‹ Croix presentee aux membres de la Societe de TemperanceChapitre 7 sur 11 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

u jour, avec la vertu, tu auras la vraie " richesse,, la possession éternelle de " Dieu, l'auteur de tout bonheur et de " toute gloire."

A celui qui est sous le poids d'une noire calomnie, la croix ne dit-elle pas : " Pourquoi te désoler ? Tu as c perdu l'estime du monde, mais tu ' n'as pas perdu celle de ton Dieu. c Est-ce que celle-ci ne te suffirait pas? c Tu es calomnié, mais Jésus-Christ c ne l'a-t-il pas été plus cruellement 4 que toi ? On t'a fait perdre ton hon- 4 neur, ne l'a-t-on pas fait perdre à 4 Jésus-Christ ? Et c'est lui qui a dit : 4 Bienheureux ceux qui souffrent per- 4 sécution pour la justice, (c'est-à-dire, 4 qu'on fait souffrir injustement) , par- 4 ceque le royaume des deux est pour 4 eux. Ah ! remets ta cause entre les 4 mains de Dieu ; pordonne de bon \ cœur et fais du bien à ceux qui te 4 font du mal. Voilà le chemin pa:

' lequel Jésus-Christ a passé. Refuserais-tu de le suivre ? C'est le chemin du ciel." Et vous pauvre mère, qui avez perdu cet enfant tendrement aimé, plen- K

rez sans doute, pleurez même abondamment ; votre douleur est légitime.

Mais mon Dieu ! vos larmes ne fermeront pas la blessure que la mort vous a faite ; vos amies ne feront pas mieux ; vos longs chagrins, vos insomnies, votre désolation qui paraît sans remède et qui finirait par vous conduire vous-même au tombeau ; tout cela s'épuiserait avant d'épuiser votre douleur. La croix seule a le secret de vous consoler, elle qui a vu toutes les douleurs et qui a reçu le don de les calmer et de les guérir. Et puis, au pied de cette croix, ne voyez-vous pas cette Mère des douleurs, la divine Marie, à qui de cruels bourreaux viennent de ravir le fils adorable ? Oh !

unissez votre douleur à la sienne, vos larmes à ses larmes, votre sacrifice à son sacrifice. Comme vous, elle a perdu son fils, mais Dieu Pa voulu ainsi. En voilà assez pour la divine mère. Et ce ne sera pas assez pour vous ? Dites donc : " Mon Dieu, je " me résigne ; que votre sainte volon- " té soit faite. Vous m'avez enlevé M mon enfant pour en faire un ange

m dans le ciel . . Il se serait peut-être " égaré, s'il eût vécu longtemps dans " ce monde pervers. . . .

Pour vous dont les infirmités habituelles, les privations de tout genre, les accidents, les malheurs, lapauvreté ou quelque autre calamité viennent déchirer le cœur, allez aussi près de la croix ; elle vous fera connaître que tout, excepté le péché, coopère au salut, quand tout est accepté avec ré.

signation ; qu'il ne sert de rien de se plaindre, de murmurer, de se livrer au chagrin ; que les biens comme les maux viennent de la main paternelle de Dieu. Il veut que vous ayiez cette peine, enduriez ce malheur, cette perte, ce dommage, r? îtte infirmité. Il sait mieux que nous ce qu'il nous faut.

Comme Jésus-Christ, sachons dire en tout cela : " O Dieu ! ô mon Père, que " votre volonté se fasse et non pas la " mienne." Ainsi la croix vous redonnera le courage, fermera vos blessures, tarira vos larmes, rendra votre cœur résigné, et votre âme, pleine de vertus et de mérites, attendra en paix la récompense éternelle qui succédera aux tourments de cette vie.

Nous voilà en eifet au terme de la vie du chrétien. Nous avons parlé à les états les rangs ; nous

remède souverain à toutes les infortunes, à tous les malheurs, à toutes les douleurs du cœur ; reste à parler au moment suprême, à Pétat dernier de l'homme sur la terre.

Que dit la croix au chrétien mourant ?

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