‹ Croyance et Suggestion: Le Pythagorisme et Apollonius de TyaneChapitre 10 sur 20 · SE, FEU LES · texte numérisé non relu

SE, FEU LES

| dévoués corps et âme à leur maître, capable. de supportér | |

es Jui toute les privations, tous les martyrs, ils ont ‘réf ulé leurs tendances, fait taire leurs besoins, aliéné eu NOTES , et toute leur ambition, tout le bonheur mu “qu S LÉ nec ici-bas est. d'entendre le soir la voix

bien- “aimée descendre comme un baume au plus profond ‘ F

L Me y ue leur à âme. se APR ITR SH 4 + ÿe4 PRES 4 j ‘+ x Te 4 K

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# 2. — OnIGnNE ET CARACTÈRES FL LEA PERCEPTION MENTALE a

Qu: DÉCLANCHE L AUTO-SUGGESTION. Fos Lx

ROC aile se > passé tout entier dans L'espnt du su # je. Aucune volonté étrangère n ‘intervient our lui im > Pier poser. l’origine de sa croyance, il à Hours lui- -même + . l’idée ou le rapport d'idées qui lui donné naissance soit

dans son propre ions mental soit su l'empruntant à‘ * autrui. %, k À

"Et ils ‘agit d'un état mental tout différ ent de celui que nous yenons de décrire en étudiant la suggestion provoquée. Tout à l'heure nous parlions d’esprits éminemment suggestibles, dépourvus de toute orientation in- née, prêts à obéir aveuglément à l'influence qui les subjugue ; c’est maintenant un esprit lucide, mer veilleusement organisé, fort, dans la bonne acception du terme.

L’auto-suggestion qui le conduira à sa croyance ne fera

que grouper ses forces intellectuelles, les orienter toutes vers un but unique, mais, auparavant, elles existaient # ; déjà : elles fonctionnaient dans un sens quelconque,

ne, peut voir. de en LN un travail” subconscient FA

d’ auto- suggestion tel que. son résultat sera une croyance |

définitive et irréductible. ; PU RS TN ANR

Pour ce faire, nous distinguerons deux 6 cas. PAR CU LE

Dans: le premier,, l'individu bâtit sa croyance à partir

d'idées qui ne lui appartiennent pas. En d’autres termes, ù : ie 2. “le point de départ de son auto- Fheetion ris est exté ARS

rieur. C'est ce. que nous proposons | d'appeler l'exo-.

autosuggestion. Dans le second, cer point de départ me es es trouve dans le propre fonds mental de. l'individu : “e est. dote: l'endoautosuggestion. on Te NET. PA die . Mure

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Les deux ‘questions que nous nous proposons de résou- ; ’ on dre à propos de l’ exo-autosuggestion, sont les suivantes : :

Où le sujet puiset-il l’idée, objet de sa croyance et 20 origine de son auto-suggestion ?

Pourquoi son auto-suggestion et la croyance qui en F résulte ont-elles pour origine cette idée, et non pas une autre ?.

« Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de

Ft Set qui dE agé, agitent fs agiteront ae 4 Fo une à votre pauvre. machine ronde, depuis le jour où, quelque Lx

malin, démon La tentant, ‘une espèce animale crut se dif-

“SA férencier des autres en se mêlant de. penser.

- Mais toutes. Jes idées que lance le génie ou la he

des hommes n'ont. pas même destin. Elles semblent ;

quelque loi inéluctable ‘ét: mystérieuse qui en-

| obén

é gloutit les unes dans un oubli profond aussitôt après leur

ne naissance et qui pare les autres, malgré les siècles écou-

| és, d’ ‘une jeunesse immortelle. Les unes se heurtent obs- É os ee -linément à un. scepticisme farouche et ironique, lesrau- nie j … tres ont ce privilège d' exciter les affinités secrètes et élec- | Ée | “lives par lesquelles tout un peuple, toute une race, tout | “un monde vibre à l unisson. Dans l’histoire de l’ humanité - l'on trouve. quelques-uns de ces moments sacrés où, du cerveau d’un être mortel, jaillit l'idée génératrice d’en-. AS thousiasme, entraïneuse d'hommes, qui range sous son RE exclusive aon Jes forces éparses d'une collectivité. Ce sont les foyers de lumière où les hommes, éphé- … mères papillons, viennent brüler leurs ailes, ét qui laissent, loin derrière eux, au cœur des générations futures, un long sillage d’attirance et de foi.

