‹ Croquis égyptiensChapitre 18 sur 64 · LES ARABES · texte numérisé non relu

LES ARABES

Après un dernier gué , nous quittons nos Arabes. Ils n'avaient demandé que dix francs pour tout ce labeur, et nous leur en donnons douze , ce qui les met dans Tenchantement ; ils nous disent adieu et daignent même nous donner des poignées de main en nous souhaitant un heureux voyage.

QueUe intelligence il y a chez ces hommes !

On voit qu'au fond leur nature est excellente ; il ne faudrait qu'un peu d'éducation pour en faire un peuple remarquable et digne. S'ils ont un amour immodéré du bakchich et surtout une manière peu engageante de s'en procurer , c'est que c'est leur commerce à eux et qu'on ne leur a pas appris à en avoir d'autre.

Ces Arabes des Pyramides finissent par devenir assez riches, mais ils n'emploient pas leur argent à se procurer de beaux vêtements ou un bien-être plus grand. Il leur faut bien peu de chose pour être heureux et s'ils sont si ardents aux bakchichs, c'est pour pouvoir acheter des esclaves, qui travaillent avec eux, et aussi pour économiser, afin d'entreprendre -un jour le voyage de la Mecque recommandé par Mahomet.

Ce qui explique pourquoi ce village d'Egypte qui

fait fortune , n'est au bout du compte pas plus

riche qu'un autre. i

Avant d'arriver à Giseh, nous traversons des forêts de palmiers splendides ; le blé qui pousse à le or pied forme un gazon doux et vert , et entre leurs troncs rugueux et élancés on aper« çoit le Eaire, qui sort des touffes de verdure et se dessine en blanc sur les montagnes jaunes du Mokatan.

Puis nous arrivons au fleuve, animé par mille barques dont les voiles doubles se déploient en sens inverse, comme les ailes de grands papil- J

Ions blancs ; et après l'avoir traversé , nous re- j

trouvons la voiture qui nous ramène à ThôteL

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