L VII
Au moment où les conjurés militaires de Windsor prononçaient l’arrêt de Charles, lui-même le prononçait dans l’îlede Wight
en rompant les négociations trop exigeantes avec le parlement et en refusant de signer l’avilissement de sa couronne. De ce jour, on nelui déguisa plus la captivité sous les honneurs et sous les respects. Enfermé comme en
un eachotdans la chambre d’un château fort,
privé de toute communication avec ses amis, il n’eut pour tout serviteur et pour toute consolation, durant un long hiver, qu’un pauvre vieillard invalide qui venait lui allumer son feu et lui apporter sa nourriture.
C’est pendant cette longue et dure solitude, en face de sa destinée et au bruit des vagues de l’Océan, qu’il fortifia par la religion une âme déjà forte, quoique tendre, et qu’il se rendit égal à la mort que tous les partis tramaient contre lui. Sa vie était devenue le gage que chaque faction craignait de laisser à la faction contraire. Nulle de ces factions ne haïssait l’homme, et toutes aspiraient à se défaire du roi.* Sa mort, comme celle des pro-crits d’Antoine, d’Octave et de Lépide à Rome , fut le sacrifice mutuel
qui se firent des ambitions ou des lâchetés opposées. Une autre faction plus radicale, celle des nivdeurs , les communistes religieux du temps, se levait déjà dans les troupes de Cromwell. Armée, à son exemple, de textes de la Bible et de l’Évangile interprétés par eux dans le sens de l’égalité absolue des conditions et du partage des dons divins sur la terre, cette faction, que Cromwell avait suscitée à son insu, fut étouffée énergiquement par lui dans le sang de quelques-uns de ses propres soldats. A mesure qu’il se rapprochait du pouvoir et qu’il exerçait le commandement, le sectaire en lui faisait place au politique. L’esprit de secte disparaissait dans son âme sous l’esprit de domination. 11 reléguait dans le ciel des théories saintes par leurs aspirations, mais inapplicables dans les sociétés humaines. Son bon sens lui révélait la nécessité du commandement et la sainteté de la propriété, ces deux instincts de l’État et de la famille. Il entra dans. Londres, fit purger une seconde fois
le parlement, par le colonel Pride, des membres qui lui résistaient, et proclamer la république sous le nom de Convention du Peuple.
L’armée et le parlement, à l’instigation des puritains et des républicains, se décidèrent à faire le procès du roi. Cromwell parut encore hésiter devant l’énormité de l’attentat. Il reprit son siège au parlement, et, dans un discours d’inspiré plutôt que de politique, fl parut céder à un ascendant surnaturel en consentant au jugement du roi.
« Si quelqu’un, dit-il avec une émotion qui ressemblait à la démence, si quelqu’un m’avait proposé volontairement de juger et de punir le roi, je l’aurais regardé comme le plus grand des traîtres. Mais, puisque la Providence et la nécessité nous imposent ce fardeau, je prierai le ciel de répandre sa bénédiction sur vos conseils, quoique non prépare moi-même à vous donner mon avis sur cette capitale mesure.
» Vous confesserai-je, ajouta-t-il avec, une
attitude d’humiliation intérieure, que moimême, lorsqu’il y a peu.de temps encore je présentais des.- pétitions » pour La conservation de Sa Majesté, j’ai senti ma langue qui se collait à mon palais ? J’ai pris cette sensation surnaturelle pour une réponse que le ciel, qui rejetait le roi* faisait à ma supplication!... »
Ce mot rappelait. YÂlea jacta est 4e César en poussant son cheval dans le Rubicon..
Mais le Rubicon de Cromwell était le sang d’un innocent et d’un roi, versé par le crime et par l’ingratitude de son peuple.
Le parlement, entraîné par l’animosité et par la véhémence de {La; passion commune, vota le jugement. Le coioool Harrison, fils d’un boucher* t homme brutal, de cœur et sanguinaire d’habitudes, . alla chercher le roi à l’île de Wight, comme une victime* pour l’étau. Charles,, en passant à Windsor, sous l’ombre du château royal' de ses pères, entendit une voix éplorée qui lui criait à travers les barreaux d’une prison :
« Mon maître! mon cher maître! est-ce ûen vous que je revois ainsi? »
Le roi reconnut dans ce prisonnier un de ses vieux serviteurs, Hamilton, réservé à l’échafaud comme lui.
« Oui, lui répondit le roi, c’est ce que j’ai toujours voulu être pour vous! »
Le féroce Harrison ne permit pas un plus long entretien au roi et au serviteur. Il força le roi à marcher plus vite; Hamilton le suivit des yeux, du geste et de la voix.
Une haute cour de justice, composée de trois cent trente-trois personnes, mais où il n’en siégea que soixante et dix, attendait le prince à Londres. Il fut logé dans son propre palais de White-Hall, converti en prison. Les yeux avaient peine à reconnaître la noble figure de ce prince, empreinte toutefois de tant de grâce, de majesté et de sérénité.
