‹ Croquis égyptiensChapitre 34 sur 64 · EDFOU · texte numérisé non relu

EDFOU

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semble du monument est enveloppé par un mur d'enceinte orné également, des deux côtés , de bas-reliefs d'une grande délicatesse.

On comprend, en visitant cet édijSce si bien conservé , quelle- impression devaient éprouver les initiés lorsqu'ils pénétraient au sanctuaire après avoir franchi le pylône monumental, traversé la grande cour pleine de lumière, parcouru ces forêts de colonnades sombres et imposantes pour arriver de vestibules en péristyles jus- ^qu'aux chambres sacrées qui reçoivent par la porte un jour douteux, et devaient être illuminées par les flammes des brûle-parfums.

Comment se fait-il que ce temple, beaucoup

moins important que celui de Karnak , m'ait

pourtant ému bien davantage ? C'est qu'à Karnak

tout est détruit, tout a perdu sa forme et son effet. Ainsi le grand pylône de Thèbes qui a^tua-

rante-quatre mètres de haut, mais qui s'écroule,

parait bien moins élevé que celui d'Edfou qui

n'a qu'une trentaine de mètres, mais est encore

entier. A Karnak, on ne peut avoir aucune idée

de l'ensemble, il faut faire constamment un effort

d'imagination pour reconstruire chaque détail et

se figurer les splendeurs du temple d'Ammon ;

tandis qu'à Edfou, dès la première vue, on est

saisi , le prestige est complet , et rémotion ya grandissant à mesure que l'on parcourt ce chefd'œuvre de l'architecture égyptienne.

Un escalier en très-bon état nous a permis de monter sur la terrasse du pylône et de jouir de la magnifique vue des rives du Nil.

Après quelques heures de marche de notre bateau, nous nous arrêtons aux carrières de Silsileh d'où l'on a tiré la plupart des magnifiques matériaux qui ont servi à construire les palais des anciens empires. On voit encore, à l'angle des rochers exploités, les trous en forme d'anneaux dans lesquels on passait les câbles destinés à retenir les blocs ; on les descendait ainsi jusque sur les bateaux du Nil par une pente douce formée de sable et de cailloux glissants.

Quelques chapelles funéraires et des stèles taillées dans le roc rappellent des ex-voto de difi<érents rois, notamment de ceux delaXVIIP dynastie.

A Silsileh , la chaîne arabique se rapproche des montagnes libyques au point que le Nil se trouve resserré entre deux murs de rochers.

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