SECONDE PARTIE
ii^'.'
Nous venons do quitter laSuedo 1 II est huit heures du soir, etv tout fatigues encore de -vingt-quatre heures de cheuiin de fer, nous nous jotons, sans prendre de repos, sur uii steamer en partance pour Copenhague. Nous voguons sur le Sund ; de ses caux grises et ternes emergent encore des lies verdoyautes, derniers vestiges de ces archipels scandinavos. Pen a peu la cote s'abaisse et se confond en ligne bleuitre avcc la mer. Devant nous ane nouvelle terre commence a poindre : c'est celle de Danemark. Deux heures a peine apres notre depart de Malmo, nous approchons du port de Copenhague.
Des fortius, des citadelles en defendent I'entree. Enfin, an milieu d'une foret de mats ct de cordages, nous abordons.
Des douaniersse precipitent surnos colis, etces rapaces agents du fisc so disposent a bouleverser tout cc qui leur tombera sous les mains. Et cc u'est pas chbse facile, je vous assure, que de leur ochapper, voire meme de se fairc entendre de g-ons qui no comprenncnt que le danois, ct nous, nous ne parlons quo le francais. Essayant enfin d'un dernier moyon, nous leur jetons a la tete la phrase sacramentcUe : « Cougres, Stockholm ! » Une fee bienfaisante n'eiit pas mieux reussi d'un coup de sa baguette magique.
A la brusquerie de ces messieurs succede soudain la politesse,
et nous sommes libres. L'hotel du Roi de Danemark nous donne
I'hospitalite, et, pendant toute la nuit, nous y goutons un repos
r6parateur.
ISAout.
Avant I'ouverturo des musees, notre premiere visite est pour les marches. Rien de plus curieux que ces reunions.
Ici des chars aux formes un peu massives, mais remplis de cerises, atteles de deux petits chevaus a moitio epagneuls-; la des groupesde paysans ; aillcurs des femmes, au pittoresque costume, vendant despoteries; plus loin, d'autres etalent .sur des nattes ou
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9ur les afh'eux cailloux qui pavent la place, les plus beaux produits de File d'Amac, Amac surnommee a juste titre le verger de Copenhague .
Independammeut de sa position magiiifique sur le Sund, entre le monde du Midi et le monde tout mytliologique du Nord, la ville a un cachet tout special et unique dont I'entourent mille souvenirs qui planentsur elle.
Sous son ciel brumeux, le passe de I'antique Scandinavie vous vient a I'esprit; le vent de mer, qui soufdepar ratfales au travel's des pins du rivage ou dans les forets de M tres, semble un de ces chants prophetiques des sagas ou des scaldes. Tout , jusqu'a la vieille Tour de Christian IV, aux etroites fenetres cintrees, a un aspect mysterieus.
Je me rappello encore notre visite a cette tour colossale sans escaliar. La rampe iuterieure, a pente assez forte qui le remplace, conduit a uno plate-forme qui couronne ce curieux edifice. De la on a uno vue admirable : a vos pieds, le port rempli de navires de tous pavilions et les eaux qui, prcsque partout , ferment une ceinture naturelle a la cite danoise et a ses monuments. Vers I'Est, se confondant avec les brumes de la mer, nous distinguons vaguement les c6tes de Suede, tandis qu'au Sud-Est, la Baltique etend au loin ses sombres flots.
Le temps nous presse ; aussi, quittant a regret cet observatoire, nous nous dirigeons vers les Musees.
