ACTE ITI. SCÈNE I
Y fait l'aumône Au roi Crésus.
Époque étrange!
Rare mélange !
Le diable et Fange; Le noir , le blanc ; Des damoiselles Qui sont pucelles, Ou font semblant ; Beautés faciles, Maris dociles , Sots mannequins, Dont leurs Lucrèces, Fort peu tigresses, Font des Vulcains.
Des Démocrites Bien hypocrites, Des rois plaisants; Ces Héracîites Hétéroclites, Des fous pensant*; Des pertuisanes Pour arguments; Tendres amants Prenant tisanes; Des loups, des ânes, Des vers luisants; Des courtisanes, Des courtisans.
Femmes aimées, Bourreaux bénins, Douces nonnains Mal enfermées; Chefs sans armées, Clercs mécréants; Titans pvgmées!
Et nains géants!
Voilà mon âge.
Rien ne surnage Dans ce chaos Que les fléaux.
De mal en pire Va notre empire.
* Nos grands Césars Sont des lézards; Nos bons cyclopes Sont tous myopes; Nos fiers Brutus Sont des Plutus; Tous nos Orphées Sont des Morphées; Notre Jupin Est un Scapin.
Temps ridicules , Risibles jours, Dont les Hercules Filent toujours!
Ici l'un grimpe, L'autre s'abat, Et notre Olympe N'est qu'un sabbat î
GRÀMADOCH.
Ta chanson Est mauvaise, et la rime y gêne la raison.
ELESPURTJ.
A moi!
Il chante.
Vous à qui l'enfer en masse Fait chaque nuit la grimace, Sorciers d'Angus et d'Errol ; Vous qui savez le grimoire, Et n'avez dans l'ombre noire