XXXVI INTRODUCTION
dans le chartrier des Chabannes : il reproduit minutieusement ces documents. Il a, d'autre part, à exprimer des faits tout personnels et vivants : il le fera sous la forme la plus vive, celle des conversations et des discours *.
Il faut citer à cette place l'entrevue du connétable de Richemont et d'Antoine de Chabannes au lendemain de la mort du bâtard de Bourbon, avec son trait final d'un joli raccourci : « Et devez sçavoir que ledit conte ne descendit oncques de. dessus son cheval ne toute la bende qui estoît avec luy »*. La grande scène entre le Dauphin et Charles VII, lors du projet d'assassinat de Pierre de Brezé, ne manque ni de pittoresque ni de grandeur avec l'imprécation finale du Dauphin: « Et alors ledit Dauphin sorstit de la chambre nud teste, et dist telles parolles : « Par ceste teste qui n'a point de chapperon je me vengeray de ceulx qui m'ont gecté hors de ma maison^ 1 » La mort de Charles VII est bien contée avec un gracieux trait familier : « Haa ! comte de Dampmartin, vous perdrés en moy la plus belle rose de vostre chappeau... * » En un mot il faut savoir gré à l'interpolateur d'un certain tour rapide et d'une familiarité savoureuse.
Si nous venons à examiner maintenant ses procédés et ses habitudes d'écrivain, nous voyons que notre auteur a le goût des proverbes ^ et commence volontiers sa narration par l'apostrophe directe au lecteur « Or devez sçavoir... Vous devez sçavoir ^... »
Sa chronologie est naturellement vague (il s'agit prèsqu'ici de mémoires) et il commence volontiers son récit avec la formule « Oudit an » — « En ladicte année » '^.
1. CroniqueMartiniane, p. 21, 53, 44, 47, 54, 57, 59, 96, 106, 112.
7. Cronique Martiniane, 3, 10, il., 12, 16, 24, 36, 44, 46, 51, 56, 64, 66, 69,
IIO.