‹ Croquis et marines [microforme]Chapitre 52 sur 53 · ml héler comme s’il arrivait de quelque long voyage · texte numérisé non relu

ml héler comme s’il arrivait de quelque long voyage

—“Eh ! Lasare, ça donne-t-il, là-bas ?

—“Pas d’exès !.. C’est la morte mer.’

Et dans ses yeux couleur d’azur, on aurait pu voir se réfléter tour à tour le glauque des choses de la mer et la candeur d'une âme solitaire et bonne.

Un soir, Lazare partit suivant sa coutume, muni de son indispensable attirail :

un gros panier d’osier tapissé d’écailles de poisson, avec épuisettes et seinettes ‘en cas qu'il y aurait du saumon.”

Perché assez mal à son aise sur le limon gauche de son tombereau, le bras appuyé

vieux cheval

incertaine, au milieu de la double rangée de maisonnettes endormies, avant de prendre la descente qui conduit à la grève, là-bas, au bout du village.

Le bruit seul des quatre fers du cheval sur la chaussée, avec celui des contrechocs de la roue du tombereau contre le

heurtequin de son essieu, trouble momentanément le silence de la nuit.

D'ailleurs, qui pourrait s’en étonner ?

On le sait bien; la mer baisse :-—c’est Lasare qui va voir à sa pêche !

… Il se fait tard. Ce n’est pas avant minuit, bien sûr, se dit le pêcheur, que l’ilot sera à seci—Doucement, Drill, on a le temps

Et Drill, en effet, connaît son devoir.

Cette randonnée nocturne lui est depuis longtemps familière ; après tant d'années du même service.

Le ciel est sombre ; de gros nuages au contour imprécis masquent le scintillement des étoiles. Mais la lueur que projette le falot à demi-dissimulé derrière l’épaule de Lazare est bien suffisante pour éclairer le pas de la bonne bête. Au reste, Drill sait être prudent lorsqu'il le faut, et tantôt, en prenant la vase, si la roue du tombereau, on ne sait pas, monte sur un cran trop inégal, de lui-même, sans qu’on lui commande, d’un jarret nerveux et accoutumé, il amortira sous l’avaloire la

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