persévérer dans ta noble ré- " solution. Si jamais la pensée de " boire encore de ce poison fatal, " qui tant de fois a donné la mort à " ton âme ou à celles de tes frères, " venait à ton esprit, souviens-toi " que la victime adorable, expirant a dans mes bras, a été abreuvée de fiel " et de- vinaigre. Lève alors la tête, a et considère, en esprit, d'où la force " et le salut te viendront de nouveau."