BENI-SOUEF
se rend dans le Soudan pour combattre les indigènes révoltés.. Ils ont une assez bonne tenue. Je ne m'explique pas pourquoi leurs sapeurs ont des costumes identiques à ceux de nos sapeurs français ; l'amour de l'imitation européenne force ces mr,lhenreux à marcher sous un soleil tropical avec d'énormes tabliers de cuir et des chapeaux à poil qui n'en finissent pas, hauts comme des minarets et gros comme des dômes de mosquée.
Beni-Souef est une jolie ville bâtie au milieu des mimosas et des palmiers ; Il 7 a des rues couvertes et assez animées ; un charmant quai en terre ombragé de grands arbres se contourne capricieusement au bord du âeuve.
Le palais du gouverneur, isolé au milieu des champs, est construit avec le mauvais goût des palais turcs.
Nous sommes allé à travers les cultures jusqu'à un jardin dont le vice-roi a fait cadeau à un de ses Mamelouks ; c'est une ruine de jardin. On voit qu'il a été fort soigné à une certaine époque, mais que l'insouciance arabe a chargé dame nature de préaider à son entretien, aussi il tourne à la forêt vierge et n'en est pas plus laid pour cela.
Nous y faisons un vrai pillage de roses, de jasmins, de fleurs de grenades, de bignonias lilas et de citrons ; puis nous retournons au bateau.
Les militaires ont rentré leurs fusils dans la caserne et viennent au bord du Nil faire leurs ablutions compliquées et leurs prières laborieuses. Quel travail que la pratique de cette religion musulmane ! Trois fois par jour les croyants doivent se laver les mains, les pieds, la tète et.... le reste ; cela dure au moins un quart d'heure ; ils sont obligés de quitter une à une chaque partie de leur vêtement et de les remettre à mesure. Il faut dire qu'ils ne sont pas plus propres pour cela, car ils ne s'essuient jamais et avant que leur peau soit sèche, elle se couvre de poussière et de boue. Puis ils font leur prière avec accompagnement de génuflexions, de prosternements, etc. Tantôt ils sont debout, les bras pendants, tantôt ils lèvent les mains à la hauteur des oreilles, tantôt ils se courbent en deux, ramenant la tète au niveau de leur hautde-chausse ; parfois ils se jettent à genoux et frappent la terre de leur front. C'est une gymnastique que je crois salutaire surtout pour les Orientaux disposés à l'apathie.
Il va sans dire que pour prier ils quittent