‹ Cromwell: drameChapitre 201 sur 253 · ACTE V, SCÈNE ÎV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE ÎV

PRIBB.

Soit : je cède aux raisons de Ludiow.

SYNDERCOHB.

Je m'immole.

A Lambert. '

Vous frapperez 1

LAMBERT, balbutiant.

Messieurs,... tant d'honneur me console Dans mes afilictions...

A part.

Quel embarras affreux ! . . .

wiLDMAN, à Lambert, Vous abattrez Cromwell ! que vous ê^^ heureux !

GARI.ANP.

Vous allez sur Satan monter comme Tarcbaiige I

LAMBERT, tfOUblé.

Frères I je suis confus...

ovERTON, bas à Joyce,

Voyez donc comme il change !

jOYCEi bas à Overton.

Lâche !

LAMBERT, Continuant.

Je suis ravi...

A part.

Je suis désespéré !

Que faire? Ah ! ce Ludiow ! —

Haut.

D'un tel choix honoré, Je ne puis dire assez ma joie...

ovERTON, bas à Joyce.

Il en est pûle !

LAMBERT, poursuivant.

Mais...

GARLAND, à Lambert.

Que le Dieu des forts par vos mains se signale! SYNDERCOMB, à Lambert.

Votre rôle sera facile autant que beau !

H monte sur l'estrade et désigne k fauteuil.

Là s'assoira Cromweil, ou plutôt ce Nabo, Car Cromwell et Nabo n'ont jamais fait qu'un diable? —

// fait un pas et indique la place que Lambert doit

occuper sur le trône.

Vous vous tiendrez ici. —

LAMBERT, à part.

C'est irrémédiable !

SYNDERCOHB , Continuant sa démonstration.

Et vous pourrez sans peine, écartant son manteau , En donnant la couronne enfoncer le couteau.

Je vous envie.

LAMBERT, à Syndercomb.

Ami, je vous cède en bon frère L'honneur de frapper.

LUDLOw, vivement à Lambert,

Non, vous êtes nécessaire.

Vous seul avez un poste à bien porter le coup ; En charger Syndercomb, ce serait risquer tout.

LAMBERT, insistant.

Mais je suis le moins digne...

OVERTON

Hé quoi ! Lambert hésite !

LAMBERT, à part.

Allons!

Haut.

Je frapperai.

TOUS, agitant leurs poignards.

Meure I* Amalécite !

Meure Olivier Cromwell!

BAREBONE, d*un air suppliant.

De grâce, écoutez-moi, Frères ; en délivrant Israël d'un faux Roi, En poignardant Cromwell, — ne gâtez pas ce trône I Ce velours est fort cher, et vaut dix piastres l'aune.

A ces paroles de Barebone, tous les puritains reculent en lui jetant des regards scandalisa. — Barebone poursuit sans y pr&yire garde :

Ayez soin en frappant d'épargner ces rideaux ! Faites, si vous pouvez, qu'il tombe sur le dos ! De sorte que le sang de ce Moloch visible Sur mes tapis U'Alep coule le moins possible.

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