Or, ces foyers d'idées dont l’apparition est marquée en 1 traits de feu dans l’histoire des hommes, qui, d’euxmêmes, sans efforts, conquièrent tous les cœurs, emportenc toutes les convictions, sont essentiellement des

foyers d'auto-suggestion. Ils ne sont.susceptibles d’aucu-

ne démonstration scientifique, d'aucune ‘explication Ta. tionnelle ; il ne $ agit pas de certitude, ils agit d'enthou-

siasme, ils portent avec eux par leur seule existence et

leurs: preuves et leur raison d'être, ils ne pouvaient pas ne pas être, puisqu ‘ils sont.

Ils agissent uniquement par Pémotion qu'ils provoquent, et nous arrivons à une notion capitaie dans l’étude de la genèse de l’auto-suggestion : Toute auto-suggestion a une origine émotionnelle. |

Nous concluons que le sujet puise le point de départ de son auto-suggestion dans un foyer d'idées qui présente avec lui une affinité émotionnelle.

La seconde question que nous nous sommes posée revient donc à se demander pourquoi le sujet trouve une affinité émotionnelle dans ce foyer et non dans un auire. ; :

Il la trouve, parce que ce foyer d'idées répond intimement à ses tendances subconscientes.

Par tendances, nous entendons les influences rie dérantes, agissant dans le domaine du subconscient, par conséquent impénétrables au sujet lui-même, dont la plupart lui impriment dès la naissance sa propre personnalité qui restera pe à elle-même toute la. durée de sa vie. |

Ge sont les liens de la race, de l'hérédité, du milieu social où le destin l’a placé, des tares morbides qu'il a contractées, de la plus ou moins grande puissance de son affectivité, de son attention, de son imagination. L’homme croit marcher dans la vie dégagé de toute entrave, li-

bre de croire, libre de vouloir, libre de penser, libre de

É le de | raisonner. à sa guise : en réalité, il n'est que 6 pantin à

dont ses tendances tirent les ficelles. Par conséquent, - si alors que dans l'hétéro-suggestion le point capital était 4 = l'état de suggestibilité du sujet, dans l'auto-suggestion il : … réside dans l'affinité que présente l'idée- point de A EP

+ ‘avec ses tendances Fubconscientes. RAS FN OR ee À g Déjà Pierre Janet affirmait que l'état antérieur joue re un gran rôle dans la suggestion. « La suggestion, écrit” 1) # il, est comme l éducation : elle se sert de dispositions antérieures, elle ne les crée pas ». Et il en cite deux exempiles, Lucie, foncièrement irreligieuse qu’ il avait. trans- # 1, formée en archevêque, mais qui exerçait son sacerdoce INR + DR une telle façon qu'il n'insiste pas, et Léonie qu il on avait jamais réussi à suggestionner qu'en la muant en

| princesse, état social qui devait répondre à ses tendances a

NRC subconscientes. SR Re Ne Dee HE Les thaumaturges savent a Je rôle sen es, He

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que joue la subconscience dans l'apparition d'un travail He

“efficace d’auto-suggestion. Ils imposent à leurs sujets de longues périodes de calme, de recueillement, où, se détachant lentement de la vie qui les entoure, äls endorment eux-mêmis, pour ainsi dire, leur conscience claire. et laissent affleurer à la surface de leur subeonscient leurs plus obscures tendances.

