‹ Cronique martinianeChapitre 44 sur 159 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

Quelle était la valeur morale d'un militaire aussi accompli : elle paraît en somme assez basse. Après avoir été le confident des projets du Dauphin contre son père Antoine de Chabannes se montra le plus résolu des adversaires du fils : au lendemain de la mort de Charles VII il cherchait à tourner casaque. On conçoit donc que, sans trop de rigueur, les serviteurs de Jean de Bueil aient pu l'appeler le « faulx comte de Dammartin » *. Un Bueil, un Joachim Rouault, un Jamet du Tillay, un Pierre de Brezé lui étaient-ils supérieurs? nous ne le pensons pas. Dans ce passage de la guerre à la politique ces anciens routiers apportaient aux intrigues de cour la brutalité et l'esprit de ruse de leur éducation première. Comme les mercenaires de tous les temps, la plupart d'entre eux n'avaient que le seul souci du gain personnel.

Le point de vue littéraire est ici déterminé par la nature même du genre de travail de l'interpolateur. U avait sous les yeux une chronique et la copie des pièces recueillies

I. C'est le mot des serviteurs de Jean de Bueil sur Antoine de Chabannes lors de la conspiration des Ecossais.

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