Le Musee ethnographique, dont M. le professeur Steinhauer est directjur, est admirable. II contient les costumes, les ustensiles, lea industries, les inventions de tous les temps, de tous les pays et de tous les degr6s de culture intellectuello parmi les peuples, II y a la des tentes de peaux de phoques al'usage des Groenlandais, destralneaux sur lesquels ils chargentleurs pirogues et les transportent parmi les glaces. II y a la des idoles de toutes les latitu" des et de toutes les superstitions, des cornemuses faites de dents d'elephant, des carquois de fleches empoisonn^es, des toques orn6es de plumes et d'herbes marines, des colliers de pierres precieuses, des boucliers en cuir de boeuf, que ni sabres ni balles no pen vent penetror, des lances dont chaque clou annonce la mort
d'uu tiiiiieini. II y a la des coupes de porcelaine euiboitets dans des tissus de banibou , des tasscs de la Chine i}iont6es sur diamaiits, des cordes de papier infrangibles et des yatagans a lames d'acier , afourreau cisele. II y a la des pagodas , des dieux de I'Inde ct de la Chine, des amulettes innombrables; mais cc qu'il y a pcut-etre de plus curieux, ce sont des dentelles a g-uirlandes de roses entremeloos avec l?,s fibres de I'ananas. »
Dans le meme batiment, on trouve le Musee des Antiquites du Nord. Nous visitons successiYement lesnombreuses vitrines occapees par les plus precieux sp6cimens de I'age de pierre, de I'lge de bronze et de I'ltge de fer.
Notre compatriote, M. Mojard, etabli depuis de longues annees a Copenhague, en a donne dans son journal, le Jeune Polyglotte, une description aussi Mele qu'interessante. Je ne puis mieux fairo que de lui laisser la parole.
« Le Musee des antiquites, installe dans I'aile droite du Palais du Prince, a Copcuihague, est d'ane richesse incomparable, surtout en ce qui concerne les objets datant de I'age de la pierre. Le Danemark a pru meme faire des g6nerosites : plusieurs musees, a Fetranger, lui doiveut quelques-nns des plus beaux specimens do leurs collections. Pour uotre part, nous avons souvcnt admire, dans nos visites au Mus6o Gallo-Romain , fonde au chateau de Saint-Germain , les vitrines ou se trouve expose Tenvoi du Danemark. »
Le Musee des antiquites est riche d'environ 60,000 pieces, r6-
parties entre dix-neuf salles et classees comme il suit : Age de la
pierre, &,ge de bronze, iige de fer, pierres runiques, moyen-%e et
p6riodc moderne.
Age de la pierre.
Entrons dans la premiere salle et jetons d'abord un coup d'oeil sur la vitrine u° 1. Cetto tranche, coupee dans un kjokkcnmodding situe a Melgaard en Jutland, nous edifie sur la composition Jiabituelle de ces eutassements. Ce sont des ecailles d'huitres, de moules, etc., des os dont on a suce la moelle, des restes d'aniraaux, d'oiseaux, de poissons, des outils en silex eclate et en os ; niaiP on n'y rencontre point d'ossemcnts humains.
Dans la vitrine n" 2, on a place cc qu'ont doune il'interessaut l3s fouilles faites dans ce meme depot : bois de cerfs (perces ou non d'un trou destine a recevoir un manche, faconnes en marteaux ou en gaines de h3,ches, aiguilles et poincons en os, outils en silex non polls, haches triangulaires, ciseaux, couteaux, poteries brisees, pierres calcinecs, etc.
Les vitrines 3 a 10 contiennent les trouvailles faites a Havelse, Magleo et Korsor, eu Selande, ainsi qu'a Hindsholm, en Fionie. Elles offrent a peu pres les memes caracteres.
La deuxieme salle est consacr6e surtout aux restcs d'ateliers do fabrication d'outils en silex et en gres, les uns de I'epoque de la jpierre 6clatee, les autres de celle de la pierre polie ; elle sert de traitd'union entre la premiere salle et la troisieme, ou I'du n'a expose que des produits eu pierro polio. Notons dans les vitrines 37 a 39, des grains de collier en ambre trouves dans une tourbiere du Jutland ; il y on avait dix-huit cents dans un vase d'argile a quatre auses. Pres de Randers, a Lacsten, on a decouvert aussi quatre mille perles etparures renforraees dans un coQFrot en bois; on suppose qu'elles formaient le fond de boutique d'un inarchamd d'ambre.
Dans les vitrines 40 a 50 sout etales les objets rocueillis dans les sepultures : dolmens, allies couvortes ou chanibres do geants, tumuli ou monticules artiflciels, etc.
Age du bronze.