Depuis sa captivité solitaire dans le château de l’île de Wight, il avait laissé croître sa barbe, et l’ombre de son cachot semblait avoir pâli son front. Il portait d’avance le
deuil de sa propre vie. Il avait cessé d’espérer de la terre, et ses regards, comme ses pensées, ne se tournaient plus que vers l'éternité. Nul ne fut jamais plus préparé à l'iniquité des hommes.
Les juges s’assemblent dans la vaste salle gothique de Westminster, palais dos Communes. Au premier appel des membres qui devaient composer le tribunal, lorsqu’on appela le nom de Fairfax, absent, une voix sortie de la foule des spectateurs répondit : « Il a trop de sens pour être ici ! » Lorsqu’on lut l’acte d’accusation contre le roi, au nom du peuple d'Angleterre , la même voix cria :
« Pas d’une dixième partie du peuple ! »
L’officier de l’armée qui commandait la garde dans la salle ordonna de faire feu sur la tribune d’où partaient ces démentis à la nation. En recherchant les coupables, on découvrit que cette voix était celle de lady Fairfax, épouse du généralissime Fairfax.
Cette femme, d’abord entraînée comme son mari dans la cause du parlement par esprit
de parti et par attachement à son mari, frémissait maintenant, comme Pair fax luimême, des conséquences de son . entraînement, et rachetait, par le courage de son, indignation et de sa pitié, le malheur qu’il avait eu d'amener la victime au pied des juges.
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Le roi entendit cette protestation detfet*' pentir et pardonna dans son cœur à Fairfa»
des victoires qu’il n’avait pas voulu pousser jnsqu’à la mort ni même jusqu’à la dégradation. On lui lut son acte d'accusation, formule banale, où les mots de traîtrej d© meurtrier et d’ennemi public servent à tous les partis d’injure et de crime pour les victimes vaincues. 11 les écouta avec la supériorité calme dé l’innocence. Préoccupé surtout de l’idée de ne- pas avilir la majesté indélé-
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i bile des rois dont il se croyait dépositaire et comptable à la constitution et à tous les rois, .il 'répondit qu’il ne Rabaisserait pas à se Justifier devant; un tribunal de ses sujets, tribunal que la religion, comme les lois de l’Angleterre, lui interdisait de reconnaître.
« Je .'laisserai donc à Dieu, dit-il i en finissant, le soin de ma justification, de peur qu’en ratifiant en vous par mes réponses une autorité qui n’avait d’autre fondement que* celle des voleurs et des pirates, je ne m’attiredans la postérité le reproche d’avoir trahi moi-même la constitution, au lieu de oie faire estimer et applaudir comme son martyr. »
Le président Bradshaw réfuta cette noble récusation du Toi comme un blasphème ; ses paroles, auxquelles la haine enlevait jusqu’à la dignité et la justice, mêlèrent l’insulte des sujets révoltés à l’impassibilité des juges.
Les groupes de soldats dont Cromwell avait entouré le parlement imitèrent les outrages de Bradshaw contre celui qui avait été leur
roi et qui était aujourd’hui leur vaincu. Au moment où Charles, ramené à White-Halle, traversait leurs rangs, ils poussèrent des cris de mort contre lui et lui crachèrent au visage. Charles, sans s’irriter ni s’humilier de ces profanations du rang et du malheur dans sa personne, leva les yeux au ciel et fit un appel résigné aux mômes outrages soufferts avec patience par l’Homme-Dieu dont il professait la foi.
« Ce sont là les soldats, dit-il à ceux qui l’accompagnaient, pauvres mercenaires, soldés pour me maudire aujourd’hni, et qui maudiraient demain leurs chefs actuels s’ils étaient soldés pour ma cause ! »
La versatilité de l’armée, instrument alternatif de tous les partis, avait frappé vivement son esprit depuis la révolution et lui inspirait plus de pitié que de colère. Cepenun seul soldat de ces détachements protesta contre la lâcheté des autres. En voyant passer devant lui son roi découronné, il se jeta à genoux et invoqua à haute voix le ciel sur
la majesté dégradée de cette tête royale. Les officiers, présents à cet acte de pieuse compassion d’un simple soldat pour l’infortune de son souverain, frappèrent le soldat de leurs épées et punirent la pitié et la prière comme deux crimes. Charles détourna les yeux de cette scène de férocité :
« Quel supplice! dit-il, et pour quelle faute ! )>
Le peuple, entièrement comprimé par l’armce de Cromwell, demeura spectateur immobile du procès, se bornant à exprimer par une tristesse morne et par le silence la répugnance et la douleur qu’inspirait cette tragédie à la nation. On espérait que l’armée, après avoir obtenu la condamnation, épargnerait à l’Angleterre la honte du supplice. Mais le roi lui-même n’espérait plus rien des hommes. Les républicains ne voulaient pas consacrer, par une indulgence qui aurait paru une superstition monarchique, les droits des enfants à la couronne.
