‹ Croquis et marines [microforme]Chapitre 51 sur 53 · PERDU DANS LA BRUME · texte numérisé non relu

PERDU DANS LA BRUME

À un demi-mille environ du rivage de Saint-Louis de Kamouraska, en face du côteau de Pincourt, un rocher dénudé perce la croûte vaseuse qui, à marée basse, s'étend jusqu’au p-au-Diable et au

té comme une sentinelle au milieu de ce vaste estuaire, dénué de toute végétation, copieusement lavé du reste par les em-

Pendant plusieurs années, on lui donnaït une apparence d'utilité en le faisant

| le point d'attache d’une pêche dont la longue chasse courait au large, sur une distance d’une couple d’arpents, arrêtant et capturant dans leurs ébats le menu fretin de loches, éperlans et sardines, en attendant les riches marées de harengs ou d’anguilles.

Lasate Bérubé, qui vivait de cette pêche, n’avait guère connu, durant son existence, d'autre métier ou industrie, surtout en été, que cette exploitation des eaux du grand fleuve. Sa tâche accoutumée, en ce temps-là, c'était d’aller, de jour ou de nuit, après chaque marée, au clair de lune comme dans les ténèbres sous la bourrasque et l’orage comme au

soleil ardent, relever sa capture dans ur - tornbereau, ou la mettre en lieu sûr dant des caches immergées. (Cette tâche qu l'obligeait de quitter son foyer à de:

heures variables, à partir lorsque les au tres du village entraient au logis, à som meiller quand partout ailleurs on trimaï dur au champ, en avait fait comme ut être à part, un survenant qu’on simai

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