L'igo du bronze est rcpresento par les objets exposes dans les salles 4 et 5 ; mais ceux de la salle 4 appartiennent pour la plupart a la premiere periode de cet 3,ge ; celle ou Ton inbumait les corps. D'ordinaire, le cercueil etait creuse dans un tronc de cliene, fendu sans le secours do la scie ; au fond do cette biere ou etalait une peau de boeuf sur laquelle etait ctendu lo cadavrc, vetu et arme. D'un tumulus du Jutland, a Treenboi, on a retir6 desvetements en laine dans un etat do conservation parfaite: bonnet, manteau, ceinture, chaiesafrangcs. DaEsun autre, on a recueilli des feuilles d'or qui ont du reeouvrir un bouclier en bronze.
Les objets deposes dans la vitrine 57 proviennent du tumulus
— 61 -^ de Hvidegaard, pres de Copauhague. Cette sepulture date de la periode d'incineratioa : le sol en etait couvert d'un lit de cailloux (silex), et par dessus on avait 6tondu uue peau d'animal, plus un manteau de laine qui enveloppait des ossements brules, ainsi que des attributs fuueraires; a cote gisaiont des armes en bronze et en pierre, une queue de couleuvre, une griffe de faucon, uu petit cube de bois, etc. C'etait peut-etre le tombeau d'un guerrier-magicien.
Lesvitrines 60 a 67 rcgorgentd'ustensilesetd'armes en bronze, <Je bijoux on or ou en r.mbre, etc. : epees, couteaux, alenes, aiguilles, pinccs, boutons, anneaux, colliers, diademe?, epingles, peignes, fibules, hamecons, bracelets, poignards, boucliers, trompettes, piques, pointes de fleches, etc., etc. Nous citons sans ordre, car la place nous manque, non pour detailler, mais menie pour tout nommer.
Aussi, nous parcourons a grands pas les dernieres salles, si riches pourtant, mais trop riches pour etre decrites en quelqucslignes.
Age de fer.
L'3,ge d'e fer et sos trois epoques sent representes, dans les salles 5, 6, 7 et 8, par des armes, des outils et des bijovix, par des poteries et des verreries ; mais le temps nous presse, passons. Mentionnons cependant deux petits gobclets en argent, d'un travail romain exquis, trouves dans un tertre pres de Veggerby, et deux autres de meme metal, mais plaques d'or, a Mollerup.
Les vitrines 104 et 105 nous attirent 6galement par I'eclat des parures, ou brillent le grenat, la cornaline. Nous voudrions pou- Yoir admirer plus a notre aise ces objets en or, ces monnaies du troisieme et du quatrieme siccles, ce joyau {diademe ?) oil se lit I'inscription unique : lutheo.
Deux grandea cornes en or avaient ete trouvees dans le Sles- ■wig (1639 et 1734), pres de Gallehus. Elles ont 6te volees et fondues en 1802 : la vitrine 103 en donne une imitation.
Les fouilles pratiqu6es dans le Vinose, ou tourbiere sacree, ont donn6 des fragments do cottes de mailles, des peignes, des ceintures avGc leur garniture, des epces, des sabres , des harapes de
lances etdejavelots, des arcs en bois, un carquois ot des fltehes, des umbons en far ou en bois, quelques-uns en bronze ; des outils d'armuriers ; des jeux : des, damiers. On a pUc6 tons cos objets dans la vitrine 122. La suivanto (123) contient ceux qui ont ete retires du marais du Krageliul, en Fionie ; ces derniers datent probablemeut du cinquifeme siecle : c'otait un amas d'armcs, d'objets d'oquipement militaire, brises ou tordus, en vue do pratiques religieuses, avant de les submerger.
Impossible do traverser la huitieme sallc sans donner un coup d'oeil aux bracteates. Arretons-nous done devant la vitrine 134. Les bracteates sout des rondcUes en or, munies d'anses et qui servaient de parures ou d'amulettes ; les unes sont byzantines, d'autres, faites d'apres des modeles byzautins, ont etc travaillees dans lepays, ce que prouvent les instructions runiques qui les docorent.
