ZAGAZIG
incroyables, escaladant, sautant, renversant, brisant. C'est une vraie course au clocher! Puis nous nous engageons dans le village arabe au milieu des cabanes en terre serrées les unes contre les autres. Les rues ont juste la largeur des pieds et, sans notre moutard, nous ne pourrions nous tirer de pe labyrinthe ingénieux et malpropre. A chaque porte de maison, grouille une population peu parfumée qui nous regarde passer avec de grands yeux indifférents. Quelques habitants dorment déjà, couchés le long des murs ; on les piétine en courant et ils se relèvent brusquement en demandant pardon.
Enfin, nous arrivons à la barque; il y a une petite cabine dans laquelle Ton se tiendrait trois à Taise. C'est là que nous devons passer la nuit au nombre de sept.
Nou« avons eu tort de tant nous presser, on nous fait attendre les dépêches encore longtemps. Pourtant le bateau finit par s'ébranler; les bateliers entonnent le fameux « La Allah ali Allah ! >» (il n'y a de Dieu que Dieu) pour se donner du courage. Le verset est chanté alternativement par le rets ou pilote et par les rameurs. Après le passage des écluses nous sommes tirés par deux mules.
34 CBOQniS icTPTlENS.
La soirée se passe gaiement. Le sonpar est trouvé fort bon.
A minuit , nous stationnons à Tel-el-Kebir, exploitation agricole de l'isthme. Je trouve là
quantité de personnes de connaissance que je ne m'attendais pas à rencontrer au désert. Il est vrai que Tel-el-Kebir , grAce à l'eau du Nil qu'on y fait venir, est déjà un vrai paradis terrestre.