Cromwell cependant ne se faisait aucune
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illusion sur le retour inévitable de lamonarchie après une éclipse plus ou moins longue.
Il avait trop d’intelligence des hommes pour 9e flatter de fonder lui-même une dynastie de son sang; il avait même trop de désintéressement religieux pour désirer cette gloire. La gloire courte de la terre disparaissait trop à ses yeux devant celle du ciel. L’ambition féroce de son salut éternel et du salut de ses frères était au fond sa seule ambition; mais il voulait que la république, cimentée par le sang du roi et intimidant par ce sang les entreprises monarchiques, durât du moins le temps nécessaire à fonder la liberté religieuse assez solidement pour que le catholicisme ou l’Église anglicane, ramenés par la royauté dans les trois royaumes, ne pussent plus prévaloir contre les libres croyants. Tout dans les lettres, dans les confidences et dans les. conversations de Cromwell »avec sa famille à cette époque, atteste que ce fut là son unique pensée en livrant Charles I er à la mort. C'est un désintéresse-
ment surnaturel de lui-même dans cette crise de sa vio qui lui voila l’iniquité et la férocité de l’acte, et qui lui donna, une fois son inspiration interrogée et obcie, cette sérénité et cette quiétude implacables de visage et de paroles que les historiens ont prise pour cruauté et qui ne fut que fanatisme.
Ce fanatisme tranquille, que M. Villemain appelle éloquement la gaieté du crime , se signala par les mots et les gestes les plus révoltants de cynisme pendant les derniers jours du procès. Le sectaire soldates,que y remplaça entièrement l’homme de chair et -de saug dans Cromwell. Mari tendre pour sa femme, père de famille amolli jusqu’à la faiblesse pour ses enfants, il n’épargna ni le mari, ni le père, ni les enfants dans la victime qu’il olfrait à Dieu comme un chef de l’ancienne loi ; à qui un prophète implacable de la Bible aurait ordonné le massacre d’un roi ennemi de son peuple. La férocité de ces temps bibliques avait tout entière transpiré de son livre sacré dans son cœur. 11 tenait le
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couteau d’une main aussi obéissante qu’il avait tenu l'épée. Le meurtre de Charles I er
fut un meurtre moins anglais qu’hébraïque.
Cromwell accorda avec peine à son roi le sursis de trois jours que Charles avait imploré après son arrêt pour se préparer à la mort et pour consoler lui-même sa femme absente et ses enfants présents. 11 trompa, par de misérables et ironiques subterfuges, la pitié et l’indécision des généraux moins endurcis que lui, et qui lui représentaient l’énormité, l’inutilité, la barbarie de l’éxécution. Il éluda également les supplications des ambassadeurs étrangers qui lui offraient de rachet er la vie de Charles par les plus larges compensations d’alliance envers l’Angleterre et envers lui. Il déjoua impitoyablement l’intercession du colonel, son proche parent, sir John Cromwell. Il répondit à tous par l’oracle et l’inspiration consultés de nouveu dans ses prières, en répondant toujours, dit-il, malgré ses larmes, par le mot du fanatisme :
La mort ! Un autre de ses parents, le colo-
nel Ingolsby, étant entré par hasard dans la salle où les officiers signaient l’arrêt du parlement et se refuant à signer un arrêt* qui révoltait sa conscience, Cromwell se leva de son siège, et, enlaçant Ingolsby dans ses bras comme si la mort du roi eût été une facétieuse jovialité des camps dans laquelle on emploie une douce violence, il entraîna le colonel vers la table, et, conduisant la plume dans sa main, il le contraignit en riant à signer. Quand tous eurent apposé leurs noms de gré ou de force sur le papier, Cromwell, comme s’il n’eût pu contenir sa joie, arracha la plume des doigts du dernier des officiers, la trempa dans l’encre et en barbouilla joyeusement le visage de son voisin, sans songer ou en songeant peut-être que cette encre était le sang de son roi 1
Jamais un môme jour ne montra davantage dans le meurtrier et dans la victime le contraste entre la férocité du fanatique et la sainteté de l’homme véritablement pieux.