L'epoque des Vikings etant surtout caracterisoe par des objets d'origine etrangere, n'est que d'un interet secoudaire, au point de vue des antiquites du Nord. Mais, comrne c'est a cette periodo qu'appartient le tumulus du roi Gorm , nous citerons quelques lignes do M. C. Engelhardt sur ce monument du dixieme siecle : « Le tumulus du roi Gorm, mort en 956, et de la reine Thyra Danebod est situepres do Jelliugc, ancien^ae residence royale. Le tertpo, qui a environ 13 metres de liaut sur 220 de circonfercnce a la base, ronferme au fond une chambrc sopulcralc, construite en poutres do chene, ct dont le plafond et les parois otaient probablemeut revetus de tenturos en laine et de plaques de bois peiutes et decoupces a jour. Nous en posscdons des fragments representant, I'un un guerricr dans son armure, I'autre un entrelacs de serpents. Le caveau mosurait environ 7 metres de long sur 2"'50 de large ct 1"'50 de liaut. Parmi les patits objets qui y out ete laissus par les spoiiateurs du moyen-age , nous signalerons un gobelet d'argent, plaque d'or a I'interieur et decore a I'exterieur de dragons cntrelaccs. Nous aimons a croirc qu'il a appartenu a la reine de Thyra, qui, c!ir6tienne elle-meme, protegea . la foi nouvelle.
Dans la neuvieme sont x-augees des pierres runiques du neu-
vieme, du dixieiae et du oiiziemo siecles; les inscriptions sont en vieille langue danoise. Presque toutes ces pierres se drossaient le long des routes ou au pied des tumuli ; elles avaient pour destination do conserver la memoire d'un parent ou d'un personnage celebre. Celle que nous avons surtout remarquee est connue sous ]e noni de « Pierre runique d'Aarhuus. » Voici I'explication des runes qui y sont gravees : Gunnulf et Eijgaute et Aslak et Rolf erigerent cede picrre en souvenir de Fid (Ulf ou Vulf) , leitr compagnon d'avmes, qui peril dans le combat ou les rois sc batlaient. » (Combat d'Aarhuus 1043.)
Le moyen-ag-e nous offre, dans les sallcs 10 ot 11, des specimens du style romain ; dans les salles 12 a 15, du style ogival, et vous conduit par gradation a la periodc dito moderne (qui s'arrete a 1860), api-os vous avoir montre, dans les salles 16 a 19, de beaux echantillons del'industrie danoise. II y a. la bcaucoup a voir, bien des choscs a admirer, et il faut de longuos visitcs au musee pour le connaitre, mouie superficiellement. Mais, a vrai dire, c'est par les reliques des premiers ages qu'il merite sa renommee universelle, et c'est surtout a ce point do vue special qu'il convient de I'etudier.
Apres de longuos heures consacr&s a, ces merveillos, nous sortons de ces palais. Nous avons be^oin d'air, do lumierc, besoin de de respirer un pen libremont ; la teto nous peso, et, les yeux formes, nous voyons encore tous ces vestiges adinirablcs d'un tamps qui n'est plus.
Pres de ce magnifique museo, unique en sou genre, est la Bourse, un des plus beaux monuments do Copenhague : quatre crocodilles enormes, la queue outrelacee en spirales, ferment sa fleche originalc. La gueuleentr'ouvortc, pouches sur redifice, lesmonstrueux amphibies scmblent prets a vomir sur les belles sculptures renaissance des facades les cataractes du ciel brumeux d'Hamletet d'Ophelie.
Dans la rue du inarche d'Amac, nous passons devant la maison deDivecke.Cefcteconstructiongothique nous rappelle le souvenir de cetto jolie joune fijle hollaadaise devenue la favorite de Cristian 11.
Notre deraiore visito aujourd'hui ost pour Icmust'iu dc Thorvalsen, ce celcbre sculpteur emule dc Canova et la gloiro du Danemark. Un immense palais, en forme de tombeau, i-enfermc ses oeuvres, et son corps repose au milieu de la cour centrale, sous uu epais tapis de lierre- Cette etrange construction, originale de forme, Test encore plus par sessinguliercs fresques, aux teintes bizarres.
En effet, le pourtour de Tedifice est entieroment convert de peintures sur fond noir ontouro de filets jauucs et blancs.
