‹ Cronicques et conquestes de CharlemaineChapitre 5 sur 14 · I. Op. cit., p · texte numérisé non relu

I. Op. cit., p

œuvres les plus remarquables... mais elles viennent immédiatement à la suite de ce qu’on peut appeler chef-d’œuvre : ce sont des produits de l’école flamande, exécutés avec beaucoup d’habileté b »

La première page a été traitée avec un soin particulier et il convient de lui accorder particulière mention. A la porte d’une ville, aux armes de Bourgogne, se dressent des échoppes. Sur le terre-plein, plusieurs seigneurs se promènent; le nain malicieux du duc est là^ ruminant quelque tour. Dans le fond, une salle surélevée où se passe la scène de la présentation de l’ouvrage à Philippe le Bon. Cette première grisaille est d’un réalisme vivant. « C’est bien, comme le dit Mgr Dehaisnes, une œuvre de l’école flamande par le sujet ; elle l’est aussi par l’individualisation des têtes, par la vérité et la vigueur que témoignaient l’ensemble et les détails de cette miniature. Seul un artiste de mérite a pu exécuter cette œuvre ^ »

1. Dehaisnes^ Bulletin des Commissions d'art et d'archéologie, t. XXI^ p. 27.

2. Un certain nombre de miniatures des Cronicques et Conquestes de Charlemaine ont déjà été reproduites. En 1655, Jean-Jacques Chifflet a donné la grisaille du n® 9068, f° 96^, dans son Anastasis Childerici I, Francorum regis, p. 3 ; le baron de Reiffenberg, dans sa Chronique rimèe de Philippe Mouskes, t. I, p. 170, reproduit la scène du baptême des Saisnes (manuscrit n® 9066, f® 73), puis, au frontispice du t. I, le couronnement de Charlemagne (n® 9066, f® 79) ; ensuite, t. I, p. 181, l’arrivée des messagers de l’empereur devant Gérard de Vienne (n® 9066, f® 356''), et enfin, t. I, p. 452, la mort de Charlemagne (n® 9068, f® 295). Dans la Vie militaire et religieuse aii înoyen âge, par Paul Lacroix, Paris, Didot, 1873, p. 227, on trouve le couronnement de Charlemagne (n® 9066, f® 79) et p. 153, Olivier courant sur la quintaine (n® 9066, f® 412'^); dans un autre ouvrage de Paul Lacroix, Sciences et lettres au moyen âge, Paris, 1877, il y a, p. 507, la reproduction du combat sous les murs de Jérusalem (n® 9066, f® 144''). Mgr Dehaisnes, dans l’article cité du

Les autres miniatures, que nous ne pouvons naturellement songer à décrire en détail, à cause de leur grand nombre, retracent les faits dont il est question dans le chapitre, en tête duquel elles se trouvent. Nous avons exactement précisé, dans une légende, le sens de chacune des grisailles.

Toutes sont de la même main, mais toutes n’accusent pas le soin et la finesse de la première page. Si partout le faire revêt une grande habileté, il y a, de-ci de-là, quelque négligence dans le dessin et l’exécution.

Mais ce qu’on admirera sans réserve, c’est la grande variété que l’auteur a su répandre dans son œuvre. Il ne devait pas toujours se sentir à l'aise d’avoir à représenter tant de batailles, de combats, de sièges de villes, d’attaques narrées dans le texte qu’il avait à illustrer. Néanmoins, les scènes, pour reproduire des sujets similaires, ne sont pas identiques et toutes se présentent avec des caractères différents. Du reste, il y a, malgré tout, une variété de sujets en nombre suffisant pour satisfaire tous les goûts.

La reproduction intégrale des miniatures de Jean LeTavernier mettra aux mains des artistes, des critiques^

Bulletin des Commissions royales d'art et d' archéologie, p. 21, a fait photographier deux planches^ celles du n® 9067, 103'', 1’ « adoubement » des quatre fils

d’Aimon de Dordonne et le meurtre de Bertoulet par Renaut, et du f® 186^^, l’apparition de S. Jacques à Charles et l’entretien de ce dernier avec l’évêque Ysore. Enfin, la planche n® 44 de la New palaeographical Society reproduit le f® 138'' du n® 9066 : combat entre les troupes de Charlemagne et de Constantin de Grèce contre celles du Soudan de Babylone.

des historiens de l’art et de tous ceux qui s’intéressent à ses manifestations dans le passé, des documents nombreux et variés pour leurs études.

Page 1