‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 113 sur 278 · APERÇU · texte numérisé non relu

APERÇU

POUR SERVIR A l’hISTOIBE DE I,A RKLIGIOTl DES PERSES*

On vient de voir dans l’exposé précédent quel était le caractère de la religion védique et comment de ce naturalisme primitif sortit un polythéisme compliqué, où la notion divine est étouffée par mille conceptions mythologiques dont la richesse poétique ne saurait faire oublier l’extravagance. Les Iraniens, frères des Aryas, parlant un idiome allié du leur, en passant de la vie pastorale à la vie sédentaire et réglée des villes, altérèrent aussi les notions religieuses qu’ils avaient en commun avec eux. Tandis qu’au delà de l’Indus le panthéisme naturaliste était remplacé par une théogonie complexe qui allait droit à l’idolâtrie, dans la Perse, ce panthéisme se dépouillait graduellement de ce qu’il avait de plus matériel et se transformait en un dualisme qui contenait en germe plusieurs des principes que le christianisme a consacrés,

I La première édition de ce travaii parut en 1858, dans la Revue germanique.

MITHRA

Sans doute, cette épuration ne fut jamais complète, le culte mazdéen conservait encore, au temps d’Hérodote, les aspects de la religion védique, et Thistorien grec, au lieu de s’élever jusqu’à la notion du Dieu suprême qui s’en dégageait, n’y vit que l’adoration des grands agents de la nature. Les Perses, dit-il, sacrifient au soleil (nous reconnaissons ici le Uvaré zend), à la lune (le Mâo zend), à la terre (le Zâo zend), au feu {VAtar zend), à l’eau [VAp zend) et au vent (le Vâta zend‘). De même, Xénophon* nous montre Cyrus, lorsqu'il veut remercier le Ciel, sacrifiant d’abord à Vesta, c’està-dire au feu, à Agni, et à Zeus roi, c’est-à-dire à Indra. Hérodote ne parle ni à!Ahoura, ni de Mithra, deux divinités perses qui ne présentent déjà plus de caractère naturaliste; le dernier nom ne lui est cependant pas inconnu, puisqu’il le rappelle à propos de la Mylitta assyrienne rapprochée par lui de l’Aphrodite- Uranie

Ce n’est donc point aux anciens écrivains grecs qu’il faut demander la connaissance de cette partie de la religion mazdéenne, par laquelle elle se séparait profondément du védisme, et l’étude seule de VAvesta, le code sacré des Perses, peut jeter quelque lumière sur ce côté de la religion mazdéenne.

Uu éminent orientaliste, récemment enlevé à la science, M. F. Windischmann, a, dans un mémoire

1. Voy. Polt, Ueber altpersische Eigennamen, dans ta Zeitschrift (1er morgenlandischen Gesellschaft , t. Xlll, p. 371 Cf. Herodole i 131, 199.

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