MINIER
différentes manières qu'ont les peuples d'interpeller les gens.
L'Allemand^ qui est logique dit :
— Horën Sie einm^l. — Ecoutez une fois.
L'Anglais, qui aime sa personnalité^ attire ainsi
l'attention :
— I say. — Je dis ! — Ecoutez-moi par conséquent.
Le Français par politesse retourne la question, il s'écrie :
— Dites donc... — Et c'est lui qui veut parler.
L'Arabe enfin ne dit rien et frappe d'abord, après quoi la conversation s'engage.
Notre dame grecque et son suivant nous ont quittés aujourd'hui. Nous ne sommes plus que sept passagers dont un malade qui va à Assouan pour se chauflfer au soleil des tropiques ; il reste toujours dans les coulisses et on l'entend nuit et jour tousser à la cantonnade.
13 décembre.
Nous quittons Minieh bien après le lever du soleil, à cause des brouillards qui empêchent de voir où l'on va.
Après quelques tours de roue, nous nous arrêtons, car les vapeurs s'épaississent de nouveau. Vraiment, on se croirait plutôt sur la Tamise que sur le Nil.
Pourtant la vue se dégage et nous partons.
Nous ne tardons pas à arriver à Beni-Hassan, où il y a des temples souterrains à visiter.
L'on nous avait promis que nous trouverions là des ânes pour nous porter jusqu'aux grottes sculptées ; mais nous sommes sept, en comptant le médecin du bord, et nous ne voyons que trois ânes sans selle et sans bride. Alors, sous prétexte de se faire des politesses, c'est à qui ne montera pas à baudet ; si bien que tout le monde va à pied.
Du reste, les grottes ne sont pas loin ; on les aperçoit à mi-coteau dans la montagne. Après avoir fait un bon kilomètre en plein champ, au