‹ Croquis égyptiensChapitre 43 sur 64 · KARNAK · texte numérisé non relu

KARNAK

fait abandonner Taxe central ; Ramsès III a osé encastrer un temple au beau milieu d'un péristyle. Enfin, avec les dynasties suivantes, on voit les Séconchis, les Osorchon, les Takelothis entreprenant des ouvrages trop considérables pour leurs forces et les laissant inachevés. Pour terminer, Philippe Aridée, le frère d'Alexandre le Grand, ainsi que Ptolémée Alexandre, viennent, sous prétexte de restauration, démolir, gratter, couper, encombrer les chefs-d'œuvres antiques et remplacer par leurs propres noms et qualités les cartouches des fondateurs.

Et c'est cet amas confus de monuments que les vandales de toutes les époques ont brisé, brûlé, renversé au point d'en rendre l'ordonnance presque inintelligible.

Les habitants actuels de Thèbes, avec leur imagination arabe, ont créé une foule de légendes sur chacune de ces ruines. Presque tous ces contes sont inspirés par la sensation que ces pauvres gens éprouvent en voyant exhumer de ces débris des objets d'art et des trésors. Leur pensée fantaisiste rêve de dragons gardant des lions d'or massif aux yeux de rubis ou des pa-

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rures superbes qui appartiendront à celui qui saura trouver le « sésame » dont le pouvoir fait ouvrir les murs au bon endroit.

Ne peut-on pas dire que les ChampoUion et les Mariette, découvrant le sens des hiéroglyphes et s'aidant de cette science pour se guider dans leurs recherches archéologiques, sont les . heureux possesseurs du « sésame » fantastique et tout-puissant?

On raconte, parmi le peuple, qu'une pauvre femme fellah vit un jour la terre s'entr'ouvrir devant un des grands pylônes, et un esclave noir chargé de pièces d'or lui apparut. A sa yue elle tendit la main, selon l'usage égyptien , et l'esclave lui remit tant de pièces d'or que la pauvre femme ne sut plus où le^ mettre. Alors, pour en ayoir encore davantage, elle court à la hâte cacher le trésor^ qu'elle a déjà et teyient au py. lône chercher de nouvelles richesses. Mais l'esclave était parti. La femme retourna tristement à sa maison et voulut reyoir le monceau d'or qu'elle avait abandonné, mais elle l'avait caché si précipitamment que malgré tous ses efforts elle - ne put jamais se souvenir où elle l'avait mis.

N'est-ce pas là la légende de tout ce peuple

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