‹ Cromwell: drameChapitre 8 sur 253 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

Son rival et leur chef, Lambert, se joint à nous ; A remplacer Cromwell il ose bien prétendre, Mais nous verrons plus tard ! -L'ord'Espagneelde Flandre Nous a fait dans ces murs de nombreux affidés. Bref, la partie est belle et nous jetons les dés !

LORD BROGHILL.

Cromwell est bien adroit 1 vous jouez votre tête.

LORD ORMOND

Dieu sait pour qui dcfknain doit être un jour de fête.

Notre complot, Broghill, est d'un succès certain.

Rochester doit ici m'amener ce matin

Sedley, Jenkins, Clifford, Davenant le poète

Qui nous porte du Roi la volonté secrète.

Au même rendez-vous viendront Garr, Harrison,

Sir Richard Willis...

LORD BROGHILL.

Mais ceux-là sont en prison.

Ce sont des ennemis que dans la Tour de Londre Cromwell tient renfermés...

LORD ORMOND

Un mot va te confondre.

Liés au même sort par des nœuds différents, Pour abattre Olivier nous comptons dans nos rangs Le gardien de la Tour, Barkstead le régicide, Que Tespoir du pardon à nous servir décide.

Tu vois avec quel art le complot est formé.

Dans un vaste réseau Cromwell est enfermé.

Il n'échappera pas 1 les partis unanimes Sous le trône qu'il dresse ont creusé des abîmes. Voilà pour quel dessein je viens du continent. Je voudrais te sauver, Broghill ; et maintenant Je t'interpelle au nom de Charles-Deux, mon maître. Veux-tu vivre fidèle, ou veux-tu mourir traître?

LORD BROGHILL.

Ah! que dis-tu?

LORD ORMOND

Reviens sous le drapeau royal.

LORD BROGHILL.

Hélas ! je fus aussi sujet digne et loyal , Ormond ; pour notre Roi , dans les guerres civiles,

J'ai pris des châteaux-forts, j'ai défendu des villes, Et je suis devenu, par un destin cruel, De foldat des Stuarts, courtisan de CromweH * Laisse à son triste sort nn malheureux transfuge, Cher Ormond ; à ton tour, écoute, et sois mon juge.

— C'était durant la guerre avec le Parlement. J'étais venu dans Londre armer un régiment ; Et caché comme toi ma tête était proscrite.

Un jour, — d'un inconnu je reçois la visite ; C'était Cromweil : — ma vie était en son pouvoir ; Il me sauva ! Pour lui, j'oubliai mon devoir ;

Il s'empara de moi ; bientôt, que te dirai-je ? Je devins comme lui rebelle et sacrilège, A ses républicains mon bras servit d'appui.

Et, levé pour mon Roi, combattit contre loi.

— Depuis, Cromweil m'a fait membre de sa pairie, Lieutenant^général de son artillerie,

Lord de sa haute cour et du conseil privé.

Ainsi, par ses faveurs dans sa cour élevé, S'il tombe, auprès de lui je dois tomber victime ; Et Je ne puis» rebelle à mon roi légitime.

Quelque amour qui me lie à sa noble maiaoii, Dans la fidélité rentrer sans trahison.

LOHD omoND.

Triste et commun effet des troubles domestiquée ! A quoi tiennent, mon Dieu, les vertus politiqoes? Combien doivent leur faute à leur sort rigoureux ! Et combien semblent purs qui ne furent qu'heureux ! — Broghill ! brise avec nous le joug qui nous opprime ; Prouve ton repentir i

LOAD BBOGHaL.

Quoi 1 par un nouveau crime ?

Non. Je puis être, ami, pour ton fatal secret^ Sinon complice, au moins un confident discret. Mais c'est là tout. Je dois, neutre dans cette lolte, Subir votre triomphe, adoueir votre chute. Quel qœ scHt le vainqueur, toujours fidèle à tous, Périr avec Cromweil, ou le fléciir pour vous.

Te taire san» agir 1 ainsi donc tu va» être

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