‹ Cromwell: drameChapitre 13 sur 253 · I.0A9 R0CHE3TBR · texte numérisé non relu

I.0A9 R0CHE3TBR

Vous, Mylord ? je vous tiens pour un juge exceUent. Et pour vous le prouver, à votre seigneurio Je ym lire un quatrain nouveau :

n S6 drape et prend un aoomt emphatiq%t$,

« Belle Égérie!... »)

Jl s'interrompt.

Devinez, je vous prie, à qui c'est adressé ?

I4ORP ORMOND.

Mylord , l'instant de rire, il me semble, est passé.

Cbarle est fou comme lui» corps Dieu ! de me l'ac^oindre !

LORD ROCQESTER.

Mais c'est fort sérieux, et ce n'est pas le moindre De mes quatrains. D'ailleurs Tobjel 6Bt si charmant ! C'est pour Francis Cromwell.

LORD ORMOND

Francis Cromwell)

LORD ROGHESTBR.

Vraiment I J'en suis fort amoureux.

ÂCT£ I » dCÈME III. 71

LORD OHMOND.

De la plus jeune fille DeGromwell!

LORD ROCHESTER

De Cromwell 1 elle est, d'honneur! gentille ; Que disr-je ? c'est un ange enfin I

LORD ORMOND

Pe par le ciel 1 Lord Rochester épris de...

LORD ROCHESTER

De Fjancis CromweU* Â votre étonnement sans peine je devine Que vous n'avez pas vu cette beauté divine.

Dix-sept ans, cheveux noirs, grand air, blancheur de liSf Et de si belles mains 1 et des yeux si jolis ! Mylord 1 une sylphide I une nymphe ! une fée ! C'est hier que je l'ai vue. Elle était mal coiffée ; N'importe ! tout est bien, tout lui sied, tout lui va ! On dit que l'autre mois dans Londre elle arriva, Et que, loin de Cromwell par sa tante élevée, Elle porte en son cœur k loyauté gravée.

Qu'elle aime fort le Roi.

LORD ORMOND

Pur conte, Rochester !

Mais où Tavez-vous vue ?

LORD ROCHESTER

Hier même, à Westminster, A ce banquet royal que la cité de Londre Donnait au vieux Cromwell ( Dieu veuille le confondre ! )» J'étais fort curieux de voir le Protecteur. . Mais quand, de son estrade atteignant la hauteur^ J'eus aperçu Francis, si belle et si modeste, Immobile et charmé, je n'ai plus vu le reste. Ivre, en vain en tous sens par la foule poussé^ Mon œil au môme objet restait toujours fixé ; Et je n'aurais pu dire, en sortant de la fête. Si Cromwell en parlant penche ou lève la tête, S'il a le front trop bas ou bien le nez trop long, Ni s'il est triste ou gai, laid ou beau, noir ou blond. Je n'ai dans tout cela rien vu, rien, qu'une femme^

Et depuis cette vue, oui, Mylord, sur mon àme, Je suis fou !

LOBD ORMOND.

Je vous crois.

LORD ROCHESTER

Voici mon madrigal.

C'est dans le goût nouveau...

Cela m'est fort égal.

LORD ROCHESTER

Égal 1 non pas vraiment. Vous savez bien qu'en somme Shakspeare est un barbare et Vithers un grand homme. Lit-on dans Henri-Huit un seul rondeau galant? Le goût anglais fait place au français ; le talent...

LORD ORMOND, à part.

Peste du goût anglais ! du goût français ! du diable ! Du quatrain ! sa folie est irrémédiable !

Haut.

Excusez-moi, Mylord. A parler nettement, Vous devriez plutôt, dans un pareil moment, Me donner quelque avis, me dire où nous en sommes, Combien au rendez-vous viendront de gentilshommes, Si l'on peut dans Lambert voir un appui réel , Que chanter des quatrains aux filles de Cromwell !

LORD ROCHESTER

Mylord est vif!... Je puis sans trahison, j'espère. Être épris d'une fille.

LORt) ORMOND.

Et l'étes-vous du père ?

LORD ROCHESTER

Vous VOUS fâchez? vraiment, je ne vois pas pourquoi. Mon histoire, à coup sûr, amuserait le Roi.

t)ans sa fille à Cromwell je fais encor la gilerre. Et d'ailleurs avec lui je ne me gêne guère.

Sans nous être jamais rencontrés, que je crois, Kous avons eu tous deux pour maîtresse à la fois Cette lady Dysert, qui, cessant le scandale, Vaj dit^n, épouser ce bon lord Lauderdale.

LORD ORMOND

je n'aurais jamais cru qu'on pût calomnier

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