DENDERAH
valent subi des mutilations partielles inspirées par le fanatisme des religions nouvelles^ ils seraient encore dans un état parfait de conservation. Il ne faut pa« trop s'en étonner, car malgré le style qui a présidé à leur construction, malgré les dieux auxquels ils sont dédiés, ils n'ont pas deux mille ans d'existence. Commencés sous Cléopâtre, dont on voit le portrait sculpté de grandeur colossale sur une des façades extérieures, avec le type et le costume d'Isis, ils ont été achevés par les empereurs romains ; les monarques égyptiens que l'on voit figurés sur les murs coiifés du pchent, les bras raides, la tête et les jambes de profil, le torse de face, dans l'attitude hiératique des Menés et des Aménophis, ces monarques, dis-je, représentent Tibère, Caligula, Claude et Néron.
On peut observer à ce propos combien les Romains, qui ont su coloniser la terre entière, désiraient respecter les idées et les usages des peuples qu'ils soumettaient, puisqu'ils prenaient soin, non seulement de faire construire des temples monumentaux aux dieux de l'Egypte, mais qu'ils s'y faisaient représenter sous les traits des anciens Pharaons .
Au milieu des ruines nous avons rencontré
Mariette-Bey, qui y fait faire des fouilles et relever au moyen de papier à empreinte les écritures nouvellement mises à jour.
Après avoir remonté le fleuve toute l'aprèsmidi, nous arrivons avant le coucher du soleil à Luxor, et nous nous empressons d'aller admirer les ruines grandioses du temple, ainsi que l'obélisque qui a fait le pendant de celui de Paris.
Malheureusement les décombres et les habitations ont envahi les restes de la ville sacrée. Les colonnes, qui ont vingt mètres de hauteur, sont enfouies jusqu'au chapiteau et paraissent encore colossales ; seulement, pour en retrouver l'ordonnance, il faut pénétrer dans les maisons des habitants.
Nous voyons une cour assez grande toute remplie de ces chapiteaux ; on nous arrête au moment où nous y pénétrons : c'est la mosquée !
Nous entrons chez le consul américain, qui s'est fait un logement dans la grande colonnade, et voyant un escalier nous nous apprêtons à le monter pour jouir de la vue du haut du temple; on nous arrête encore : c'est le harem ! !
C'est inouYia masse de richesses qui dorment