DERVICHES TOURNEURS
viches tourneurs sont des moines voués au célibat; pour des musulmans c'est un peu fort!
Aussi ils ont soin, comme les anciens templiers, d'avoir des moines très-jeunes.
La mosquée des derviches est construite comme une salle de théâtre, avec deux rangs de galeries. Le public se compose surtout d'étrangers que la curiosité attire; on paie en entrant; cette recette est Tunique revenu du couvent.
Les derviches ont pour costume un tarbouch brun en forme de gobelet et une robe à longue jupe traînante ; lorsqu'ils tournent , la robe s'élève et forme une sorte de champignon ondulé; les couleurs en sont variées.
Ils commencent le spectacle , ou du moins la cérémonie par des psaumes récités ; pendant ce temp s, tous sont accroupis par terre; leur chef, qui aune figure belle et vénérable, jette de temps en temps sur les galeries un regard scrutateur pour voir si la clientèle est nombreuse et si la salle se garnit. Puis un orchestre composé d'un excellent basson , d'un hautbois et de tambourins, se met à jouer des airs de valse, et après plusieurs promenades en rond, plusieurs saluta. tions et baisements de mains , le ballet , je yeax dire la prière commence.
Chacun se met à tourner sur lui-même , non pas très-yite comme on pourrait le croire, mais pourtant assez pour que leurs longues jupes se soulèvent et fassent le parapluie, De temps en temps , sous prétexte de faire des génuflexions, ils se reposent , puis , après avoir repris haleine, ils recommencent. Cela dure une heure ; et, en somme, ils se fatiguent moins qu'un jeune danseur qui dans un bal de société ne manquerait pas une valse. Pendant qu'ils tournent, ils ont les bras étendus, là tête penchée et les yeux élevés vers le ciel avec une expression extatique.
La danse ou les vêpres terminées, le public se retire et les moines rentrent au couvent en bon ordre, les mains croisées sur la poitrine et les yeux baissés. Nous restâmes des derniers, et un jeune novice croyant tout le monde parti, se mit à faire une cabriole comme un écolier qui sort de classe. Un vieux barbon le réprimanda , car nous étions encore là; le garçon riposta; le vieillard se fâcha et Tenfant à bout de patience quitta sa babouche et menaça l'autre de l'en frapper sur la figure, ce qui est l'injure la plus grave que l'on puisse faire à un musulman.
Alors le vieux fit au gamin un singulier reproche qui fit rougir le jeune moine et aurait