Nous-mêmes, ne sentons-nous pas souvent, confusément il est vrai, quelque chose d’indéfinissable vibrer en nous lorsque nous prenons contact avec une idée qui, de prime abord, ne semble ni plus attirante ni plus révélée | qu'une foule d'autres, mais avec laquelle nous nous sen-

tons tout de suite en parfaite communion comme si, dans ;

une autre existence, nous. one déjà e connue et a aimée. ; C'est le sens de Deals parolé ‘que Pascal prète à Jésus :@ Console-toi, tu ne chercherais pas, situ ne

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“Nous insisterons moins. sur l'endo-autosugg CSUOD Le ni SES

- d’abord et surtout parce qu ‘elle n'est pas applicable à DE Fe » . Apollonius de Tyane, et ensuite parce que son . mécanis- ; $ me est beaucoup moins compliqué. Ce RE ÿ - Le point de départ de l’auto- suggestion qui oi à.

"ai h croyance est purement intérieur, le sujet le puise dans. se fus son propre fonds mental. IL s agit d’ un individu qui à à. s: sa disposition les mêmes forces intellectuelles que dans le

ÿ / cas précédent, mais chez lequel les tendances subcons- | : cientes exercent un ascendant plus puissant, plus exclu- ë sif et travaillent spontanément sans qu'il leur soit be- = soin d'étincelle extérieure. Cet obscur travail finit par dé-

. gäger et amener dans le champ de la conscience claire <

la représentation mentale, idée, sensation ou. sentiment,

. à partir de laquelle se développera l’auto-suggestion, gé-

… nératrice de sa créance. C'est ce travail d'émotion intérieure qui, en orientant et en décaplon l'énergie intellectuelle d’un homme arrive à faire de lui un animateur.

ÿ 3. — RÔLE PE L'AUTO-SUGGESTION DANS L'ÉLABORATION DE. LA CROYANCE. ÿ * \

Que le point de départ de la croyance, idée, sensation,

ie sentiment, où rapport d'idées, de sensations, de senti-

ments, ait élé imposé au sujet par suggestion provoquée,

ou qu'il se le soit inconsciemment imposé à lui-même de par son affinité avec ses tendances, le processus d éla-

boration de la croyance demeure le même.

Deux facteurs entrent en jeu : le travail sbconet tone

d’auto-suggestion et un travail, conscient celui-là, d’idenï af] . x Me A Ha ort Te ontéüfication ‘du rapport avec d autres rapports perçus anté rieurement, simultanément ou hypothétiquement. Là

intervient le rôle non seulement de la critique, mais

aussi de l auto-critique du sujet: Suivant que ses facultés de critique et d’auto-critique seront plus ou moins déve-

loppées, L£ second travail, conscient, sera plus où moins

subordonné au travail subconscient d’auto-suggestion. Et ceci nous explique les trois attitudes de l'esprit en face d'une représentation mentale : le scepticisme, la

croyance, le fanatisine.

Les sceptiques sont müûs par des tendances subcons-

cientes, comme les autres. Ils peuvent même, dans cer-

taines conditions, se laisser. sug ggestionner ou. s’auto-

suggestionner, comme les autres. Mais leurs facultés de

| critique et d’auto-critique sont telles que leur suggestion ne tient-pas. Ils la battent continuellement en brèche par des raisonnements qu'ils n’appuient que sur des faits matériels, ils passent au crible non seulement leurs sensations, mais nous dirions même leurs sentiments et leurs jugements. De telle sorte qu'ils finissent tout de même par avoir des inclinations, fruit de l'ultime effort de leurs tendances, maïs qu'ils n’ont pas de croyance, au

sens où nous employons cé mot. Chez eux, le travail "4

subconscient d' auto-suggestion est annihilé, étouffé, per,

le travail conscient de Vérification critique.