D'un cote, est represeute le retour de Thorvalsen dans sa patrie ; de I'autre, I'arrivoe de ses chefs-d'oeuvre. Si I'executiou de ces fresques, aux effets rococo et papillottants, laisse a dosirer, I'idee par elle-raeme en est admirable. Quel est, on effet, lo pays qui a eu la noble pens6e d'honorcr ainsi (memo do son vivant) le talent d'un do ses enfants? Jamais pout-etre vie d'artiste no fut plus mouvomentee que celle do Thorvalsen ; jamais peut-etre un "Tand genie no mit plus de temps a prendre son essor.
II y a un siecle environ, un pauvre sculptcur en bois pour navires quittait Reykjavik. Pcu apres son arrivoe a Copenhague, sa femme, descenduo d'un ancien roi do Danemark, dounait le jour a un enfant qui devait etre plus tard un grand homrne.
Des son eafance, le jeune Berthel Thorvalsen montra pour la sculpture log plus grandes aptitudes. Un premier succes I'ayant encourage, il travailla et obtint plus tard la medaillc d'or, et, le 20 mai 1796, il partaitpour Rome.
Mille traverses vinrcnt I'y assaillir, et, pendant plusieurs anneos, il eut a lutter centre la fortune ; olle lui sourit enfin •, son Jason, son dernier espoir, venait d'etre coule on bronze ; il ne pouvait le vendre, et allait de chagrin etftiute do rossources, quitter Rome, quand un Anglais vint a sou atelier et le lui commanda en marbre. Sa fortune etait faita, et les compositions sorties do ses mains ne tardcrent pas a etre recherchees.
Aucune des flatteuses distinctions qui s'attachent a la c6Iebrit6 ne lui manqua ; il eut pendant .sa vie pour amis etpourcamarades les princes et les souverains de I'Europe ; le prince Louisf de Baviere I'avait pris en grande affection ; Horace Vernet, Walter Scott, Byron etaient lies avec lui.
ii^»9Stw?nMi«M.
Son retour meuie k Coj)cnhaguc, eu 1838, a I'^g-e do 68 aiis, apres de longues aiinees d'absence, fut une ovation dig-iie d'unroi.
La population entiere se porta en foule au devant do lui. La nature memo quitta, pour co jour heureux, son aspect triste et brurncux, et unc aurore boreale eclaira I'entroe triomphalo du g-rand sculpteur.
Entouro d'amis, comblo d'honnours, do distinctions, lo vieil artiste, jusqu'a la fin de sa briUanto carrioro, ne cessa de produirc, ct Ton pent dire qu'il rendit le dernier soupir rebauchoireumain, « ayant ou Ic rare bonheur d'assistcr de son vivant a sa propre immortalite. »
Si mallicureusement nous no pouvons pas, en France, dan3 nos musoes, admirer scs chcls-d'cEuvre, reunis par sapatrie, justcmcnt jalouse, nous avons au nioins non loin do nous un charmant coin de terro oii nous pouvons, amis Icctcurs, contempler a I'occasion, une conception aussi simple dans Ic sujet que grandiose d'execution. A la portc do Wcgis, a Lucerne, se trouve un lion d'une grandeur colossale (9 metres de long sur 6 de haut), du au ciseau du sculpteur danois. — Perce d'une lance, ce lion expire en couvrant de son corps un bouclier fleurdolise qu'il ne pent plus dfjfendrc ct soutient encore dans sus pattcs.
II est sculpte on bas-relief dans une grotto pcu profonde, crousee elle-momo dans une parol verticale du rocher, que couronnent dcs plantes grimpantes et du haut de laquelle se precipite en niurmurant un mince filet d'eau. Ce monument a ete eleve a la memoire des soldats suisses morts en defendant Louis XVI et sa famiUe, le 10 aout 1792.
La statue de Thorvalsen , present ofFert par la ville de Copcnhague a Eeykjavick, sa ville natale, y a ete devoilee le 19 docembre 1875, au milieu d'une grande affluence de population. Le professeur Steingrimur Thortsen avait compose une cantate pour cette solennite, et I'eveque Piettursson a prononce un discours. Le sDir de cette belle fete patriotique, une grande partie de la ca- Pitale de I'lrlande etait illuminee.
Le soir, nous allons diner au Tivoli-Parck ety flanons ensuite comme dcs fcoliers en vacances. Dans cet immense ct magnifiquc