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LES ÉTHIOPIENS

Nous reprenons notre barque pour remonter le Nil et voir quelque peu la Nubie. On largue

la grande voile, et grâce au vent du nord nous fendons Teau rapidement entre deux murailles granitiques relevées çà et là par la verdure qui entoure les villages.

Nos bateliers, qui n'ont pas à ramer, se mettent à chanter en frappant le rhythme avec les mains ; l'un d'eux prend un taràbouka, sorte de tambourin formé par Une peau de poisson tendue sur un vase en terre cuite, et un autre exécute sur le pont du bateau une danse de bayadère que les sergents de ville n'auraient certes pas tolérée.

Nous abordons à un petit village éthiopien, et en le visitant nous manifestons le désir de faire quelques achats. On nous présente des antiquités de peu de valeur et des colliers de verroterie ; nous en donnons le prix qu'on en demande ; mais à peine le marché est-il conclu, que les indigènes poussent de grands cris, déclarent- que ce n'est pas assez payé et nous demandent encore de l'argent ; nous leur donnons de nouveau ce qu'ils réclament en plus et nous nous disposons à partir. Alors nos vendeurs et vendeuses, voyant la facilité avec laquelle nous en passons par ce

qu'ils veulent, reyiennent à la charge et crient que nous les volons, etc., etc. Indignés de leur manière de comprendre le commerce, nous leur jetons leur marchandise à la figure et nous reprenons l'argent que nous leur avons remis.

Ici la scène change. Les voilà suppliants, diminuant leurs prétentions d'une piastre à chaque pas que nous faisons du côté du fleuve. Pour nous, nous sommes inflexibles et ne voulons rien entendre jusqu'au moment où, montés dans le bateau, nous obtenons ces souvenirs de voyage au quart du prix que nous en avions donné en premier lieu.

Nous retournons dans l'île, où le déjeuner, dressé sur un monolithe renversé, nous attend dans le somptueux péristyle du sanctuaire. Quelle superbe salle à manger ! Les teintes vert clair et bleu tendre des chapiteaux sont encore d'une grande fraîcheur ; sur les murs, les dieux égyptiens avec leurs yeux obliques nous regardent manger, tandis que des Pharaons leur présentent des offrandes de pierre, qui certes ne valent pas nos pâtés froids.

Encore une fois nous parcourons et admirons

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