UN DUEL À HALIFAX
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Lionel Eusèbe n'était peut-être eues menteur qu'on voulait ben
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Bien des gasconnades lui avaient édifi cette réputation ; mais, entre toutes il n’en était peut-être pas de plus topiqu que le récit d’un fameux duel erânemen accepté, un jour, avec un Français de L vieille France, sur l’une des jetées du por de Halifax, à la Nouvelle-Ecosse.
—“Ecoutes, vous autres, les terriens Si vous ne voulez pas croire ce que je Vais vous conter, là, quiens ! vous n’aures qu’à en parler à mon frère Théo.
phile, Il n’y était pas, comme de raison, mais je lui ai tout conté cà, tel que c’est arrivé, tout de suite après, sur les entre:
faites ! | “Je gouvernais pour faire le grand quai de Halifax. Et je ne voulais pas, ça se comprend, avoir l'air d'aborder à la perche, par rapport qu'il y avait. du monde plein le quai, aui me regardait terrir. Vous ne savez pas ce que c’est, - Vous autres, une goélette. Ce n’est pas Comme une charrue au derrière d’une paire
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en —“Oh! ça, capitaine, tu t'es
le nes”, me dit, au bord de tout ce monde
qui se trouvait là, un grand français en
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UN DEL À HALIPAX 153 | Quand même ; je n'étais toujours pour lui demander le me mon
grimpe sur le quai, mon grand sabre à le main, qui faisait loucher tout le monde.
Quand Français l’aperçut, lui qui avait
reparti eomme une flèche en criant :
—“Le sabre de eavalerie, fort bien, ça
“Puis, je le vois revenir avec un
154 CROQUIS ET MARINES RS mes de mon bord, j'avais quasiment souleur.
“Le monde se recule devant nous deux et se met tout autour. Quand même j'aurais voulu me sauver, je ne l'aurais pas pu. Mais je n’y pensais pas, vous comprenès bien. Le Frarrais, qui portait une espèce de mantelét par-dessus sa veste blanche, d’un tour des deux épaules fit tomber tout ça avec sa chemise et se trouva tout nu jusqu’à la ceinture. Il me fit signe d'en faire autant, si je ne craignais pas les frissons, qu’il disait.
“J'ai bien vu qu’il voulait me gouailler
par rapport à mon gilet de laine. Aussi, je n’ai pas pris de temps à me rabattre aussi moi jusqu’à la ceinture, en serrant les poings fort pour lui faire voir que j'avais du muscle,
—“Au premier sang, capitaine, n’est:
ce pas?
—“Au dernier aussi, que je dis, si vous voulez. re T
Et tout de suite, le voilà la maïn gauche en l'air, au-dessus de la tête,
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tandis qu’il frappe du pied, comme pour me faire peur, et la main droite fait
sur la tête. Je le repare, comme de raison, et son sabre barôde à côté. Puis, je ne perds pas de temps: je gaffe mon sabre à deux mains et, de toutes mes
blémit en me disant :
—“Tu fesses pas fort |”
—“Non que je dis, je fesse pas fort !
Escoue-toi donc la tête, voir ! | “I va pour s’escouer la tête, elle
tombe par-terre. Je l’avais coupée net- |
te ! ”’
Sur ses vieux jours, l'oncle Eusèbe, comme tant d’autres, vivait de souvenirs.
Il aimait encore à répéter ies gasconnades qui l'avaient tant amusé dans sa jeunesse,
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Un sois, qu'il fumait ss pipe sur le pas de sa parte, deux étudiants en vacances,
= ne
"= “Onsle Busèbe, hui détail, lapins de Ag om a un vrai Français de France” Pr ae 5 quand il y avait rire, et comprenant bien ce qu’on lui demandait, de répandre tout de suite, imperturbable :
-“Æh bien ! moi, monsieur, comme vous me voyes, j'en ai tué un de votre
re ae cantez-nous celà, oncle Eu- Et va donc la narration du duel sur le grand quai de Halifax ! Mais c'est une édition corrigée, épurée. 11 n'y & plus d’apestrophe au Français qui veut rire et qui blémit ; plus de coup de thék-
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