‹ Croquis égyptiensChapitre 6 sur 64 · ZAGAZIG · texte numérisé non relu

ZAGAZIG

On voit dans les canaux des hommes qui, au moyen d'une petite escarpolette creuse et légère, suspendue à leurs mains , font remonter Teau dans un canal supérieur destiné à arroser les cultures ; ce mode élévatoire, tout primitif qu'il soit, rend de grands services et se pratique au moyen d'un mouvement cadencé fort gracieux.

Parfois, on voit dans la campagne un caroubier séculaire tout couvert d'énormes fleurs blanches. Le train s'approche et les fleurs s'envolent : ce sont des ibis qui se promènent d'un vol pesant comme des corbeaux couleur de neige.

Arrivés à Zagazig, nous nous rendons au plus tôt à l'agence de la Compagnie de l'isthme de Suez, où nous devons trouver une barque, qui, par le canal d'eau douce, nous mènera jusqu'à Ismaïlia Nous traversons un énorme campement d'Arabes qui apportent leurs denrées au chemin de fer. Il y a là, au milieu des tentes et des bestiaux entravés, des montagnes d'épis de maïs, de graines de douhras , de grosses fèves et de lentilles écarlates ; tout cela est jeté sur le sable; on n'a pas encore eu l'idée de construire une gare de marchandises.

Parvenus à la cahute qui sert de bureau à la Compagnie, nous apprenons que nous n'avons

caoqnis éqtptieks.

qn'un qaart d'heare pour aller chercher nos bagages à la gare et pour nous munir de provisions de bouche, car il n'y a pas le moindre restaurant dans la barque-poste que nous allons prendre.

Nous divisons la besogne et, tandis que ces messieurs vont aux bagages avec une longue charrette traînée au trot par une vache, je pars avec M. H... à la recherche du village français oft l'on vend des conserves et du pain. Au bout d'un quart d'heure , nous y arrivons et nous trouvons un magasin parfaitement approvisionné. Nous faisons porter nos achats par un gamin arabe en lui disant de nous reconduire à la Compagnie par le chemin le plus court. En route, nous rencontrons M. L... qui revient des bagages et nous apprend que nous sommes dans une mauvaise voie, qu'il faut retourner sur nos pas ; l'enfant veut protester, on l'engage à se taire et nous marchons en sens inverse.

Tout d un coup, le chemin s'arrête interrompu par une digue. Le gamin prendun air triomphant et on le remet de nouveau à la tète de la caravane.

Alors, craignant de trouver la barque partie, nous pressons le pas et nous traversons dans la nuit, arrivée presque subitement, des endroits

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