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LA CATARACTE

ces palais splendides, puis nous montons en barque pour aller voir la cataracte du Nil, qui est au-dessous de Phil». Nous voudrions même la traverser en bateau et revenir ainsi à Assouan, mais le rels nous déclare qu'à cause du vent c'est excessivement dangereux. Est-ce encore une question de bakchich? Nous n'osons pas trop insister, car, pour gagner quelques napoléons, ces gens seraient capables de se jeter dans les rochers, et nous avec, bien entendu.

Après avoir passé entre deux falaises rapprochées, le fleuve s'élargit et apparaît parsemé d'une multitude d'îlots. On. comprend qu'il soit assez difficile de se diriger au milieu de tous ces récifs. Aussi le reïs, devinant notre impression, prend un air terrifié et dit que le vent est trop fort, qu'il lui est impossible d'aller seulement en vue de la cataracte; il ajoute qu'il ne le fera que moyennant un bon bakchich.

La question ainsi posée devient des plus simples, nous disons au batelier de nous conduire à terre, puisqu'il ne se sent pas le courage nécessaire et que là nous trouverons facilement d'autres barques. Cet ordre fait l'effet d'un mot de Neptune apaisant les flots ; subitement le reïs trouve que le vent s'est beaucoup calmé et que

la promenade, grâce à ses vigoureux rameurs et à son habileté de pilote , ne présente aucun danger.

Et Yoilà les jeunes barbarins qui manœuvrent les rames avec ardeur, et selon l'usage oriental, chantent en mesure des a éleïsons! » afin qu'Allah leur donne la force que leur nonchalance habituelle les empêche de trouver.

Pourtant la vigueur de nos rameurs est hors de discussion ; il n'en est pas de même de l'habileté du reïs.

A chaque instant lé courant nous dirige sur des écueils à fleur d'eau. Alors une discussion s'engage entre le pilote et ses hommes ; pendant ce temps, bien entendu, les rames et le gouvernail cessent de fonctionner. Heureusement qu'il 7 a un Dieu pour les musulmans et nous en profitons, car nous finissons toujours, grâce à la vitesse de l'eau, par raser les rochers sans les toucher.

Enfin nous arrivons tout près de la cataracte et, mettant le pied à terre, nous montons sur une éminence pour jouir de la vue des rapides qui se précipitent entre les pierres avec un grand bruit. Contre la rive gauche il y a une espèce de chenal naturel^ c'est là que passent les barques

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