‹ CromwellChapitre 4 sur 10 · IJ · texte numérisé non relu

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une pleine jouissance ? Mon cher cœur, sollicite avec ferveur que ni ton mari ni rien au monde ne refroidissent ton amour pour le^Christ. J’espère que ton mari ne sera pour toi qu’un encouragement à mieux aimer et à mieux servir. Ce que tu dois aimer en lui, c’est l’image du Christ qu’il porte dans son être ! Vois cela ! préfère cala et n’aime tout le reste que pour cela soûl. Adieu, je prie pour toi et pour lui; prie p<aur moi !... »

Est-ce là le style d’un astucieux politique, qui ne se démasquerait pas même devant sa fille préférée, et dont les plus intimes confidences de famille ne seraient que d’indignes supercheries pour tromper un monde qui ne devait pas les lire de son vivant ?

Ce mysticisme n’était pas isolé dans le général, c’était l’àini&de l'armée-

iil:

« Pendant que nous, creusions la mine sous le château, écrit-il ailleurs, dans sa campagne d’Écosseî, M. Stapleton prêchait, et les soldats qui l’écoutaient témoignaient leur componction par des gémissements et par des larmes.

» Ceci est une glorieuse journée , dit-il après sa victoire de Preston . Que Dieu aide l’Angleterre à répondre à ses grâces et à profiter de ses miséricordes ! »

Et après une autre défaite des royalistes, dans une lettre à son cousin Saint-John :

« Je ne puis parler, écrit-il, comme oppressé de sa reconnaissance, je ne puis rien dire. Mais sûrement le Seigneur mon Dieu est un Dieu grand et glorieux! Lui seul est digne d’être tour à tour notre crainte et notre confiance ! On doit surtout compter sur sa présence, il ne faillira pas à son peuple! Que tout ce qui respire loue le Seigneur! Rappelez.-moi à mon cher père, Henry Yane (son collègue au parlement, enflammé du même zèle religieux, et républicain); que Dieu

nous protège tous! Ne nous inquiétons pas de ce que les hommes pensent de nos actions. Bon gré mal gré, ils feront selon la volonté du souverain maître, et nous, nous servirons les générations à venir. Nous attendons notre gloire et notre repos ailleurs. Celui-là sera durable. N’ayons soucis de demain ou d’autre chose. L’Écriture a été un grand appui pour moi. Lisez Isaïe, versets 8, 14, 14; lisez tout le chapitre. Un de mes pauvres soldats mourut à Preston. La veille de la bataille, étant malade et près d’expirer, il pria sa femme, qui faisait sa cuisine, dans la chambre, de lui apporter une poignée d’herbe. Elle le fît ; et, quand il eut cette herbe verte dans la main, il demanda à sa femme si cette herbe se dessécherait maintenant qu’elle était coupée.

» — Oui, certainement, lui répondit la pauvre femme.

» — Eh bien, reprit le mourant., souvenezvous qu’il en sera ainsi de l’armée du roi!

» Et il moulut en prophétisant. »

LU

Il nomme les combats un appel à Dieu. Il justifie le parlement contre ceux qui lui reprochent d’avoir porté trop loin la révolte par des raisons exclusivement religieuses.

Il soutient ses amis dans leur lassitude de la guerre et dans leurs hésitations par des motifs empruntés à la divinité de leur mission. Ce Mahomet du Nord a la résignation obstinée du Mahomet de l’Orient dans les extrémités de sa fortune. Le rôle de martyr lui convient autant que celui de vainqueur. Il est rassasié de popularité à la tin de ces années de lutte, et il ne s’enivre pas une minute de sa vaine gloire.

« Vous voyez cette foule ? dit-il tout bas à Vane, son ami, le jour de son entrée triomphale à Londres ; il y en aurait bien davantage s’il s’agissait de me voir pendre. »

Son cœur est ici, sa gloire est plus haut.

Nul ne juge mieux le peuple, mais, tout en le jugeant, il ne se croit pas le droit de le mépriser ; car le peuple est la créature de Dieu. Il ne veut le dominer que pour le servir, il ne rêve pas l’empire durable dans ses mains, il ne cherche pas à fonder une dynastie. Il n’est qu’un interrègne. Dieu le retirera quand il aura achevé son œuvre et affermi sa foi par la liberté de conscience assurée à son peuple.

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