Pendant que Cromwell jouait ainsi avec le glaive, les trois jours de sursis accordés au roij par le deoorum de la justice politique dévoilaient à la terre tout ce que cœur d’an roi, d’un homme, d’un mari, d’rtn père, d’un chrétien, peut contenir d’héroïsme, de tendresse, mâle, de résignation, d’espérances immortelles et . de sainteté. Ces jours et ces nuits suprêmes, Charles les employa uniquement, minute par minute, à vivre jusqu’au terme, avec la sérénité naturelle d’un sage dont la vie entière n’eût été que l’apprentissage de la mort ou d’un homme qui
aurait eu la sécurité d’une longue vie. Les entretiens résignés, les exercices pieux, les examens sévères, sans indulgence comme sans faiblesse, de sa conscience* les regards sur sa conduite passée, le remords d’avoir livré Strafford pour franchir une difficulté dè règne qu’il retrouvait plus inévitable, et moins glorieuse à la fin, les préoccupations) royales et patriotiques sur le sort futur de oe royaume qu’il allait laisser aux hasards <Fun sombre avenir, enfin les retours de l’amant sur une épouse jeune* belle* toujours adorée, et les retours du père sur les enfants en bas ftges qu’il laissait en Angleterre entre lès mains dè ses implacables ennemis, remplirent oes jours et ces nuits funèbres de soucis, de prières* de larmes, de recommandation dè son âme à Dieu, mais surtout de paix, de la paix d’en haut, qui descend à travers la voûte des cachots dans la conscience de l’innocent et du juste. De toutes les agonies historiques et modernes, en y comprenant l’agonie de Louis XYI au Tbm-
pie, celle qui ressemble le plus à la fin d’un philosophe antique, c’est la fin de Charles I". La royauté et la religion ajoutent mémo h ces deux morts quelque chose de plus auguste et de plus divin qu’aux morts philosophiques de l’antiquité. Le trône et l’échafaud semblent avoir entre eux un abîme plus Incommensurable à franchir que l’intervalle entre la vie et la mort ordinaires. Plus on quitte de grandeur et de félicité humaines, plus on est admirable de tout quitter avec ce sourire de paix. Mais, quoique la vertu soit égale dans ces deux rois, celle de Charles I" est plus éclatante, parce que Charles I er était héroïque et que Louis XVI n’était que saint. Il y avait dans Charles I er la force d’un grand homme, il n’y avait dans Louis XVI que la résignation d’un grand martyr.
La nature, cependant (et c’est là le sublime pathétique de ses dernières heures, car rien n’est beau en dehors et au-dessus de la nature), la nature combattit, mais sans vaincre en lui le courage, quand il fallut dire adieu à ses chers enfants. C’étaient la princesse Élisabeth, le duc de Glocester et le duc d’York, à peine en âge de bien pleurer le père qu’ils allaient perdre. Leur mère avait enlevé les autres ainsi que le prince de Galles au parlement. Elle les gardait en France pour remplacer un jour sur le trône et pour venger leur père. Sa fille, la princesse Elisabeth, était la plus mûre de raison et de sentiment pour ses années. Les vicissitudes, les fuites, les captivités, les larmes intérieures
de sa famille, dont elle avait été témoin de-
puis le berceau, avaient avancé son intelligence par le malheur, qui est une* précoce maturité du cœur dans les enfants. Son père se complaisait à retrouver en elle la grâce et la sensibilité de sa mère absente. Elle la remplaçait dans la confidence du mourant.
Il se plaisait à croire qu’elle revendrait toutes ses pensées et qu’el.o les transmettrait toutes chaudes de ses dernières tendresses à sa chère épouse.
« Dis-lui bien, recommandait-il à sa jeune fille, que, pendant tout le cours de notre union , je n’ai jamais manqué , môme en idée, à la fidélité que je lui dois, plus par prédilection que par devoir , et que mon amour durera autant de minutes que mon existence. Je finirai de l’aimer ici-bas pour recommencer de l’aimer dans l’éternité! »
Puis, prenant le petit duc de Glocester, âgé de cinq ans, sur ses genoux, et voulant graver par une image tragique dans l’esprit de l’enfant la recommandation qu’il adressait en lui à tous ses fils :
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«Mon enfant, lui dit-il gravement, ils vont couper la tête à ton père ! »
Cette image, en effet, étonna et attira les regards de l’enfant sur le visage de son père.
« Oui, poursuivit le roi en insistant pour bien imprimer le souvenir par l'horreur dans sa tendre imagination ; oui, ils vont me couper la tête , et peut-être voudront-ils te faire roi. Mais fais bien attention à ce que j’ajoute : tu ne dois pas être roi aussi longtemps que tes frères Charles et Jacques seront en vie. ils couperont la tête à tes frères s’ils peuvent mettre la main sur eux, et peut-être qu’à la fin ils te couperont la tète à toi aussi. Je t’oi’donne donc de ne pas souffrir qu’ils te fassent roi ! »,
L’enfant, qu’une scène si lugubre et une recommandation si solennelleisemblèrent illuminer d une lumière et pénétrer d’une obstination d’obéissance supérieure à ses années, répondit avec un geste précoce de résolution :
« Non, je ne le serai pas! Je ne le serai ja-