Chez les croyants, au contraire, l'auto-suggestion dirige en grande partie le travail de critique ei d’autocritique. Ils arrivent, plus « ou moins rapidement, suivant l'influence plus ou moins prépondérante de leur auto-suggestion, à une croyance, mais à une croyance pour ainsi dire raisonnable, qu'ils fondent sur des rapports d'idées qui leur paraissent prouvés. Et leur critique joue quand ils le sont en réalité, et leur auto-suggestion joue, quand ils se les prouvent à eux-mêmes. Chez eux, selon le mot de La Rochefoucauld, « l esprit est sou-

“vent la dupe du cœur ».

Chez les fanatiques enfin, il n'existe pour ainsi dire plus de critique ni d’auto-critique. Ils se laissent emporter par leur auto-suggestion comme une feuille morte au gré du vent. [ls en sont le jouet, ils en

sont la proie ; toutes leurs perceptions, tous leurs ju-

gements, même ceux qui, en apparence, lui devraient être le plus opposés, tournent dans leur esprit à la vérification de leur croyance. Non seulement tous les efforts qu'accomplit une volonté étrangère pour lutter contre cette auto-suggestion se tournent en sa faveur, mais fait plus éxtraordinairé encore, tous leë efforts. que la propre volonté du sujet exerce consciemment pour lutter contre elle n'arrivent qu'à la fortifier davantage. Toute l’activité intellectuelle est dirigée dans un sens unique, la pensée n'est pas dans un état d’impuissance, loin de là, car c'est à ce moment qu’elle est capable des plus sublimes créations, mais elle est dans un état d'orientation exclu-

a Loir

sive. Il n'y à pas, à proprement parler, de rétrécissement du champ de la conscience qui reste capable d’embrasser autant, sinon plus de représentations mentales, mais il ÿ à Convergence absolue de toutes ces perceptions vers un but unique, la croyance.

oi ee Mon à âme est la malière q a fe travailler, comme le charpentier Le j ROSES comme le cordonnier A He

Aux temps | où. naissait Apollonius de Tiades da puis

sance romaine était à à son apogée, mais cette époque, mal-

gré son apparence de prospérité et d'équilibre, était mo- " 4 : net

ralement malade. Les hommes avaient vécu jusqu'alors une ie trop turbulente, trop agitée. Hommes d'action avant tout, ils s'étaient fatigués d'agir, et, rentrés en euxmêmes, commençaient à penser. Ea conquête avait fini. pa: lasser les conquérants, et, à l'intérieur de cet immense empire où, à l'abri de LS. P. Q. R., vivaient,

dépendantes et prospères, les provinces, se déssinait une

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puissante évolution morale, comme le monde jamais n'en avait connu. EE Fe Toute la vie du Grec et du Romain avait été jusqu'alors orientée vers le dehors, ils avaient été les fervents adora-. teurs des formes idéales et des forces divinisées de la nature, Maintenant, tout au moins pour les esprits d’élite, la religion naturelle ne leur suffisait plus, et la vie intérieure avait remplacé pour beaucoup l’activité purement extérieure. , :

Et puis, comme ils étaient tolérants de par leur religion, de par leur politique, ces conquérants s'étaient laissés envahir par les dieux des peuples qu'ils subjuguaient. La marche vers l'Orient qui couronnait la conquête romaine, n'avait pas été seulement la marche des légions, mais aussi la marche des idées. Et l'âme de l'Orient, c'était le mysticisme ascétique et sensuel, c'était la religion née de l'enthousiasme, de l'extase et de la foi, en dehors de toute’ conception rationnelle, c'était le « credo quia absurdum » de Tertullien. C'était aussi une religion théâtrale et mystérieuse dont les prêtres étaient des mages, dont le prestige était essentiellement dû à la suggestion. Au merveilleux du polythéisme gréco-romain dont la suggestion sur les foules était depuis longtemps usée et auquel ne croyait plus l'élite de la société romaine, à tel point que dans les lettres de Pline l’on ne trouve pas une seule allusion sérieuse aux dieux, se substituait donc un merveileux oriental dont l'influence, savamment entretenue par les prêtres, était considérable sur les esprits mystiques. ;

En face de la religion, se dressait la philosophie.

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