SCÈNE IV
PËRRIER, GIRÂUD, plusieurs voyageurs.
PERRiER. — Tiens, vous v'ià, monsieur Giraud?
GIRAUD. — C'est vous, monsieur Perrier...
Vous partez aujourd'hui? Je ne vous savais pas à Paris.
PERRIER. — Gomme vous voyez.
GIRAUD. — Je suis bien aise d'être avec vous ; quand on est comme ça d'connaissance... Et votre frère?
YERRiER. — Mais merci... Il est resté, lui... vous savez, il ne peut guère quitter; il en faut toujours un de nous deux à la maison... Nous sommes trois de chez nous là-haut.
6IRÀUB.— Qui donc ça? où donc qu'ils sont?
PBRRiER. ^ Ils étaient là tout à rheure... Il y a d'abord M. Lefèvre.
GiRAUD. — Bah ! M. Lefèvre est avec vous?...
Et puis qui encore avec ?
PERRiBR. — Le fils Bourdin... le fils Pécoux.
giràvd. — Tiens, tiens, tiens... Et vous êtes venu à Paris faire vos bamboches, vous, farceur? chercher une femme ?
PERRiER. — Oh t pas ici tout d'méme ; elles ne voudraient pas de moi.
GIRAUD. — Pourquoi pas?... Allez, ici, c'est comme partout ; il y a du bon et du mauvais : c'est une loterie... Ah! le fils Bourdin est avec vous?
PERRIER. — Mon Dieu, oui.
GIRAUD. — Et sa sœur, comment s'en est-elle tirée avec son mari?
PERRIER. — Dame, elle s'en est tirée que i'père Bourdin a tout remboursé.
GIRAUD. — Ah çà! combien sont-ils donc encore àe'ces Bourdins-là ?
PERRIER. -— Ils sont encore... deuxgarçohs et
trois demoiselles, en comptant celle qu'est mariée.
6IRÀ1JD. — Ooi-da... J'ai vu un temps, moi, que ces gens-là étaient si bien ! Je vous parle de quand ils ont commencé à faire bâtir. Tenez, rappelezvous ce que je vous dis là, monsieur Perrier, c'est une fortune qui s'en ira en eau de boudin.
PERRiBR. — Je n'voudrais pas avoir à donner ce qu'ils ont à payer là dedans.
6IRÀIID. — Ni moi... Gomme ça vous n'êtes pas fâché de vous en retourner?
PERRIBR. -— G'esl-à-dire oui et non... Je suis fâché sans l'être. (La conversation n'offre rien de bien remarquable jusqu'à l'arrivée du fils Bourdin.)