‹ Croquis égyptiens (volume 2)Chapitre 28 sur 41 · LE HATCHICH · texte numérisé non relu

LE HATCHICH

domestiques en ont fait autant, ce qui les a complètement abrutis, et que la femme de charge, l'âme de la maison, qui est trop bien élevée pour se livrer à ces excès..., s'est grisée avec de l'eaude-vie. De là un dévergondage sans pareil: tous ces gens font, avec un sérieux parfait, les plus grandes folies du monde ; on sait que le hatchich vous met dans l'état d'exaspération, de chagrin ou de béatitude que vous auriez si vous deveniez fou ; qu'on juge de l'effet que cela doit produire lorsque toute une maison est dans cet état-là.

3 janvier.

Je vais avec Georges visiter les principales mosquées de la ville. Il y en a de fort belles, mais les plus anciennes sont tout à fait abandonnées. Chaque personnage important laisse d'ordinaire en mourant l'argent nécessaire pour construire une mosquée dans laquelle son tombeau sera placé ; on voit que l'idée dominante des Pharaons est encore en grande faveur. Mais qu'arrive-t-il ? C'est que le nombre des édifices religieux devient tellement considérable que l'on ne peut célébrer le culte dans tous, et qu'il y a plus de trois cents mosquées qui sont désertes. On va de préférence aux plus modernes; une des plus fréquentées est celle d'une danseuse morte il y a peu de temps.

La plus remarquable, à mon avis, est celle du sultan Hassan. L'architecture en est magistrale, simple, grandiose etbien ordonnée. Quoique trèsancienne, elle est encore très-vénérée. Elle aurait besoin de grandes réparations, mais ici on ne se préoccupe pas de ces détails. Je trouve dans le

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