LA SOURCE DE MOÏSE
sable ; pour revenir on a une heure de marche et quatre heures de barque.
— Eh bien, j'aime mieux m'en rapporter à votre description que d'y aller voir et je me représente parfaitement la source abondante que Moïse fit jaillir du rocher pour désaltérer les Hébreux.
Nous partons pour le Kaire en retraversant le désert ; ce qui, à part un magnifique coucher du soleil, a été assez insignifiant.
Nous descendons à l'hôtel Schepert^ style anglais. Un peuple de domestiques fourmille dans les corridors ; il y en a d'Anglais, d'Italiens, d'Allemands, de Français, d'Arabes, etc. C'est fort bien imaginé. Seulement il arrive presque toujours que l'on parle anglais à un Français, français à un Arabe, arabe à un Allemand et allemand à un Anglais ; ce qui fait qu'il n'y a pas moyen de se faire comprendre. J'ai cru un instant qu'après m'étre trouvé à Suez dans un hôtel où les serviteurs ne parlaient pas, j'étais
tombé dans un autre établissement où ils n'entendaient aucune langue.
Ma chambre donne sur un assez joli jardin où se trouve un grand arbre sous lequel a été assassiné le général Kléber.
A peine installé, j'entends tout d'un coup un bruit continu, métallique, formidable. A-t-on mis en branle toutes les cloches de la ville ? Est-ce une manifestation de chaudronniers?
Peut-être un charivari? Ou un tremblement de
terre? Non, c'est le dîner qu'on annonce en
frappant longuement sur un tamtam indien.